[Par une série d’événements, tu as obtenu un serment écrit des organisations dirigeantes du Paradis.]
[Tu as également identifié et éliminé certains des traîtres au Paradis.]
[De plus, tu as aidé la famille royale à obtenir l’autorité de gérer les paramètres des Terriens.]
[Je reconnais que tu as utilisé les trois méthodes ci-dessus pour changer de force les Terriens, dans une certaine mesure.]
La voix de Gula marqua une pause un instant.
[…Cependant.]
La voix reprit avec un soupir.
[Ceux qui ont changé ne sont qu’une fraction du total.]
[L’humanité porte encore un grave problème.]
[Parce qu’elle a un problème, elle n’est pas parfaite. Parce qu’elle n’est pas parfaite, le changement n’est pas complet.]
[Par conséquent, tu n’as pas encore réussi l’épreuve pour devenir mon apôtre.]
Ses mots ressemblaient à une condamnation à mort.
Seol Jihu ferma les yeux.
Il avait espéré que son pressentiment se révélerait faux.
Mais la déclaration de Gula, à l’instant, ne faisait que prouver qu’il avait raison.
Ce qui le rendait encore plus fou, c’est qu’il n’avait aucune idée de ce qui avait mal tourné.
Alors… Que dois-je faire de plus ?
[…]
À quel point suis-je proche du problème ?
[…]
Aucune réponse de la part de Gula. Mais Seol Jihu s’en moquait, parce qu’il n’en avait jamais attendu une dès le départ.
À cause du principe de causalité, les Sept Péchés ne pouvaient pas intervenir librement dans ce monde où la Reine Parasite était devenue la Divinité Suprême.
Si Gula suggérait une manière de résoudre le problème existant, les Parasites gagneraient quelque chose en retour.
Tout comme l’invasion des Parasites au Paradis avait causé l’invocation des Terriens et l’apparition des Anges Déchus.
Quelle loi agaçante, pensa Seol Jihu.
[Tu étais proche en termes de distance physique.]
C’était le maximum qu’elle pouvait lui dire.
Distance physique.
Seol Jihu laissa échapper un ricanement.
Alors cela pouvait être l’une des milliers de personnes qu’il avait croisées dans la rue.
[Je suis désolée.]
Seol Jihu secoua la tête.
Il savait que Gula ne faisait pas ça exprès.
Il ne pouvait blâmer que l’ancienne Divinité Suprême pour s’être fait dévorer par les envahisseurs.
…Je comprends.
Seol Jihu s’inclina, puis partit avec Petit Poussin.
*
« Hé. »
Seol Jihu s’adressa à Petit Poussin tandis qu’il sortait du temple de Gula.
« Quand est-ce que tu penses pouvoir débloquer la Lance de la Pureté à son quatrième stade ? »
Petit Poussin, debout sur l’épaule de Seol Jihu et en train de picorer son duvet, jeta un regard de côté.
« Je ne sais pas… »
Il croisa ses ailes et pencha la tête.
« D’abord, dis-moi pourquoi tu évoques ça soudainement. J’avais l’impression que tu n’y prêtais plus trop attention ces derniers temps. »
« Je pense que je pourrais en avoir besoin bientôt. »
« En avoir besoin… »
Petit Poussin pencha la tête et claqua du bec.
« Je ne suis pas sûr. »
« ? »
« Comme tu le sais, je suis un Esprit né sous la protection de Castitas, l’une des Sept Vertus. En tant que poursuivant de tout ce qui est bon et ordonné… Au vu de tes récents agissements, je ne peux m’empêcher d’hésiter. »
« … »
« Concernant la situation actuelle, te considères-tu bon et loyal ? »
« Non. Pas du tout. »
Seol Jihu secoua immédiatement la tête.
Lui, bon et loyal ? De quoi faire rire un chat.
« Je suis content si c’est vraiment ce que tu penses. Quoi qu’il en soit, à mon avis, tu es loin d’être neutre. Si je devais être parfaitement honnête, je dirais que tu penches vers le mal chaotique. »
Petit Poussin continua.
« Contrôler le mal par le mal. Vu la situation au Paradis, dominée par les Sept Péchés, j’imagine que cela peut être une méthode valable. Alors je vais attendre avant de me décider. »
« Jusqu’à quand ? »
« Jusqu’à ce que je voie moi-même les conséquences de tes actions et les changements qu’elles apportent. »
Il était rare qu’il présente des critères aussi précis.
Seol Jihu fut surpris.
Dans le passé, chaque fois que Seol Jihu abordait ce sujet, Petit Poussin se mettait en colère en disant qu’il attendait plus que ce qu’il méritait. Alors pourquoi ce changement soudain ?
« Je vois que tes critères sont devenus plutôt généreux. La capacité n’était-elle pas aussi un facteur important dans l’évaluation ? »
« Eh bien, ça… »
Un des yeux de Petit Poussin s’ouvrit lentement.
« En termes de capacité, tu pourrais probablement franchir deux stades sans difficulté, là. »
« Vraiment ? »
« Tu as assez souffert sur le Chemin de l’Âme et tu t’es cultivé avec une discipline digne du quatrième et du cinquième stade. Donc je ne m’inquiète pas pour tes compétences. »
Petit Poussin renifla.
« En vérité, quand je t’ai vu pour la première fois après que tu as réussi l’épreuve, j’ai débattu avec moi-même sur le fait de débloquer ou non le quatrième stade. Je suis sûr que tu ne laisseras pas la Lance de la Pureté te faire vaciller maintenant. »
En bref, sa capacité était suffisante, mais son caractère restait sujet à débat.
Seol Jihu hocha la tête. D’une certaine manière, il se sentait mieux en le sachant.
Oui. Il ne pouvait pas rester là, les bras croisés, et regarder tout ce qu’il avait construit jusque-là partir en fumée.
L’objectif était clair. Tout ce qu’il avait à faire maintenant, c’était de faire de son mieux pour atteindre cet objectif.
Il se jura de briser tous les pièges que l’ennemi avait posés, comme il l’avait fait jusqu’ici.
Clac !
Seol Jihu se donna une gifle pour se reprendre.
« Très bien. Allons-y. »
Plein de détermination, il commença à descendre les marches.
*
Après la réunion avec Sinyoung, tout s’enchaîna à une vitesse fulgurante.
Quand la meilleure organisation finit enfin par céder, les autres se précipitèrent pour coopérer avec Valhalla.
Odor et Haramark furent les premières villes à accepter les conditions de Valhalla et à ouvrir leurs frontières à la Fédération.
Leur réaction rapide poussa les organisations représentatives des autres villes à agir, elles aussi.
Le PAX de Caligo et le Wu Lei de Grazia, l’Étoile de la Colère, vinrent à Eva pour discuter avec Valhalla, bien que ce dernier ne soit pas directement lié à l’incident de l’attaque.
Les familles royales de chaque ville n’avaient aucune raison de résister au changement.
L’une des conditions demandées par la Fédération était l’autorité de superviser les paramètres des Terriens, ce qui, si elle était acceptée, donnerait aux familles royales un pouvoir immense.
Ainsi, toutes les familles royales, à l’exception de celle de Scheherazade, utilisèrent le Serment Royal et commencèrent à se préparer à accueillir les immigrants.
Tout se déroulait sans accroc.
Sauf une chose.
Sinyoung mettait fidèlement en œuvre les termes du contrat, livrant des serments signés et retirant ses branches des autres villes, mais commis une petite erreur concernant l’extradition de Jung Minjong.
Sinyoung retira d’abord Jung Minjong de son poste, puis le convoqua au Paradis, mais il refusa d’obtempérer.
Ils tentèrent donc de le transférer par la force lorsque la police surgit soudain et l’emmena.
Il s’avéra qu’il avait demandé à l’une de ses connaissances de le déclarer disparu.
D’ordinaire, il fallait du temps pour que l’enquête démarre après le signalement initial, mais la manière dont la police intervint presque immédiatement fit penser à Seol Jihu qu’il s’agissait d’un stratagème prémédité de la part de Jung Minjong.
Yun Seohui informa Seol Jihu que Sinyoung contactait la police et demanda sa compréhension.
À part cela, tout avançait facilement.
C’est animé.
Seol Jihu se tenait sur le toit du bâtiment de Valhalla et regardait la ville en contrebas.
Il vit quelques Terriens donner de la bière et des serviettes aux Nains occupés à réparer le mur du château. Au milieu de la grande route, il y avait une boutique de Fée des Cavernes, pleine de clients Terriens qui regardaient les objets exposés ou marchandaient les prix avec la propriétaire.
Où que son regard se pose, la Fédération et l’humanité s’étaient mêlées l’une à l’autre.
Eva prospérait plus que jamais.
Seol Jihu sourit en regardant les petites boules de poils dans la rue, remuant la queue devant les passants qui leur donnaient des friandises.
*
Le lendemain, Seol Jihu ouvrit les yeux à l’aube.
C’était le jour où il avait décidé de retourner sur Terre.
Cela faisait longtemps qu’il n’était pas rentré chez lui, à cause de tout ce qui se passait au Paradis.
Sa mère et son frère devaient être morts d’inquiétude.
Son plan était de les contacter et de les rencontrer dès son retour, puis de rester sur Terre un jour ou deux pour changer d’air.
Seol Jihu descendit l’escalier jusqu’au premier étage et s’arrêta.
Kim Hannah se tenait près de l’entrée, le regardant.
Elle semblait l’attendre.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Il est encore tôt. »
« Tu as dit que tu allais sur Terre aujourd’hui. »
« Oui, c’est ce que j’ai dit il y a quelques jours. »
« Il y a quelque chose dont je veux te prévenir avant que tu partes. Et aussi, j’ai une question à te poser… »
Seol Jihu cligna des yeux, légèrement confus.
La Kim Hannah qu’il connaissait ne tenterait pas de l’embusquer avec une question soudaine. Elle l’aurait demandé directement.
Alors elle avait dû passer la nuit à se demander si elle devait le lui demander ou non.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Quelle est ta relation avec Yun Seohui ? »
Cela sortait de nulle part.
Seol Jihu fronça les sourcils.
« Relation ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Est-ce que tu l’as déjà rencontrée ou contactée sans que je le sache depuis votre rencontre au café ? »
Cela le perturba encore plus.
« Non, pas une seule fois. Je n’ai rencontré que Mademoiselle Yun Seora. »
Seol Jihu secoua la tête.
Il se sentit légèrement offensé, parce que sa question donnait l’impression qu’elle l’accusait de sortir en secret avec Yun Seohui.
« Pourquoi tu demandes ? »
« Tu vois, je ne comprends juste pas pourquoi elle a agi comme elle l’a fait… »
« Tu parles de l’attaque ? »
« Non, de la réunion. »
Kim Hannah commença par soupirer.
« Tu te souviens de ce que Yun Seohui a dit pendant la réunion ? Je veux dire, la manière dont elle s’est adressée à toi. »
« La manière dont elle s’est adressée à moi ? »
« Tu es le Représentant de Valhalla et Yun Seohui est la Représentante de Sinyoung. Et cette réunion n’était pas une réunion personnelle, c’était une réunion officielle entre les deux représentants, en présence des membres de chaque organisation. »
Elle avait raison.
« Mais Yun Seohui, elle…. Comment dire ? C’est comme si elle te parlait à toi, et pas à Valhalla dans son ensemble, en tant qu’elle-même et pas en tant que Représentante de Sinyoung. »
« Mais elle s’est excusée auprès de tout le monde à la fin… »
« C’était après que tout soit terminé. Réfléchis bien. »
Seol Jihu fouilla dans ses souvenirs.
Nous—nous ne détestons pas Valhalla.
Si je pensais vraiment du mal de vous….
Je vous ai admiré, Représentant de Valhalla, pour toutes les réalisations incroyables que vous avez accomplies pour le Paradis. Je voulais devenir votre amie et vous aider de toutes les manières possibles.
Je m’excuse pour la détresse et la douleur que la récente série d’incidents vous a causées, Représentant de Valhalla.
Et je promets, au nom du dieu Invidia, de remplir fidèlement les conditions fixées par Valhalla jusqu’à ce que votre malentendu soit levé.
Ça semblait effectivement un peu étrange, maintenant qu’il y pensait.
Elle avait mis l’accent sur elle-même là où elle aurait dû parler au nom de Sinyoung, et sur Seol Jihu là où elle aurait dû mentionner Valhalla dans son ensemble.
Ce n’était peut-être rien, mais il ne pouvait s’empêcher de suspecter que c’était délibéré, puisque ces remarques venaient de Yun Seohui.
« Il est impossible qu’elle ait fait une erreur pareille. Je trouve ça juste bizarre… »
Kim Hannah claqua la langue, puis hocha la tête.
« Bref, merci d’avoir répondu à ma question. Fais attention sur Terre. On a fait tout ce qu’on pouvait, mais qui sait ? »
Seol Jihu hocha la tête en silence.
« …À plus tard. »
Sur ces mots, il quitta le bâtiment.
Une fois arrivé au temple, Seol Jihu se plaça devant la porte de transfert.
Il hésita un instant avant de sortir le petit morceau de papier qu’un prêtre lui avait donné.
Il serra le papier dans son poing, prêt à le déchirer dès que nécessaire.
Après un moment de silence, Seol Jihu inspira profondément et s’enfonça lentement dans le portail.
*
FLASH ! La lumière explosa.
Dès que le décor changea, Seol Jihu baissa la tête en hâte.
Resserant sa prise sur la main qui tenait le papier, il roula sur le sol et regarda autour de lui avec agitation.
Mais rien ne se produisit, et personne ne se trouvait à proximité.
« … »
Seol Jihu se releva du sol en toussant.
C’était nouveau.
Il se sentit un peu humilié, mais il n’avait qu’une seule vie.
Ce n’est qu’après avoir donné un coup de pied dans la porte du placard et avoir jeté un œil dans la salle de bain, le dos collé au mur, qu’il put enfin se détendre.
« Voyons…. Qu’est-ce que…? Pourquoi j’ai autant de messages non lus ? »
Seol Jihu fut choqué lorsqu’il alluma son téléphone portable.
Il y avait au moins une douzaine d’appels manqués et de messages.
Les appels les plus récents venaient de sa mère et de son frère.
Au total, il y avait douze enregistrements.
Uk. Je crois que je suis parti trop longtemps.
Il ne serait pas surpris s’ils l’avaient déclaré disparu.
Nerveux, Seol Jihu appuya sur le bouton d’appel.
Il entendit la tonalité, mais sa mère ne décrocha pas.
La même chose arriva avec son frère.
Il essaya de les appeler à nouveau, mais les appels tombèrent directement sur le message automatique annonçant qu’ils étaient indisponibles.
Ils travaillent sûrement en ce moment…
Seol Jihu décida d’attendre un peu et regarda autour de lui.
Ne sachant pas quoi faire, il alluma la télévision et parcourut ses messages.
—Il y a eu une fusillade au centre-ville de Séoul la nuit dernière. Un policier et un civil ont été blessés lors de l’arrestation du suspect. Ici la journaliste Park Johyun.
Une fusillade ? En Corée ?
Curieux, Seol Jihu allait relever la tête mais s’arrêta.
Comme il s’y attendait, la plupart des messages venaient de Yun Seora.
[C’est Seora. Comment tu vas ?]
[Tu as dit qu’on devait se voir. Quand est-ce qu’on se voit ?]
[Tu peux m’appeler si tu reçois ce message ?]
[J’ai entendu la nouvelle. Ma sœur démissionne…. Merci. Je vais faire de mon mieux pour t’aider à partir de maintenant.]
[Au fait, qu’est-ce que tu vas faire de ma sœur ?]
Seol Jihu laissa échapper un petit rire en lisant les messages un par un.
« Je sais pas~ Qu’est-ce que je devrais faire ? »
Il marmonna pour lui-même et appuya sur l’icône de la flèche.
Ils avaient promis de sortir ensemble il y a longtemps, mais leur rencontre n’avait toujours pas eu lieu.
Je devrais répondre ?
Il réfléchit un instant, mais décida de lire le reste des messages d’abord. Il pourrait y en avoir un de sa mère ou de son frère, après tout.
Alors que Seol Jihu parcourait lentement les messages, son pouce s’arrêta brusquement.
Il y avait beaucoup de textos venant d’un numéro qu’il n’avait jamais vu de sa vie, presque autant que ceux de Yun Seora.
C’est qui ?
Poussé par la curiosité, il en ouvrit un.
[Jihu. C’est Seora.]
Le visage de Seol Jihu se figea instantanément.
[Ignore tous les appels et textos de mon ancien numéro. Même si ce numéro prétend être moi, tu ne dois pas lui faire confiance.]
[Ce numéro appartient à quelqu’un que je connais et en qui j’ai confiance. À partir de maintenant, je ne te contacterai qu’avec ce numéro.]
[Si tu reçois ce message, retourne immédiatement à cet endroit. N’appelle ni ce numéro ni mon ancien numéro, juste au cas où.]
[Je sais que c’est confus, mais fais ce que je dis, s’il te plaît. J’allais te l’expliquer avant, mais je n’arrivais pas à te joindre. Je te dirai tout plus tard.]
[Ne t’inquiète pas pour la Terre. Je trouverai une solution. Dépêche-toi de partir…]
Après avoir lu le dernier message, Seol Jihu remonta immédiatement dans la conversation.
Il relut les textos provenant du numéro original de Yun Seora.
Le visage de Seol Jihu se mit à trembler à mesure qu’il comparait les messages des deux numéros.
Mais c’est quoi ce bordel… ?
Il sentit soudain des frissons le parcourir.
Qui était-il censé croire ?
C’est alors.
Bzz ! Bzz !
Son téléphone se mit à vibrer violemment.