Avec l’apparition puis la fuite de la Reine des Parasites, les ennemis avaient entièrement battu en retraite de la Forteresse de Tigol.
Cependant, la guerre n’était pas encore terminée.
Il restait une étape cruciale : la gestion de l’après-guerre.
L’atmosphère animée s’éteignit rapidement.
Une célébration festive aurait pu sembler appropriée, compte tenu de cette victoire sans précédent depuis l’apparition des Parasites, d’autant plus que la Reine des Parasites avait fui en personne.
Mais le moment n’était pas venu pour cela. Bien que l’ennemi ait quasiment perdu toutes ses troupes ordinaires, la Fédération et l’humanité avaient elles aussi subi de lourdes pertes.
La Forteresse de Tigol devint rapidement un véritable champ d’activités.
Les forces alliées s’occupèrent en priorité des blessés.
Tous ceux qui pouvaient encore bouger participèrent. Une station de secours fut installée à l’intérieur de la forteresse, et les forces alliées s’empressèrent d’y transporter les blessés.
Durant ce moment, il n’existait plus aucune distinction entre les différentes races ou factions. Les Hommes-Bêtes soutenaient les humains, et les Prêtres terriens soignaient volontiers les Hommes-Bêtes. C’était une scène qu’on aurait été incapable d’imaginer par le passé.
Une fois les blessés déplacés, les forces alliées recueillirent les corps des morts et nettoyèrent le champ de bataille. À ce moment-là, la nuit s’était achevée, et l’aube pointait.
« Putain, je me demandais où elle était. Qu’est-ce qu’elle foutait là, allongée au milieu de la forteresse ? »
Phi Sora râla en revenant après avoir jeté Hoshino Urara à la station de secours.
Chohong, qui reposait son corps épuisé devant sa tente, fixa Phi Sora d’un regard insistant.
« Je parle d’elle. La tarée. »
Marmonna faiblement Phi Sora.
Chohong hocha la tête en pensant : Ah, elle.
Puis, elle eut un sourire narquois.
« Elle n’est pas tombée après avoir croisé le regard de Vulgaire Chasteté ? »
« Je sais plus trop, j’ai un trou de mémoire… Ah au fait, où est notre représentant ? »
Chohong fit un geste en direction de la tente devant elle tout en mettant une cigarette à sa bouche.
Seol Jihu avait été retrouvé inconscient sur le champ de bataille, emmené d’abord à la station de secours avant d’être transféré dans la tente de Valhalla. Son état n’était pas grave. Il s’était simplement évanoui d’épuisement.
La seule raison pour laquelle il avait tenu aussi longtemps était sans doute grâce à l’Arbre-Monde, qui avait revitalisé l’équipe d’expédition avant de les transporter dans le Monde du Milieu.
« Hah. »
Phi Sora ricana après avoir jeté un œil à l’intérieur de la tente.
Seol Jihu dormait profondément, son bras gauche servant d’oreiller à Teresa Hussey, et son bras droit à Charlotte Aria. Comme le dit l’expression, une fleur dans chaque main, Seol Jihu avait une princesse d’un côté et une reine de l’autre.
Après les avoir observés un moment, Phi Sora remonta discrètement la couverture à moitié rejetée. Puis, elle se retourna en silence.
« Ils dorment bien profondément pendant que tout le monde bosse… »
Bien qu’elle se plaignît, elle ne le pensait pas réellement. En réalité, elle ressentait de la peine en voyant qu’il s’était effondré de sommeil dès la fin de la guerre.
Il a vraiment dû se surpasser…
Ils occupaient des positions très différentes dans cette guerre.
Phi Sora n’était qu’un membre, tandis que Seol Jihu était le représentant. Elle n’avait qu’à suivre les ordres, mais lui avait tout planifié et tout dirigé.
En y repensant, cette guerre avait été une succession de dangers dès le départ. Même Phi Sora avait failli céder au désespoir à plusieurs reprises. Elle n’osait imaginer quel genre de pression avait pesé sur les épaules de Seol Jihu, qui avait conduit toute l’expédition, surtout avec les nombreux rebondissements qu’ils avaient rencontrés.
Et cela ne faisait que la rendre plus désolée.
« Argh, j’suis crevée mais j’arrive pas à dormir… »
Phi Sora se gratta la tête avec frustration avant de s’effondrer à côté de Chohong. Après un moment de silence, elle parla comme si une idée venait de lui traverser l’esprit.
« D’ailleurs, je me demande comment vont cette grande sœur et Mademoiselle Eun Yuri. Ça fait quoi… une ou deux heures qu’elles sont parties, non ? »
« On a reçu un appel de Kazuki tout à l’heure. »
« Ah ouais ? Et il a dit quoi ? »
« Eun Yuri est en vie, pour l’instant. Quant à grande sœur Luxure… »
Chohong soupira en cours de route.
« Ils foncent vers Eva, on devra attendre pour en savoir plus. »
Phi Sora soupira à son tour et baissa la tête.
« Je sais pas si on devrait en parler à notre représentant. »
« Surtout pas. »
« ? »
« Il le saura tôt ou tard. Autant le laisser dormir pour l’instant. Il courait dans tous les sens comme un poulet sans tête même avant la guerre pour tout préparer… »
Chohong s’interrompit.
Phi Sora la regarda d’un œil nouveau. Elle l’avait toujours vue comme un garçon manqué, mais elle semblait bien plus réfléchie qu’elle ne l’aurait cru.
« Et toi ? Tu tiens le coup ? »
« Moi ? Pourquoi ? »
« Tu fais une drôle de tête depuis tout à l’heure. Tu sais que ta clope est éteinte ? »
Chohong baissa les yeux. La cigarette qu’elle avait dans la bouche s’était déjà éteinte, ne laissant que des cendres. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle la retira et se mit à rire doucement.
« C’est juste que… »
« Oui ? »
« …Je sais pas. Comme tu dis, je suis un peu hébétée. »
Chohong fit claquer ses lèvres en passant la langue sur ses lèvres gercées.
« Peut-être que je réalise toujours pas. »
Quand elle ajouta « que j’ai survécu à cette guerre », Phi Sora hocha la tête en regardant le ciel nocturne au-dessus du rempart de la forteresse.
« Je te comprends. C’était une guerre sacrément absurde, surtout avec l’apparition de la Reine des Parasites à la fin… »
Phi Sora grimaça en se remémorant l’événement d’il y a seulement quelques heures.
Le visage de Chohong pâlit également.
« C-C’est bien fini, hein ? »
« Va savoir… Franchement, je serais pas surprise s’ils sautaient d’un coup par-dessus ce mur… »
« Dis pas des trucs pareils. »
Chohong la poussa de l’épaule. Phi Sora tomba mollement sur le côté, puis laissa échapper un rire vide.
« Bon, on sait jamais. S’ils reviennent, ils reviennent. Mais honnêtement, je pense pas. »
« C’est clair. Ils ont fui la queue entre les jambes, non ? »
« C’est ce que j’ai entendu aussi. S’ils comptaient se regrouper et revenir, ils auraient pas abandonné leurs espèces génitrices. »
« Logique. Bon, je peux dormir tranquille alors. Laisse-moi finir ça. »
Chohong esquissa un sourire en sortant une autre cigarette.
Phi Sora se leva aussi et se dirigea vers la tente. Elle y entra en se disant : Il a déjà deux femmes accrochées à lui, il va pas s’accrocher à moi ce soir, non ?
Mais lorsqu’elle regarda à l’intérieur de la tente, ses yeux s’écarquillèrent.
Il n’y avait personne entre la reine et la princesse.
« …Merde. »
Seol Jihu avait disparu ?
Soudain, une brise nocturne fraîche s’infiltra. Crac. Quelque chose avait été poussé par le vent et frôla le pied de Phi Sora, qui restait figée comme une statue.
Ses yeux s’illuminèrent lorsqu’elle regarda en bas.
« C’est… une feuille ? »
Le vent souffla de nouveau. Phi Sora leva les yeux après avoir ramassé la feuille sans réfléchir.
Une petite partie de la tente avait été déchirée, juste assez pour faire sortir une personne allongée.
Phi Sora se faufila par le trou pour en avoir le cœur net et fronça immédiatement les sourcils. Il y avait effectivement une longue traînée sur le sol, comme si quelqu’un avait été traîné.
Quelqu’un avait emporté Seol Jihu pendant qu’elle discutait avec Chung Chohong.
Mais qui ? Et pourquoi ?
Refoulant les questions qui commençaient à émerger, Phi Sora suivit la traînée jusqu’à ce que son regard s’arrête au centre de la forteresse, là où se tenait l’immense Arbre-Monde.
Elle observa ensuite la feuille dans sa main, puis l’Arbre-Monde.
« …Hein ? »
Ses yeux s’écarquillèrent.
Elle semblait avoir compris quelque chose.
Une lumière douce du matin éclairait son visage.
Seol Jihu se retourna sans même ouvrir les yeux.
Bien qu’il ait repris connaissance, il ne voulait pas se réveiller.
Il voulait encore profiter un peu du vent frais et de la chaleur douillette qui l’enveloppait.
Hormis quelque chose qui chatouillait sa joue sans cesse, tout était confortable et paisible.
Quelqu’un est en train de me lécher ou quoi ?
Maugréant intérieurement, Seol Jihu fronça soudainement les sourcils.
Attends, c’est du vent ?
Une brise agréable souffla à nouveau.
Sentant le vent frais sur son dos, Seol Jihu ouvrit les yeux.
Il vit des feuilles et des branches masquant en désordre le soleil suspendu au milieu du ciel.
« C’est… »
Ce n’est qu’à ce moment-là que Seol Jihu comprit qu’il n’était pas dans la tente.
Des branches et des feuilles avaient été tissées comme un filet, soutenant son corps à la manière d’un lit.
En somme, il avait dormi dans les bras de l’Arbre-Monde.
Difficile de croire qu’il avait grimpé en somnambule jusqu’en haut de ce grand arbre, et encore plus improbable que quelqu’un ait fait quelque chose d’aussi insensé que de le porter jusque-là.
« C’est toi qui m’as amené ici ? »
Bien sûr, l’Arbre-Monde ne répondit pas. Il se contenta de bouger une de ses branches et de serrer Seol Jihu contre lui.
Chatouille, chatouille. Pendant ce temps, une feuille continuait de lui chatouiller la joue.
Bientôt, l’Arbre-Monde souleva Seol Jihu, qui penchait la tête, l’élevant en hauteur pour qu’il puisse voir au loin.
« Ah ! »
Seol Jihu s’exclama avec force. Être ainsi en hauteur, au point culminant des environs, lui faisait ressentir une émotion nouvelle.
Un magnifique panorama s’étendait devant lui, si splendide qu’il douta un instant qu’il s’agisse du même lieu où une guerre brutale s’était déroulée la veille.
« Tu voulais me montrer ça ? »
L’Arbre-Monde bruissa. Peut-être était-ce une illusion, mais Seol Jihu eut l’impression qu’il riait gaiement.
Il avait dû vouloir lui montrer ce paysage.
Seol Jihu éclata également de rire. Puis, après avoir contemplé les alentours un moment, il repéra quelque chose et s’exclama : « Oh ! »
Il aperçut deux petits points au pied de l’Arbre-Monde, levant la tête vers lui. Bien qu’il y ait une certaine distance, la vue de Seol Jihu, améliorée par le Phénix du vent d’or, les distingua immédiatement.
C’étaient les sœurs Hommes-Renards, Haeryeo et Haeya.
« Fais-moi descendre. »
Seol Jihu redescendit lentement.
« Waouuuh ! »
Les deux sœurs accoururent joyeusement dès qu’il posa le pied au sol.
« Ça fait longtemps. »
Elles gloussèrent gaiement tandis que Seol Jihu les prit dans ses bras avec un salut.
« Pourquoi vous êtes aussi contentes ? »
« On a gagné ! On a gagné hier ! »
« Ah, ça. Oui, la Reine des Parasites s’est enfuie. »
« Un, un ! J’ai vu ! J’ai vu ! »
« Tu vois, je te l’avais dit : les Parasites, c’est pas grand-chose. »
Seol Jihu jeta un regard de côté tout en bavardant tranquillement.
Haeryeo et Haeya n’étaient pas les seules présentes.
Il y avait six paires d’yeux scintillants comme des perles qui le fixaient.
Des gâteaux de riz blancs et jaunes se cachaient derrière l’Arbre-Monde, le regardant avec leurs queues frémissantes. Ces petites boules de poils avaient l’air dociles comme des chiots de campagne.
Quand leurs regards croisèrent celui de Seol Jihu, l’un des gâteaux de riz blancs prit son courage à deux mains et s’approcha de lui. Sa queue frétillante, il se hissa sur la pointe des pattes devant Seol Jihu.
La manière dont il le poussa avec sa patte et tira la langue semblait réclamer un câlin.
« Oooh. »
Seol Jihu posa les sœurs et s’agenouilla. Il tendit la main vers la boule de poils blanche, émerveillé. Elle était douce et chaude, comme un gâteau de riz tout juste cuit.
« Allez, venez vous aussi. »
Lorsque Seol Jihu fit signe aux autres, les cinq qui le regardaient avec envie eurent les yeux qui s’illuminèrent.
Ils se précipitèrent avec des petits pas rapides, puis entourèrent Seol Jihu en remuant la queue.
« Haha, petites boules de poils. »
À cet instant, Seol Jihu s’écria « Bouh ! » et bondit. Il attrapa un des gâteaux de riz à portée de main et le mordilla doucement. La boule de poils se tortilla tandis que Seol Jihu secouait la tête de gauche à droite avec ses dents refermées légèrement.
« Petits gâteaux trop mignons. »
Seol Jihu ne s’arrêta pas là et chatouilla la boule de poils jusqu’à ce qu’elle éclate de rire.
« Kking, kking ! »
« Qui t’a permis d’être aussi mignon, hein ? Qui t’y a autorisé ! »
« Kking… »
Alors que le gâteau de riz gémissait, ses camarades sautèrent pour le sauver.
Seol Jihu gloussa. Il se sentait détendu et apaisé pour la première fois depuis longtemps.
Quand il eut mis K.O. Haeryeo, Haeya, et les six petits Hommes-Bêtes ressemblant à des chiots avec ses chatouilles diaboliques…
« On dirait que tu t’amuses bien. »
Une voix familière résonna.
Seol Jihu se retourna et vit une femme portant un manteau épais et fumant une cigarette.
C’était Cinzia.
« Ah, c’est la Sorcière Léopard ! »
Haeryeo la désigna en sursautant.
Cinzia haussa un sourcil.
« …Qu’est-ce que t’as dit, sale gosse d’Homme-Renard ? »
« Cours ! Elle va nous écorcher et se faire des sous-vêtements avec notre peau ! »
Haeryeo et Haeya s’enfuirent en gloussant.
Le groupe de gâteaux de riz blancs et jaunes prit également la fuite à toute vitesse.
« Petites pestes… »
Cinzia maugréa en voyant leurs queues s’éloigner en frétillant. Elle secoua la tête, puis reprit la parole.
« Tu viens de te réveiller ? »
« O-Oui. »
« Et tu fais déjà du réseautage. Tu ne pourrais pas te reposer un peu, Représentant Seol ? »
« Du réseautage ? Eii, ce sont des enfants. »
« Des enfants, oui, mais pas n’importe lesquels. »
Cinzia esquissa un sourire nonchalant.
« Il y avait l’enfant du Roi des Hommes-Bêtes parmi eux. »
« ? »
« Tu savais pas ? C’était le plus blanc. Difficile de le remarquer à cause de son âge, mais des rayures noires apparaîtront bientôt. »
Cinzia ricana négligemment, puis expira un nuage de fumée.
Son expression était légèrement compliquée.
Seol Jihu pencha la tête, confus, avant de lui demander prudemment :
« Est-ce que ça va, Mademoiselle Cinzia ? »
« Si tu parles de mon état physique, je vais parfaitement bien. Sinon, je serais étendue inconsciente dans la station de secours. J’ai juste fait une petite balade et me suis dit que je passerais voir l’Arbre-Monde. »
Cinzia parla avec indifférence avant de jeter un coup d’œil à Seol Jihu.
« Pourquoi tu demandes ? »
« Euh, ben… vous aviez l’air un peu affaiblie. »
Cinzia ne répondit pas et fuma en silence. La tête légèrement inclinée, soufflant nuage après nuage, on aurait dit qu’elle hésitait à dire quelque chose.
Finalement, Cinzia ouvrit la bouche.
« L’Étoile de l’orgueil est morte. »
L’ambiance euphorique de Seol Jihu retomba aussitôt.
« Je parle de l’Exécuteur de Superbia. Il est mort pendant cette guerre. Dommage, c’était un type plutôt décent. »
« Comment… »
« Sung Shihyun l’a attaqué en traître. »
Le regard de Seol Jihu se durcit dès que le nom de Sung Shihyun fut mentionné.
« D’ailleurs, j’ai entendu dire que tu l’as rencontré ? »
« …Oui. »
« Comment tu l’as trouvé ? »
« Franchement, plutôt agaçant. »
« Son caractère, oui. Mais sa puissance ? »
Seol Jihu garda le silence.
Cinzia interpréta ce mutisme à sa manière et esquissa un sourire amer.
« Il n’a jamais eu une bonne conduite, mais il est devenu une légende chez les Terriens grâce à sa force. Juste pour ça. Enfin, maintenant c’est un traître… »
Cinzia laissa échapper un long soupir mêlé de fumée.
« Mais bon, voyons le bon côté. S’il s’était infiltré chez les humains en cachant qu’il avait changé de camp… Rien que d’y penser, ça me donne la chair de poule. On peut presque s’estimer heureux que cela n’ait coûté que la vie de l’Étoile de l’orgueil. »
D’une voix lasse, Cinzia ôta la cigarette de sa bouche et la jeta.
Alors qu’elle sortait une autre cigarette, une branche de l’Arbre-Monde ramassa le mégot et le lui renvoya.
Tak. La bouche de Cinzia se crispa quand le mégot la heurta.
« Saleté d’Arbre-Monde. »
Alors qu’elle s’apprêtait à en découdre avec lui, elle vit que le visage de Seol Jihu s’était assombri.
« C’est vraiment le moment de t’inquiéter pour les autres ? »
Cinzia marmonna dans un lourd soupir.
« Valhalla a subi de lourdes pertes, non ? »
Les yeux de Seol Jihu s’écarquillèrent.
Seol Jihu courait.
Il avait foncé vers la tente dès qu’il avait appris ce qui s’était passé.
[Je parle de l’Étoile de la luxure et de cette Magicienne.]
[Cette Magicienne se tordait de douleur juste après la fin de la guerre. J’ai été jeter un œil. Son corps bouillonnait comme du métal fondu à cause de son mana devenu fou.]
[L’Étoile de la luxure est dans un état encore pire. La cicatrice laissée par la guerre de la vallée semble s’être rouverte. Elle aurait vomi du sang plus d’une dizaine de fois et même eu des convulsions… Sans doute le prix d’avoir risqué sa vie en usant trop de pouvoir sacré.]
[Malheureusement, l’Arbre-Monde qui se trouve dans le Monde du Milieu n’est qu’un avatar. Il a été créé pour purifier la terre contaminée et protéger la forteresse contre les Parasites. Il ne possède donc pas toutes les Autorités de son vrai corps. Et comme les Fées du Ciel ont utilisé leur dernier Elixeer pour te sauver lors de la dernière guerre…]
Il n’y avait aucun moyen de la soigner à la Forteresse de Tigol. Elle avait donc été envoyée en urgence au temple d’Eva la veille. Kazuki et Philip Muller l’avaient accompagnée comme gardes.
Cinzia lui avait indiqué où se trouvait la tente de Valhalla.
Seol Jihu ne pouvait rien faire maintenant que Seo Yuhui était déjà partie pour Eva, mais il courait quand même.
Pour l’instant, il comptait contacter Kazuki. Et si possible, il prévoyait de quitter immédiatement la Forteresse de Tigol pour rejoindre Seo Yuhui. Il était prêt à rendre la force vitale qu’il avait reçue autrefois si cela pouvait la sauver.
Mais au moment où il s’approcha de la tente, il s’arrêta net.
Une femme appuyée contre un arbre se redressa aussitôt en le voyant.
Son visage lui était familier.
« Mademoiselle Baek Haeju ? »
Elle s’approcha de lui comme si elle avait quelque chose à dire.
« Mademoiselle Baek Haeju, par hasard… »
C’est alors.
Juste au moment où Seol Jihu s’apprêtait à lui poser une question, Baek Haeju jeta un regard à gauche, à droite, puis sortit quelque chose de sa poche.
Elle tenait une petite note.
Seol Jihu la prit lorsqu’elle agita la main plusieurs fois.
« C’est… »
— Un message de Mademoiselle Seo Yuhui.
À cet instant, sa Transmission mentale résonna dans sa tête.
— Elle m’a demandé de vous remettre ça sans en parler à personne.
Grande sœur Yuhui a dit ça ?
— Elle m’a aussi dit de vous dire qu’elle avait utilisé le “souvenir” que vous lui aviez offert, et que vous ne deviez pas vous inquiéter. Elle veut que vous lisiez la note et que vous en gardiez le contenu pour vous.
Seol Jihu leva les yeux, hébété.
Baek Haeju le fixait avec un visage impassible.
— C’est le moment parfait. Tout le monde dans la tente dort et il n’y a personne dans les environs. Vous devriez la lire maintenant et la brûler.
Sa confusion face à ces mots soudains ne dura qu’un instant.
Bientôt, Seol Jihu regarda prudemment autour de lui et ouvrit la note.