Chapitre 342. Riposte (2)

La grande contre-attaque avait commencé.

Les forces alliées de la Fédération et de l’humanité, qui perdaient depuis le début du siège, avaient enfin trouvé un moyen d’inverser la tendance face à leur ennemi.

Le premier signe du changement apparut à la Forteresse de Tigol.

— Keu… !

Abominable Charité gémit en agitant ses tentacules.

La situation était soudain devenue si chaotique qu’il ne comprenait même plus ce qu’il se passait.

Cependant, la cause de ce bouleversement était claire.

L’Arbre-Monde — pleinement développé et à son apogée, pour ne rien arranger — était apparu de nulle part.

Alors que l’avatar de l’Arbre-Monde s’enracinait, la terre l’entourant devenait sacrée, bénie et protégée par l’arbre divin.

Pour cette raison, même après la libération de sa divinité, la puissance d’Abominable Charité était grandement limitée. De plus, la durée de sa divinité, déjà courte à l’origine, se voyait encore réduite.

— Merde !

Abominable Charité, qui montrait rarement ses émotions, entra dans une rage noire.

La renaissance de l’Arbre-Monde avait indéniablement renforcé l’ennemi.

Il n’avait plus le choix : il devait produire davantage de soldats, même si cela réduisait encore la durée de sa divinité, simplement pour égaler la force de leurs opposants.

— Levez-vous !

L’énergie émanant de sa robe flottante s’intensifia.

Abominable Charité étendit ses tentacules vers une montagne de cadavres entassés sur la falaise.

Mais la Fédération ne resta pas les bras croisés.

« Tout le monde, à vos postes ! »

Un ancien des Fées du Ciel s’écria.

Ses semblables, assoiffés de vengeance, s’activèrent immédiatement comme s’ils n’attendaient que ce moment.

La plupart d’entre eux survolèrent le mur de la forteresse, tandis que d’autres s’engouffrèrent dans un chemin situé au milieu de l’escalier et se cachèrent rapidement dans les dispositifs moteurs préparés par les Nains.

« Ouvrez ! »

Un petit Nain hirsute s’écria.

Et là, le plus surprenant se produisit.

Grondement. Grondement.

Cliquète ! Une porte s’ouvrit dans la Forteresse de Tigol réputée imprenable. Ce n’était pas la porte principale, mais une faille verticale s’étendant du bas de la falaise jusqu’à la base de la forteresse.

La faille ne s’ouvrit que légèrement, comme une porte entrouverte.

« Veni, Domine Spiritum Terra ! »

À l’intérieur de la forteresse, les Fées du Ciel tendirent les bras vers la faille.

Instantanément, des figures bosselées, rougeâtres, semblables à des humains, surgirent du sol et des rochers comme des taupes.

Les Esprits de la Terre poussèrent le mur de la forteresse, et la petite faille s’élargit instantanément.

Le gigantesque portail entourant la falaise s’ouvrit, renversant les corps empilés sur le rebord.

« La Altum Volat, Quasi Spinam ! »

Un autre groupe d’Esprits de la Terre émergea de la faille tandis que les Fées du Ciel récitaient de nouveaux sorts.

Les nouveaux Esprits prirent la forme de roches pointues et coniques, longues de 2 à 30 centimètres.

On aurait dit la gueule d’une bête féroce grande ouverte, révélant ses crocs acérés.

Toutes les Fées du Ciel se replièrent.

Pendant ce temps, les Esprits de la Terre qui avaient repoussé le mur sortirent de la forteresse et commencèrent à pousser la porte dans l’autre sens.

Boum ! Toute la falaise trembla.

La porte se referma aussi brutalement qu’elle s’était ouverte.

Et en se refermant, elle emporta avec elle les cadavres qui tentaient de se mouvoir après avoir reçu de l’énergie.

Tous les corps éparpillés près de la forteresse disparurent en un instant.

Un son pâteux et déplaisant résonna depuis l’intérieur de la falaise.

C’était celui de corps empalés par des épines et écrasés contre les parois.

Les tentacules d’Abominable Charité frémirent.

Il avait besoin de ces cadavres pour produire davantage de Golems de sang et de soldats de l’armée immortelle.

Des cadavres piétinés à tel point qu’ils ne contenaient plus une seule goutte de sang étaient simplement inutilisables.

Avec la renaissance de l’Arbre-Monde et le retour du pouvoir spirituel des Fées du Ciel, la Forteresse de Tigol retrouvait son statut d’antan de forteresse imprenable.

« La forteresse… ! »

La mâchoire de Patience explosive se décrocha.

Des centaines de milliers de lianes jaillirent des murs de la forteresse comme des cascades, taillant impitoyablement les squelettes acculés par les Hommes-Bêtes et l’infanterie.

« Vermines ! »

Patience explosive s’écria avec condescendance, mais son regard trahissait son inquiétude.

Elle se remémorait l’époque où les cinq Commandants d’armée avaient libéré leurs divinités en même temps sans pour autant réussir à briser cette muraille de fer.

Cependant, elle ne pouvait pas rester là à regarder.

Patience explosive inspira profondément et se prépara à lancer une attaque à haute fréquence.

Elle envisageait d’abord d’affaiblir l’ennemi avec une malédiction appelée Lamentation de la Reine des Banshees, capable de toucher de nombreux adversaires à la fois.

Elle s’arrêta toutefois en voyant des dizaines de canons de fer alignés sur les murs de la forteresse.

« En joue ! »

Les Nains, en sueur, transportaient les canons vers le sommet. Arrivés à destination, ils insérèrent rapidement des Tonnerres dans l’artillerie.

Les Fées du Ciel récitèrent une incantation.

« Per Aerium, Comprimuntru ! »

L’air dans les canons se comprima instantanément.

Les Nains soulevèrent les canons et les pointèrent droit vers leurs cibles dans les airs.

« Feu ! »

BOUM ! Propulsées par la pression, des pierres bleues jaillirent des canons. Ces pierres étaient déjà deux fois plus puissantes que des flèches, mais ce n’était pas tout.

« El Jin Accelletio ! »

Soudain, un vent violent se leva.

Le vent poussa les Tonnerres déjà accélérés encore plus vite. À ce stade, on ne pouvait plus les comparer à des flèches ni même à des boulets de canon. Après de multiples accélérations, les pierres bleues atteignirent leurs cibles plus vite qu’un clin d’œil.

C’est alors que les Esprits de l’Air protégeant les bombes disparurent, et les Tonnerres commencèrent à rayonner d’une lumière bleue en entrant en contact avec l’air.

Les yeux de Patience explosive s’écarquillèrent jusqu’à la taille d’un canon.

FLASH ! Une lumière azur recouvrit le ciel.

« Keuk ! »

Humilité disgracieuse dévia l’épée géante et la flèche enchaînée des Exécuteurs et serra les dents en levant les yeux vers le ciel.

Il tenta d’invoquer son armée de morts-vivants, mais ce n’était pas chose facile.

Les Parasites crachés par les Nids essayaient de dégager le passage, mais la cavalerie humaine et les Anges Déchus leur faisaient obstacle. De plus, les Fées des Cavernes et les Rois des Esprits les attaquaient sur les flancs.

La puissance combinée des forces ennemies était impossible à percer.

Les Parasites étaient incontestablement désavantagés.

Mais Humilité disgracieuse comprit vite que ce n’était pas le moment de se soucier des autres.

« Quoi !? »

Hiiing ! Son cheval spectral trébucha et hennit.

Un grondement retentit d’en haut et d’en bas, et le sol tremblait en se fendant.

Une main faite de lumière descendit du ciel et attrapa le cou d’Humilité disgracieuse. Depuis le sol, une main cramoisie jaillit et saisit ses jambes.

Les deux mains commencèrent à le tirer en sens opposé, comme si elles se disputaient la possession du Commandant d’armée.

« Keuuu ! »

Stupéfait, Humilité disgracieuse tenta de les repousser mais échoua. L’énergie de lumière et de ténèbres surpassait facilement celle des cinq Rois des Esprits. Il ne pouvait rien y faire.

Il sentit ses articulations se briser et ses os se fissurer. Il hurla de douleur.

Voyant qu’Humilité disgracieuse ne pouvait plus bouger, les Exécuteurs se ruèrent sur lui avec joie.

Taciana Cinzia, hilare, ordonna aux Valkyries de charger, tandis qu’Humilité disgracieuse se brisait les dents à force de les serrer.

Cela ne faisait pas longtemps qu’il s’était remis des séquelles de la libération de sa divinité durant la guerre de la vallée d’Arden, mais à ce stade, il n’avait plus le choix.

« Merdeeeeeee ! »

Enfin, la lumière explosa et Humilité disgracieuse se mit à enfler.

Un chevalier noir vêtu d’une armure de fer noire de la tête aux pieds rugit de fureur.

Humilité disgracieuse avait enfin libéré sa divinité.

« Même toi… »

Vulgaire Chasteté tourna la tête, incrédule.

Elle n’arrivait pas à croire que non seulement Abominable Charité, mais aussi Patience explosive et Humilité disgracieuse avaient libéré leurs divinités.

Étant donné les effets secondaires à endurer, recourir à la divinité était un ultime recours, et à juste titre.

« C’est donc à ce point-là ? »

Vulgaire Chasteté s’envola rapidement dans le ciel.

Maintenant que l’Arbre-Monde était revenu à la vie, rester dans la Forteresse de Tigol reviendrait à se suicider.

Elle avait prévu de se replier et d’analyser la situation de loin, mais un mur de glace surgit soudainement devant elle.

Le mur s’éleva puis courba ses extrémités vers l’intérieur, traçant une courbe.

Vulgaire Chasteté s’arrêta en voyant que le mur s’abattait sur elle tel un tsunami.

« ━━. ━━━━. ━━. ━━━━. »

Eun Yuri, non — Roselle chantait, agitant délicatement les mains. Son expression semblait dire : Où crois-tu aller ?

Vulgaire Chasteté serra les dents.

« …Tu veux vraiment jouer à ça ? »

Elle siffla, et aussitôt, une lumière blanche enveloppa son corps.

La libération de la divinité de Vulgaire Chasteté n’était pas aussi spectaculaire que celle de Furieuse Tempérance. Elle était aussi calme que celle de Bonté pervertie, mais Vulgaire Chasteté ne grandit pas soudainement.

À la place, un tissu brillant et transparent enveloppa son corps, des plumes blanches couvrirent ses ailes de chauve-souris, et sa chevelure violette devint blanche et s’allongea presque jusqu’au sol.

[On dirait une transformation de magical girl ? Yuri, qu’est-ce que ça veut dire ?]

Roselle demanda curieusement tout en fixant son ennemie.

Avec ses cheveux argentés étincelants, son tissu fluide et ses ailes blanches flottantes, Vulgaire Chasteté ressemblait à une déesse élégante.

Ce changement accentuait le sentiment d’incongruité qui émanait d’elle. Son apparence extérieure contrastait violemment avec ses yeux cramoisis inclinés, débordants de vulgarité.

— …Qu’est-ce que c’était, déjà ? Gèle, monde ?

Le coin de ses lèvres se releva.

Foutaises. Elle ricana et battit de ses longs cils.

— Très bien. Alors je vais dire ceci : Brûle, monde !

Vulgaire Chasteté écarquilla les yeux et étendit les bras vers l’avant.

Vroush ! Tous les tissus flottant autour d’elle se transformèrent en flammes et foncèrent vers son ennemie.

En même temps, Roselle termina son incantation et écarta les mains.

— Gèle, monde !

Un énorme blizzard se déchaîna. Les flammes jaillirent comme des rayons laser et engloutirent la tempête de givre.

Chiiiiiiiik !

Une immense quantité de vapeur se forma là où les deux énergies s’entrechoquèrent.

L’intérieur de la forteresse s’emplit de vapeur.

Les deux énergies se disputèrent l’espace un moment jusqu’à ce qu’une langue de feu parvienne enfin à traverser la tempête.

La flamme traversa le ciel en laissant une longue traînée, et Roselle fit en hâte prendre de l’altitude à son balai.

— Aha !

Vulgaire Chasteté pencha la tête en arrière.

C’était exactement ce qu’elle attendait. Roselle avait peut-être du poids dans une autre dimension, mais elle ne faisait pas le poids face à un Commandant d’armée ayant libéré sa divinité.

[Ouille ouille ouille…]

Roselle sourit en secouant ses mains douloureuses.

[Je vois, tu cachais ton jeu.]

— Exactement. Tu aurais dû rester bien tranquille dans ta dimension.

[J’aime ta confiance. Mais vu les fluctuations constantes de ton énergie, tu n’arrives pas à bien la contrôler, n’est-ce pas ? Tu es sûre de pouvoir tenir assez longtemps pour me vaincre ?]

— Hah, ne t’en fais pas pour ça.

Vulgaire Chasteté siffla.

— L’Arbre-Monde est peut-être proche, mais il ne pourra pas m’empêcher de te battre et de m’enfuir.

Tandis qu’elle parlait, sa chevelure argentée s’étala comme la queue d’un paon. Les mèches fusèrent vers Roselle avec l’élasticité d’un fouet. Elles ondulaient comme des serpents, du venin dégoulinant de leur gueule.

Une sorcière, aussi puissante soit-elle, n’était pas différente d’un humain ordinaire si elle n’avait pas le temps de lancer ses sorts. Au mieux, elle volerait sur son balai en esquivant les attaques. Si elle faisait ne serait-ce qu’une seule erreur, elle se ferait transpercer à mort par une mèche de cheveux de Vulgaire Chasteté.

— Un récital, hein ? Assez chanté. Et si tu dansais comme une catin pour moi ? En disant adieu au passage !

Convaincue de sa victoire, Vulgaire Chasteté eut un sourire narquois. Mais elle fronça vite les sourcils.

[C’est toi, la catin, espèce de salope de merde.]

Contrairement à ses attentes, Roselle ricana sans bouger.

[Une prostituée qui se traîne dans un bordel ose me dire ça ? Ah, tu n’oublierais pas quelque chose, par hasard ?]

Une voix moqueuse résonna. Roselle eut un sourire narquois et haussa les épaules.

[Toi et moi ne sommes pas seules ici.]

— Si tu parles de l’Arbre-Monde…

Vulgaire Chasteté s’interrompit.

Soudain, un oiseau géant traversa le brouillard épais et se posa devant Roselle.

Les flammes rouge vif entourant l’oiseau brûlaient comme des phénix, repoussant obstinément l’attaque de Vulgaire Chasteté.

— …Un phénix ?

Non, c’est l’Esprit Arcus !

Sous le choc, Vulgaire Chasteté regarda précipitamment devant elle.

Des étincelles dorées jaillirent.

Elle distingua trois ou quatre silhouettes floues dans le brouillard.

Avant même qu’elle ne s’en rende compte, un jeune homme en manteau déchiré et une femme en robe traditionnelle blanche surgirent de l’épais brouillard.

— Ah !

Le souffle de Vulgaire Chasteté se coupa.

Elle les reconnut tous deux.

Comment aurait-elle pu oublier ?

L’une était l’Impératrice Sacrée, et…

— T… Toi !

L’autre était le lancier démoniaque qui l’avait humiliée durant la guerre de la vallée.

Mais ce n’était pas tout.

Une lumière déferla du ciel comme une pluie de météores, et des dizaines de cercles magiques tournoyaient au-dessus d’eux, émettant de la lumière.

L’Étoile de la luxure et l’Étoile de l’avarice. Deux Exécuteurs étaient arrivés.

— M-Ma Reine… !

Le regard de Vulgaire Chasteté errait dans tous les sens alors qu’elle murmurait avec désespoir. Comme une enfant ayant perdu sa mère, elle appelait sans cesse sa Reine.

La Reine des Parasites contemplait le champ de bataille en contrebas.

Après une série d’escarmouches, la guerre était devenue un véritable chaos.

La situation n’était évidemment pas en faveur des Parasites.

Elle pouvait le constater à travers les couleurs qui teintaient le champ de bataille.

Il n’y a pas si longtemps, la zone était entièrement grise. Mais depuis l’apparition de l’Arbre-Monde, des lumières colorées commençaient à envahir le paysage.

Les couleurs de la Fédération et de l’humanité gagnaient du terrain, repoussant le gris.

Les yeux de la Reine des Parasites tressaillirent légèrement lorsqu’elle réalisa que les Parasites étaient en train de perdre.

Elle pouvait tolérer des difficultés passagères, mais perdre réellement — cela, elle n’y était pas habituée.

Mais elle repensa au passé. Les Parasites n’étaient parvenus à prendre la Forteresse de Tigol qu’à grand-peine, après avoir affaibli l’Arbre-Monde, sacrifié les cinq Commandants d’armée ayant libéré leur divinité et concentré des centaines de Nids sur la forteresse.

La Fédération était désormais plus forte que jamais, et la Forteresse de Tigol plus robuste encore qu’auparavant. Par-dessus tout, l’humanité était venue prêter main-forte.

Il n’était donc pas si surprenant que les quatre Commandants d’armée perdent, même après avoir libéré leurs divinités.

Le plus gros problème, c’était l’Arbre-Monde.

L’arbre divin à pleine puissance stimulait continuellement le conflit fondamental dans la constitution des Commandants d’armée — l’énergie divine, provenant de la divinité des Sept Vertus, et l’énergie sombre, qui était l’attribut fondamental des Commandants.

L’arbre déstabilisait lentement leurs divinités, cherchant à perturber leur corps assemblé de l’intérieur.

C’était la raison pour laquelle leurs divinités étaient affaiblies à l’état scellé, et que leur durée était raccourcie une fois qu’elles étaient libérées.

Comme si cela ne suffisait pas, la Reine venait de recevoir une autre mauvaise nouvelle.

Il semblait que les Terriens s’étaient enfin mis en mouvement.

Ils descendaient rapidement la montagne et attaquaient les Nids occupés à donner naissance aux espèces génitrices.

Pour éhontées qu’elles fussent, ces attaques étaient efficaces.

Dans une situation où tous les Commandants étaient en difficulté, l’avenir des Parasites serait sombre s’ils perdaient aussi leurs Nids.

[…Tout est de ma faute.]

On dit que l’histoire ne retient que les résultats.

Ressasser le passé était désormais inutile.

Elle n’aurait jamais imaginé que sa décision d’envoyer les Commandants sur le champ de bataille aurait de telles répercussions.

Bien qu’ils tiennent encore tant bien que mal, le temps ne jouait pas en faveur des Parasites.

Que se passerait-il une fois que les Commandants auraient épuisé leur temps ?

En imaginant le pire, la Reine des Parasites ferma les yeux et se lamenta.

Si seulement elle avait invoqué Furieuse Tempérance, ou envoyé seulement Bonté pervertie, si seulement elle avait eu la Septième Commandante d’armée, capable d’accomplir deux fois plus que les autres, si seulement elle n’avait pas donné ces ordres plus tôt… !

Beaucoup de pensées lui traversèrent l’esprit, mais la Reine des Parasites secoua vite la tête.

Il était simplement impossible de savoir précisément où tout avait mal tourné.

Le moment était venu pour elle de prendre une décision.

Le moment était venu de jouer son atout.

[…]

Mais parler d’atout, c’était enjoliver les choses. Un atout n’était rien d’autre qu’un secret gardé caché, sans jamais servir.

C’est employé au moment décisif qu’il avait le plus d’effet. L’utiliser faute d’autre choix ne faisait que la remplir d’amertume.

Non, c’était plus qu’amer — c’était douloureux.

Mais à cet instant, elle n’avait vraiment plus d’autre option. Il valait mieux l’utiliser que tout perdre.

Déterminée, la Reine des Parasites détourna son regard.

Là, un jeune homme était assis sur une colline, observant nonchalamment le champ de bataille avec un brin d’herbe dans la bouche.

Il avait jadis été un héros ayant apporté de nombreuses contributions à l’humanité. Mais aujourd’hui, il était un traître à l’espèce humaine.

Et bien qu’il manque encore de contrôle, il était le seul, à part Bonté pervertie, à avoir entièrement absorbé sa divinité, et la seule constellation comparable à l’Étoile ressuscitée.

La Reine des Parasites ouvrit doucement la bouche.

[Sung Shihyun.]