Un grand pilier de lumière descendit du ciel.
Au moment où la lumière enveloppa l’Arbre-Monde, le champ de bataille figé devint encore plus silencieux.
La Fédération, les humains et les Parasites tournèrent tous leur attention vers le sommet de la Forteresse de Tigol.
Cela ne pouvait pas être autrement. Le spectacle majestueux et imposant qui se déroulait devant eux ne pouvait laisser personne indifférent. Sans compter qu’il n’existait pas un seul être présent qui ne comprenne la signification de ce phénomène.
Guoooooo…
Le pilier de lumière s’estompa lentement. En même temps, l’arbre brillant commença à grandir à une vitesse exponentielle.
Ses branches, auparavant semblables à des brindilles, s’étendirent telles des toiles d’araignée, son tronc desséché s’épaissit rapidement, et des feuilles vertes poussèrent sur ses branches jadis émaciées.
Paat !
La lumière résiduelle se dispersa dans le ciel et sur le sol.
Ramené à la vie, l’avatar de l’Arbre-Monde se révéla de nouveau au monde.
Ce n’était plus l’arbre misérable et flétri d’avant. Le gigantesque Arbre-Monde se dressait fièrement, soutenant le ciel et dominant le champ de bataille.
Grondemeeeeent !
Alors que l’Arbre-Monde étendait enfin ses membres, une secousse terrifiante se produisit.
[Voici le héros qui arrive~]
Pressentant le changement imminent, Roselle afficha un large sourire.
Chak !
Elle frappa dans ses mains. Le givre sur le sol fondit complètement en liquide et s’infiltra dans la terre noire.
La terre morte subit une transformation.
La terre d’un rouge noirâtre s’adoucit en un brun pâle, les graines germèrent, de jeunes pousses émergèrent.
Des plantes et de la végétation poussèrent distinctement, colorant la terre d’un vert éclatant.
Des fleurs s’épanouirent sur un champ de bataille jusque-là rempli de désespoir.
Wooooooooo !
Les hurlements des Nids retentirent soudainement sur le champ de bataille silencieux.
L’Arbre-Monde avait ressuscité alors que l’infestation touchait à sa fin. Comme il purifiait la terre dès sa renaissance et exerçait à son tour une pression, les Nids se tordaient de douleur.
Un contraste saisissant régnait parmi les spectateurs.
Les Commandants d’armée restèrent sans voix.
« Impossible… »
Vulgaire Chasteté.
« La Septième Commandante d’armée… »
Patience explosive.
« A perdu… ? »
Et Abominable Charité, tous réagirent de la même façon.
La renaissance de l’Arbre-Monde signifiait que les Quatrième et Septième Commandants d’armée s’étaient retirés du Royaume des Esprits.
Mettons de côté Furieuse Tempérance. Mais que Bonté pervertie, l’existence la plus puissante après la Reine des Parasites, ait perdu ?
C’était trop difficile à croire.
Et c’en était d’autant plus choquant.
Cependant, ils n’avaient pas d’autre choix que de le croire, en voyant les lumières brillantes se rassembler peu à peu devant l’Arbre-Monde et former une vingtaine de silhouettes.
Ces silhouettes prenaient toutes la forme d’êtres humains.
« Ah… Aaaaaah ! »
Une Fée du Ciel poussa un cri.
Ce n’était pas un cri de désespoir, mais un cri enflammé, débordant de joie.
« Il a réussi, au final. »
Cinzia afficha un sourire épanoui, chose rare chez elle.
« Huuuuuu ! »
Gabriel laissa échapper un profond soupir et se laissa tomber au sol, tandis que les Nains jubilaient d’excitation. Mais si heureux fussent-ils, pouvaient-ils l’être davantage que cette race ?
« … »
Yuirel était agenouillée au sol, regardant les lumières dansantes avec un visage hébété.
Le banquet de lumières illuminant le ciel n’invitait pas seulement les Fées du Ciel, mais aussi les Fées des Cavernes.
Les lumières tombant sur les mains des Fées des Cavernes, y compris elle-même, en étaient la preuve claire et irréfutable.
« Ah… »
Elle douta de ses yeux au départ, mais bientôt, elle sentit ses forces la quitter et quelque chose de nouveau entrer dans son corps vide.
Yuirel attrapa le tissu recouvrant ses yeux avec des mains tremblantes. Une paire grotesque d’yeux noirs charbon fut révélée.
Mais cela ne dura qu’un instant. Rapidement, le noir s’estompa, laissant place à leur teinte originelle, une belle couleur ambre.
Ce ne fut qu’à ce moment qu’un filet de larmes coula sur son visage.
Et elle n’était pas la seule. Toutes les Fées des Cavernes pleuraient en silence, la tête baissée, sans leur bandeau.
« Les Rois des Esprits… nous ont… pardonné… ! »
Alors que tout le monde pleurait silencieusement, Yuirel éleva la voix et cria.
« Le Seigneur Ophinü Odor a retiré son épée ! Notre dieu… le Seigneur Diffidem Odor revient ! »
Un cri assourdissant, chargé d’émotion, éclata.
Bien que le phénomène de résonance l’affectât fortement, elle ne pouvait s’empêcher de l’annoncer à haute voix.
« …Hic. »
Teresa ne dit rien. Elle regardait simplement les silhouettes se former devant l’Arbre-Monde, les yeux remplis de larmes. Puis, elle renifla une fois de plus.
« Il a vraiment tenu sa promesse… »
Seol Jihu lui avait demandé de gagner un peu de temps. Qu’il sauverait le Royaume des Esprits et reviendrait après avoir ressuscité l’Arbre-Monde.
Il avait tenu sa promesse, magnifiquement. Alors que tous l’en dissuadaient, disant que c’était impossible, il avait réussi.
Cependant, Teresa sortit vite de sa torpeur. Si cela ne tenait qu’à elle, elle aurait couru vers lui pour l’assaillir de mille baisers. Mais la guerre n’était pas encore finie.
La résurrection de l’Arbre-Monde signifiait que les Fées du Ciel allaient retrouver leurs pouvoirs. Étant elle-même de leur lignée, elle avait quelques connaissances sur le phénomène de résonance.
Résonance spirituelle.
Une fatigue temporaire ressentie par les Fées lors de leur première connexion à leurs Esprits.
Cela ne durait pas longtemps. Cinq à dix minutes, tout au plus.
Mais en pleine bataille féroce, cinq minutes n’étaient pas un délai négligeable.
Teresa serra la garde de son épée.
Je dois gagner du temps.
Le terrain était prêt pour la riposte. Il ne lui restait plus qu’à gagner du temps pour qu’ils puissent y monter.
Peu importe le prix.
« … »
Seol Jihu observa silencieusement son corps tandis que sa conscience lui revenait. Le corps qui s’était dissipé dans le Royaume des Esprits était lentement en train de se reconstituer dans le Monde du Milieu.
Finalement, ses yeux s’illuminèrent tandis qu’il regardait devant lui. Du haut de la forteresse, tout le champ de bataille s’offrait à lui.
« Heeeh. On dirait qu’on n’est pas trop en retard. »
Chohong eut un sourire minaudier, l’Épine d’acier posée sur son épaule.
Elle avait raison. La Forteresse de Tigol n’était pas encore tombée.
À en juger par les traces ennemies visibles dans la zone centrale, la forteresse avait dû être poussée au bord de l’effondrement. Mais ils avaient réussi à ressusciter l’Arbre-Monde juste à temps.
— Waaaaaaaaaaaaaah !
Une acclamation tonitruante éclata.
À l’apparition des héros ayant ramené l’Arbre-Monde à la vie, les émotions refoulées de tous jaillirent.
La guerre n’était pas encore terminée. En vérité, elle ne faisait que commencer.
Mais tout ce qu’ils avaient accompli jusqu’ici n’était pas vain.
Bientôt, les résultats parleraient d’eux-mêmes.
Seol Jihu ferma les yeux au milieu des acclamations assourdissantes.
Il ne restait plus qu’une chose à faire…
KWANG !
Le Trône corrompu se brisa.
La Reine des Parasites se leva d’un bond après avoir frappé l’accoudoir.
Bien qu’elle s’y attendît, ses yeux débordaient de fureur en observant le champ de bataille.
[Ça… !]
La Reine des Parasites ravala de justesse son souffle avant de laisser exploser ses paroles.
[Je m’y attendais… !]
Oui, elle s’y attendait. L’apparition de l’humanité, la résurrection de l’Arbre-Monde, et les Fées du Ciel retrouvant leurs pouvoirs en conséquence.
Même si elle espérait que cela n’arrive pas, elle avait envisagé ce scénario comme le pire des cas.
La seule chose à laquelle elle ne s’attendait pas, c’était l’apparition de cette fichue sorcière.
Mais elle ne pouvait plus reculer.
Reculer par peur d’une seule sorcière était inconcevable.
Les Parasites avaient encore des cartes secrètes. Deux… non, trois !
[Abominable Charité ! Libère ta divinité !]
[Ne reste pas planté là, fais quelque chose !!]
Alors que le message de la Reine des Parasites résonnait, les Nids vibrèrent à l’unisson et déversèrent d’innombrables Parasites. Ils abandonnèrent l’infestation de la forteresse pour se concentrer sur les naissances.
Abominable Charité sursauta.
Mais en voyant les Nids, il comprit rapidement les intentions de la Reine et balaya le champ de bataille du regard.
Les Fées du Ciel étaient affaiblies par le phénomène de résonance. Le scénario idéal serait de les isoler et de les éliminer, mais cela était irréalisable depuis la renaissance de l’Arbre-Monde.
Non seulement les Fées étaient retranchées dans la forteresse, mais une puissante sorcière la protégeait.
Ainsi, le regard d’Abominable Charité se porta hors de la forteresse, vers la cavalerie humaine.
« … »
À bien y réfléchir, l’apparition de ces insectes marquait le début de leurs complications.
L’important était d’empêcher la situation d’empirer. Même s’ils devaient battre en retraite, il fallait infliger un maximum de dégâts.
« …Je vais tous vous exterminer. »
Kkdk ! Serrant les dents, Abominable Charité libéra une lumière éclatante. Sa robe ondula furieusement et des dizaines de tentacules jaillirent de ses manches, accompagnés d’une puissante énergie maléfique.
Puis, le plus gros tentacule pointa vers une immense montagne de cadavres devant la muraille.
— Levez-vous !
À ce mot, la montagne de cadavres trembla.
Les corps sans vie se fissurèrent, et les squelettes en leur sein se redressèrent un à un. Bientôt, plus de la moitié des cadavres donnèrent naissance à des morts-vivants, se levant en titubant, attendant les ordres de leur maître.
— …Tsk.
Malgré cette démonstration incroyable de nécromancie, Abominable Charité claqua la langue.
Normalement, toute la montagne aurait dû ressusciter. Mais à cause de ce maudit Arbre-Monde, une partie du terrain était devenue sacrée, réduisant considérablement son énergie maléfique.
Sans la libération de sa divinité, ce résultat n’aurait même pas été possible.
Mais cela importait peu. Il restait encore d’autres montagnes de cadavres, et cette armée suffisait pour exterminer une poignée d’insectes.
— Levez-vous !
Un autre groupe de squelettes s’extirpa d’une montagne de cadavres.
— En avant !
À cet ordre, l’armée de squelettes immortels renforcée par son énergie maléfique avança d’un pas inébranlable.
« Ils arrivent ! »
Ayant regroupé ses troupes entre-temps, Teresa humecta de salive ses lèvres sèches.
D’innombrables Parasites affluaient de face, et une armée de squelettes avançait par l’arrière. Le seul soulagement dans cette situation était que les Parasites n’attaquaient pas les Fées du Ciel retranchées dans la forteresse. Mais c’était maigre consolation, car l’humanité était sur le point d’être anéantie.
Mais vu sous un autre angle, cela signifiait que les Parasites n’avaient plus d’autre option.
Avec l’Arbre-Monde présent, capturer la forteresse rapidement était impossible. Leur plan devait donc être de causer un maximum de dégâts avant de choisir entre battre en retraite ou risquer une guerre prolongée.
« Général Sanctus ! »
Déterminée, Teresa interpella Jan Sanctus.
Le temps pressait, elle donna donc ses ordres sans détour.
« Je vous laisse l’arrière. Je m’occupe des Parasites avec les Equites. Vous n’avez qu’à gagner du temps. Compris ? »
« Entendu. Faites attention, Princesse. »
« Bien sûr. Mon homme est enfin revenu. Si je meurs sans lui avoir reparlé, je reviendrai en fantôme par pure rancune. »
Teresa rabattit son casque en murmurant en plaisantant.
Jan Sanctus eut un petit rire.
Puis, la cavalerie fonça en avant, l’infanterie recula pour faire face aux squelettes. Les deux troupes s’élancèrent au combat.
Ainsi, la bataille, un temps suspendue, reprit de plus belle.
« Tous en formation de boucliers ! »
L’infanterie s’arrêta instantanément à l’ordre de Jan Sanctus. Enfonçant leurs boucliers dans le sol, superposant une seconde couche au-dessus, ils formèrent une défense à deux niveaux.
De son côté…
« On dirait que la Reine des Parasites n’a pas l’intention d’abandonner. »
Gabriel, observant les événements, déploya ses ailes et jeta un œil à ses côtés.
« Qu’allez-vous faire ? »
À côté d’elle se trouvait un Homme-Bête, sa crinière trempée de sang séché. Du haut du rempart, il contemplait le champ de bataille, l’expression complexe.
« Nous allons soutenir la cavalerie. Mais nous n’avons pas assez de troupes pour soutenir aussi l’infanterie. Alors, Roi des Hommes-Bêtes, quelle est votre décision ? »
« … »
Un conflit profond se lisait sur le visage du Roi. Mais vu la situation, son hésitation ne dura pas.
« …Merde. S’ils s’étaient battus ainsi il y a quelques années, j’aurais été avec eux depuis longtemps. »
Après ces quelques mots…
— Kuhuhuuung !
Il poussa un rugissement.
Gabriel eut un large sourire avant d’empoigner le Roi des Hommes-Bêtes et de s’envoler. Derrière elle, des Anges Déchus surgissaient de tous les coins de la forteresse, transportant un Homme-Bête chacun.
Pendant ce temps, la distance entre l’infanterie formée en mur de boucliers et l’armée de squelettes qui avançait en faisant trembler la terre se réduisit à une centaine de mètres.
« Tenez bon ! Jouez votre vie là-dessus ! Dix minutes ! Non, cinq suffisent ! Si vous tenez jusque-là, la victoire sera à nous !! »
Jan Sanctus cria de toute sa voix pour galvaniser les soldats. En première ligne, bouclier en main, il fixait l’avant.
Koong, koong, koong, koong.
« Cinquante mètres ! »
La distance se réduisit à toute vitesse, alors même qu’il parlait.
Quarante, trente, vingt, dix mètres… !
« Tous… ! »
Alors que Jan Sanctus s’apprêtait à crier de nouveau—
Koong, koong, koong, koong !
Il s’interrompit net.
C’était parce qu’il avait senti la présence de quelque chose qui pleuvait derrière lui.
Impossible !
Des tas d’idées lui traversèrent l’esprit.
L’ennemi avait-il percé la cavalerie ? Les créatures volantes des Parasites étaient-elles descendues ? Une nouvelle armée était-elle apparue à l’arrière ? Ou bien…
Se retournant inconsciemment, Jan Sanctus resta hébété sur-le-champ. Toutes ses hypothèses s’étaient révélées fausses.
Les troupes qui atterrissaient derrière eux n’étaient ni Parasites, ni créatures volantes, ni commandées par un Commandant d’armée.
Les soldats qui sautaient en s’appuyant sur les épaules de ses camarades n’étaient autres que ceux de la race des Hommes-Bêtes.
Levant les yeux, hébété, Jan Sanctus vit le Roi des Hommes-Bêtes qui baissait le regard vers lui. Leurs regards se croisèrent une fraction de seconde.
Puis, les Hommes-Bêtes franchirent la ligne de défense, les yeux étincelants, le regard rivé sur l’armée de squelettes.
« Kuhuhuuuung ! »
Menés par leur roi, ils rugirent férocement et se jetèrent au combat.
Jan Sanctus cligna des yeux, abasourdi. Il ferma les paupières, puis les rouvrit.
Il ne rêvait pas.
Les Hommes-Bêtes se battaient contre les squelettes.
Cette race qui haïssait l’humanité presque autant que les Parasites après la chute de l’Alliance des Hommes-Bêtes… combattait pour eux !?
Les lèvres de Jan Sanctus tremblaient, submergées par l’émotion.
Un feu ardent s’embrasa dans son cœur.
Aurait-il jamais imaginé une telle scène à l’époque où la chasse aux esclaves régnait à Eva ?
« Général ! »
Le cri d’un soldat le ramena à lui.
« …Tous ! »
Enfin capable de libérer sa voix coincée dans sa gorge…
« À l’assauuuuuuut ! »
Hurla-t-il de toutes ses forces.
Aussitôt, l’infanterie se redressa et chargea en masse, comme n’attendant que ce signal.
Main dans la main avec les Hommes-Bêtes, ils percèrent l’armée squelettique, brisant leur marche aveugle à coups de lances et de boucliers.
Enfin, après s’être si longtemps frôlés sans se rejoindre, la Fédération et l’humanité unirent fermement leurs forces.
[Keuk… !]
La Reine des Parasites gémit. Elle ne s’attendait pas à ce que les Hommes-Bêtes et les Anges Déchus sortent de la forteresse.
[Que font Vulgaire Chasteté et Patience explosive… !?]
Elle laissa échapper un « Ah » après avoir parlé.
Les succubes de Vulgaire Chasteté avaient été balayées par la sorcière. Inutile de mentionner les Banshees de Patience explosive, sacrifiées aux Tonnerres pour permettre à Vulgaire Chasteté de percer.
C’était elle-même, la Reine des Parasites, qui avait donné cet ordre.
Rien de tout cela ne se serait produit si elle avait suivi le plan des Commandants d’armée et mené l’assaut selon les règles.
[Ne me dis pas que…]
La Reine des Parasites s’effondra sur son trône brisé.
À l’époque, elle pensait que c’était la seule option.
[Cette décision aussi était une erreur… ?]
Et là, un autre événement imprévu se produisit.
Ses sourcils tressaillirent tandis qu’elle fixait, hébétée, l’image mouvante devant elle.
Comme une prise de conscience tardive.
La bénédiction de l’Arbre-Monde n’affectait pas seulement les Fées du Ciel, mais aussi les Fées des Cavernes.
[…Quoi ?]
Dans ce silence étouffant, les yeux de la Reine des Parasites s’écarquillèrent brutalement.
C’était parce qu’elle sentait une énergie frémissante s’élever de la forteresse.
Deux énergies qu’on ne percevait pas jusque-là ne se contentaient pas de recouvrir la Forteresse de Tigol : elles déferlaient sur le reste du champ de bataille.
À cet instant, les têtes des Fées agenouillées d’épuisement se relevèrent d’un coup.
Ziou !
Une bourrasque violente et intempestive balaya le champ de bataille.
Crépite !
Des flammes jaillirent ici et là.
Les courants aériens changèrent, la terre trembla, et de l’eau jaillit, scintillant sous le soleil.
Au cœur de ce banquet des cinq éléments, les Fées se levèrent lentement. Fées du Ciel comme des Cavernes fixèrent l’avant.
Des larmes coulaient encore sur leurs joues, mais elles ne semblaient plus tristes.
Elles semblaient plutôt enragées.
Elles lançaient des regards assassins à leurs ennemis, prêtes à laisser exploser la haine et la rancœur qu’elles avaient longtemps contenues.
Et ce n’était pas tout.
Deux paires de pupilles apparurent, l’une dans le ciel, l’autre dans le sol.
Depuis le ciel, des yeux de lumière émettant un éclat aveuglant—
Depuis le sol, des yeux de ténèbres diffusant des ténèbres d’un rouge noirâtre—
L’un regardait vers le bas, l’autre vers le haut, tous deux tournés vers le champ de bataille.
— Wooooooooooh !
Le hurlement d’Ophinü Odor, le Seigneur de la Lumière, vénéré par tous les Esprits.
— Woooooooooo !
Et le hurlement de Diffidem Odor, le Seigneur des Ténèbres, craint par tous les Esprits, retentirent l’un après l’autre, comme descendant du ciel et remontant du sol.
Les Esprits avaient tenu leur promesse.
Les Seigneurs des Esprits, qui avaient entamé une guerre contre les Sept Vertus dans une ère mythique dont nul n’a gardé trace, il y a des millénaires, réapparurent à la Forteresse de Tigol.
La force alliée de la Fédération et de l’humanité s’était enfin unie pour affronter les Parasites !
[…]
Au même moment, la Reine des Parasites, voyant apparaître lumière et obscurité, tremblait des lèvres plus violemment que jamais.
La renaissance de l’Arbre-Monde et l’apparition d’une puissante sorcière menaçaient déjà de renverser le cours de la bataille.
Mais voilà que même les deux Seigneurs des Esprits scellés faisaient leur apparition.
Les engrenages du destin, jadis en parfaite harmonie, s’étaient détraqués une fois, puis deux, et voilà qu’ils s’effondraient dans un chaos total.
[Ah… Aaaaaaaah !]
La Reine des Parasites se prit la tête à deux mains.
Et à ce moment précis—
« Ouf… »
L’équipe d’expédition avait été entièrement invoquée dans le Monde du Milieu.
Seol Jihu expira longuement, ouvrit les yeux en silence et regarda droit devant lui.
Il fixa la Reine des Parasites à travers l’image distante flottant dans les airs.
[Toi… !]
Leurs regards se croisèrent.
[Toi, tout ça à cause de toi, tout ça à cause de toiiiiiiii !!]
La voix furieuse de la Reine des Parasites résonna.
Le regard de Seol Jihu se fit perçant.
Il inspira profondément et raffermit sa prise sur la Lance de pureté.
Enfin.
Ils étaient enfin arrivés jusque-là.
Après une nouvelle respiration, Seol Jihu leva sa lance et fit un pas en avant.
Regardant les Esprits répandus sur le champ de bataille et pointant sa lance vers la Reine des Parasites, il déclara fermement :
« …Tout le monde, préparez-vous au combat. »
Et ainsi—
« Ne laissez aucun d’entre eux s’échapper. »
La fusée signalant le début de la riposte s’éleva dans le ciel.