Chapitre 326. Combat immédiat (5)

Alors que l’énergie verte commençait à s’infiltrer dans la peau extérieure de la Licorne, Seol Jihu enfonça sa lance plus profondément tout en ranimant la puissance de Soma.

Pensant que c’était la fin, il mobilisa l’énergie anti-mal jusqu’à sa limite.

Finalement, alors que des arcs dorés de foudre crépitaient sur l’eau bénite débordante—

PZZZZZZT !

« KIAAAAA ! »

La gueule de la Licorne s’ouvrit en grand. Au milieu d’une gerbe de lumière aveuglante, elle secoua son corps et se débattit frénétiquement, hurlant à pleins poumons.

Mais rien ne se déroulait comme elle le voulait. De nouveaux fils imprégnés d’énergie sacrée surgirent et lièrent à nouveau ses pattes avant. Ainsi, la Licorne se retrouva figée sur place, pattes avant et pattes arrière grandes écartées, tandis que le courant de foudre folâtrait dans la mer verte comme un enfant surexcité.

« Kuooooo… ! Kuaaaa… ! »

Ses convulsions s’apaisèrent aussi vite que ses cris. Ses yeux, qui ricanaient quelques instants plus tôt, se révulsèrent : elle semblait nettement sur le point de perdre conscience.

Cependant, Seol Jihu ne relâcha pas sa vigilance. Ses compagnons avaient épuisé leurs forces pour lui offrir cette seule et unique chance.

La lumière dorée qui déferlait autour de lui montrait déjà qu’il exploitait la foudre anti-mal au maximum, et il n’avait aucune intention de retenir ses coups.

Ainsi, alors qu’il s’apprêtait à racler jusqu’à la dernière once de mana de son corps, au risque d’endommager son circuit de mana, Seol Jihu éprouva soudain une sensation étrange.

Il est aspiré ?

Le courant de foudre qui courait en tous sens comme un enfant joueur devint brusquement ordonné. Puis il cessa soudain de danser et fut aspiré dans une seule direction, comme un enfant qui répond à l’appel de sa mère.

Pris de court par ce phénomène soudain, Seol Jihu leva les yeux.

L’attaque n’était pas encore terminée. L’aura de l’eau bénite jaillit comme une fontaine et commença à prendre forme. Elle se divisa en vingt-six flux, se déploya comme un disque, puis s’enroula lentement depuis ses extrémités opposées.

La forme finale était celle d’une fleur. Les vingt-six flux d’eau bénite se rejoignirent et s’épanouirent en un lotus.

Puis, tandis qu’il absorbait le courant de foudre qui y affluait, un lotus doré véritablement prodigieux s’épanouit.

Et ainsi.

Boum !

Alors qu’un pétale explosait dans un éclair de lumière terrifiant—

« Kurarararararara ! »

La Licorne, qui touchait à la mort, repartit dans une frénésie démente. Elle secouait la tête dans tous les sens, chancelant de douleur tandis que la fleur de lotus explosait à l’intérieur de son corps.

Pendant ce temps, les pétales continuaient d’exploser un à un, soulevant une tempête d’explosions extraordinaires.

En voyant cela, Seol Jihu plissa les yeux. La lumière des explosions était si intense qu’elle teintait sa vision de blanc. Elle était d’une telle violence que Seol Jihu craignit de perdre la vue.

Même les fils imprégnés d’énergie sacrée étaient sur le point de fondre comme de la cire au soleil.

Jetant un coup d’œil sur le côté, Seol Jihu vit Baek Haeju, les mains jointes, le regard farouche. Profondément concentrée, elle transpirait abondamment, la bouche fermement close.

Seol Jihu serra lui aussi les dents et raffermit sa prise sur la Lance de pureté. Quand les vingt-six pétales du lotus se furent tous épanouis, les explosions successives cessèrent.

Aussitôt après, la tête de cheval qui vacillait se redressa.

« Keeeeeeeeu ! »

Dans un halètement pesant, les yeux de Furieuse Tempérance s’allumèrent.

Baek Haeju s’écria vivement :

« Reculez ! »

L’instant suivant, les six Guerriers qui s’étaient lancés à l’assaut, Baek Haeju et Seol Jihu compris, reculèrent d’un même mouvement.

Au même moment, la Licorne leva ses pattes avant et se mit à piétiner le sol comme une folle.

Boum, boum, boum, boum !

Même après avoir reculé de plusieurs dizaines de pas, ils sentaient encore d’intenses vibrations sous leurs pieds. Bien que la Licorne attaquât à l’aveugle, sans cible précise, elle restait incroyablement puissante.

« Il a encore autant d’énergie… ? »

« Non. »

Quand Chohong soupira d’un air épuisé, Baek Haeju secoua la tête pour la contredire.

« Une bougie brille le plus fort juste avant de s’éteindre. »

En entendant le calme de sa voix, tous tournèrent les yeux vers Furieuse Tempérance. Au terme de ce dernier et bref sursaut, la Licorne se retrouvait dans un état si pitoyable qu’il était pénible à regarder.

Son corps massif s’était craquelé et avait maintenant l’air grotesque d’un ballon dégonflé. Son beau pelage blanc avait brûlé jusqu’à se racornir, découvrant une colline dénudée, et à voir les endroits de son corps tachés de noir, du pus mêlé de sang avait dû s’en écouler avant d’être cuit par les flammes.

« Uwuk, uwuk, kuwuk, kuwuk ! »

Elle se mit même à vomir à sec tout en traînant ses quatre pattes. Il était facile de voir qu’elle n’était pas au mieux de sa forme. Le coup décisif de l’équipe d’expédition avait rempli son office.

Puis, comme pour confirmer cette hypothèse, les pattes de la Licorne fléchirent et elle s’affala.

Le visage de Chohong s’éclaira.

« Elle est morte ? »

« Aaaaaaaah ! Tais-toi ! Retire immédiatement ce que tu viens de dire ! »

Hoshino Urara piqua une crise dès que Chohong eut posé la question.

« T’avise pas de planter un putain de drapeau de la mort pareil ! »

« Quoi ? »

« Allez, quoi, si tu sors un truc pareil, ce salaud va revenir à la vie en disant un truc du genre “Uhahaha ! Pas mal pour une bande d’humains ! Je vais maintenant vous montrer ma vraie puissance !” Tu regardes jamais de films !? »

À ces mots, tout le monde se tut. Ils savaient qu’elle plaisantait, mais une part d’eux ne pouvait s’empêcher de donner raison à Hoshino Urara.

« … Il est impossible qu’il soit déjà mort. »

Baek Haeju soupira en observant la Licorne qui vomissait.

« Chaque Commandant d’armée des Parasites s’est vu conférer le pouvoir d’un dieu : on ne peut pas les prendre de haut. Même si, avec de la chance, on les accule au bord de la mort, ils peuvent toujours recourir à la Manifestation de la divinité en dernier ressort. »

« Ah, c’est vrai ! »

Hugo sursauta et demanda, effrayé :

« A-Alors on ne devrait pas se dépêcher de l’achever ? Avant qu’il utilise ce truc, la Manifestation de la divinité… »

« Non. »

Mais Baek Haeju secoua de nouveau la tête.

« Chaque Commandant d’armée a absorbé la divinité qu’on lui a donnée avec plus ou moins de succès. Plus la part qu’ils n’ont pas su digérer est grande, plus la déferlante de puissance est violente quand ils la libèrent. Il faut se méfier d’être emportés par cette terrible tempête. Je ne me souviens même plus combien de Terriens sont morts ainsi. »

À ces mots, la Licorne qui vomissait tressaillit. À voir son visage brûlé et couvert de cicatrices se tordre, elle devait avoir prévu de faire exactement cela.

« Espèce de… de… de sale petite garce lâche ! »

Elle tenta de se relever en titubant, mais finit par retomber. Hugo cria de nouveau :

« Alors qu’est-ce qu’on fait !? »

« On attend. Pour l’instant, reprenez votre souffle autant que vous le pouvez. »

Baek Haeju parla d’un ton ferme, comme si elle n’avait pas envie de s’expliquer davantage.

Il se trouvait que Seol Jihu avait dépensé toute sa puissance dans l’attaque précédente. Une courte pause ne le dérangeait pas.

Avec l’impression que l’intérieur de son corps était complètement vide, il reprit rapidement son souffle. Bientôt, une voix résonna dans sa tête.

— Comme vous pouvez le voir, c’est presque fini. Il nous suffit de forcer Furieuse Tempérance à libérer sa divinité, puis de nous enfuir.

À ces mots inattendus, tous les regards se posèrent sur Baek Haeju. Hugo s’apprêtait à poser une question sans aucun tact, mais Oh Rahee lui donna vivement un coup de pied dans le tibia pour le faire taire.

— Ce n’est pas pour rien que les Commandants d’armée ont leur divinité scellée.

— Chaque individu de chaque race a une limite bien nette en tant que réceptacle. Au départ, il est extrêmement difficile et rare qu’un mortel absorbe entièrement le pouvoir d’un immortel.

Comme le disait Baek Haeju, un Commandant d’armée ne libérait sa divinité qu’en cas d’absolue nécessité. Cela variait d’un Commandant à l’autre, mais ils ne pouvaient tenir que dix à trente minutes une fois la Manifestation de la divinité employée. Ce délai passé, il leur fallait de plusieurs mois à une année entière pour reconstituer leurs forces et récupérer.

Autrement dit, la Manifestation de la divinité était une compétence extrêmement peu rentable, qu’on n’employait qu’en dernier ressort.

— Mais une fois leur divinité entièrement libérée, leur force égalera réellement celle d’un dieu.

— Sans une équipe d’expédition composée de Niveaux 7 ou un dispositif de défense rivalisant avec la Forteresse de Tigol à son apogée, affronter un Commandant d’armée dans cet état ne vaut pas mieux qu’un suicide. Il faut fuir, au contraire.

— Mais cela signifie aussi qu’il nous suffit d’attendre que ce temps s’écoule. De plus, libérer sa divinité en pleine santé n’a rien à voir avec la libérer avec de telles blessures. Dans ce dernier cas, il ne pourra pas la maintenir aussi longtemps.

— Et puis, vu que Furieuse Tempérance porte le mot “furieuse” dans son nom, il y a de fortes chances qu’il perde la tête.

Seol Jihu hocha la tête. Baek Haeju disait qu’il fallait attendre que la Licorne libère sa divinité, se disperser et s’enfuir, puis revenir l’achever une fois son temps écoulé.

L’ennemi pourrait bien les maudire pour leur lâcheté, mais il ne pouvait y avoir de meilleure méthode pour eux.

Avec la Téléportation de Philip Muller à disposition, leur victoire était pratiquement assurée.

Bien sûr, dans un accès de rage, la Licorne pourrait choisir une ou deux cibles et les pourchasser, mais Seol Jihu chassa cette inquiétude. Il n’était pas en position de chipoter sur chaque éventualité.

Seol Jihu regarda Baek Haeju, qui prenait calmement de grandes inspirations. Il ne pouvait cacher sa surprise. Ce n’était pas un mensonge : elle avait plus d’expérience que n’importe quel Terrien. Le cours de la bataille s’était inversé en une seule attaque, exactement comme elle l’avait prévu.

Identifier avec justesse la faiblesse de l’ennemi en un si court échange, et proposer une solution efficace. Admirant cette aptitude, Seol Jihu raffermit sa résolution.

Faisons simplement tout ce que dit Mademoiselle Baek Haeju.

« Keuu… Keuuuu… ! »

La Licorne fusillait l’équipe d’expédition du regard en haletant lourdement. Elle aurait déjà dû libérer sa divinité à ce stade, mais elle devait hésiter, ayant compris le plan de Baek Haeju.

Elle se contentait de gratter de sa patte avant la pauvre terre innocente, pour gagner du temps. Voyant cela—

« … Même s’il est dangereux de l’approcher, on peut quand même l’attaquer de loin, non ? »

Marcel Ghionea braqua son arbalète. Crrrk. Dès qu’il eut tiré ses carreaux, les autres membres s’y mirent à leur tour.

Ayant récupéré un peu de mana, Seol Jihu forma plusieurs Lances de mana et les lança également.

Il savait que de telles attaques ne suffiraient pas à l’abattre. Ce n’était qu’une démonstration pour la forcer à se dépêcher de libérer sa divinité.

Vu la gravité de ses blessures, les attaques devaient tout de même la menacer, car la Licorne recula précipitamment. Mais elle retomba un instant plus tard et fut contrainte de se recroqueviller, comme un gamin martyrisé qui tente de se protéger des pierres.

Sans que personne s’en aperçoive, son corps avait rapetissé. Son état était pitoyable comparé à la fierté qu’elle affichait au début.

« Allez ! Dépêche-toi de libérer ta divinité ! »

« Tu sais que tu dois le faire ! Qu’on voie ce que t’as dans le ventre ! »

L’équipe d’expédition se mit à se moquer de la Licorne tout en lui envoyant sans relâche une attaque chargée de mana après l’autre.

« Heeeeu, heeeeeu ! Comment… comment ai-je pu… ! »

En réponse, la Licorne, recroquevillée et impuissante, releva la tête. Elle grinçait bruyamment des dents, et une hésitation amère passa sur son visage.

Bam !

« Uuk ! »

Mais après avoir été touchée par la Lance de mana de Seol Jihu, elle ne put plus le supporter et finit par parler.

« M-Merde ! A… Aide-moi ! »

Seol Jihu douta de ses oreilles.

Qu’est-ce qu’elle venait de dire ?

« P-Pourquoi tu restes là à regarder !? Tu n’avais pas dit que la Reine t’avait personnellement ordonné de venir !? »

C’est alors.

« … Quelle honte ! »

Une voix calme et argentine résonna.

Seol Jihu, qui s’apprêtait à lancer une autre Lance de mana, s’interrompit malgré lui.

Il n’était pas le seul. Chaque membre de l’équipe d’expédition cessa de bouger et se figea comme une statue.

Ce n’était pas seulement parce qu’ils avaient entendu une voix mystérieuse surgie de nulle part. C’était surtout à cause d’une présence effrayante qui venait soudain d’engloutir tout l’endroit.

« J’avais des doutes, mais hélas, l’inquiétude de la Reine n’était pas infondée. »

Seol Jihu leva les yeux, hébété.

Une silhouette portant deux cornes sur la tête et une longue queue qui partait de son postérieur flottait dans les airs, toisant fièrement le sol.

Plus précisément, elle fusillait du regard la Licorne, et non l’équipe d’expédition.

Depuis quand ?

Seol Jihu n’avait rien détecté du tout. Cela voulait dire aussi que personne d’autre n’avait remarqué cette existence, pas même Baek Haeju.

« Qui est-ce qui m’a dit de ne pas me mêler de ça ? N’as-tu pas dit que tu t’occuperais d’eux tout seul ? »

« C-C’est que… »

Tandis que les pupilles reptiliennes de ses yeux d’un jaune éclatant se fendaient à la verticale, la Licorne baissa furtivement le regard et détourna la tête.

« Hah, je te prenais pour un imbécile qui ne savait qu’être arrogant. Maintenant que ta vie est en danger, tu t’empresses de brader le peu de fierté qu’il te reste. Quelle honte. »

À cette sévère réprimande, le visage de la Licorne se tordit de honte et d’humiliation. Sa frustration sautait aux yeux.

L’existence nouvellement apparue ricana, puis releva sa chevelure couleur d’ivoire qui tombait en cascade.

L’équipe d’expédition, elle, était en pleine confusion. Personne ne parvenait à ouvrir la bouche, à cause de l’étrange chair de poule qui les saisissait.

La présence de cet être était plus grande que celle de toute autre existence qu’ils avaient rencontrée. Ils sentaient même une aura sans bornes, inestimable.

Cette puissance immense surpassait même celle de Roselle La Grazia et de Furieuse Tempérance.

Enfin, lorsque leurs regards se croisèrent…

« Fuyez ! »

Baek Haeju, qui avait gardé son sang-froid jusque-là, hurla à la surprise générale.

Puis elle bondit comme un tigre volant.

Sentant un flux d’air anormal, Seol Jihu tressaillit. Au moment même où une brise fraîche lui effleurait la nuque, quelqu’un tendit la main vers Seol Jihu depuis le ciel.

« Ak— ! »

L’instant suivant, il laissa échapper un glapissement. Se retournant par réflexe, il vit Baek Haeju, le bras levé. Sa main avait pris la forme d’une lame, comme si elle comptait frapper sa nuque.

Le problème, c’est qu’elle restait figée, sans rien faire.

Elle tremblait légèrement dans une position gauche, comme si quelque chose la ligotait et l’empêchait de bouger.

« L’assommer et fuir avec lui contre sa volonté… J’applaudis ta vivacité d’esprit. »

Avant que Seol Jihu ait pu comprendre ce qui se passait, la silhouette dans les airs poursuivit :

« Mais puisque j’ai reçu un ordre, je ne peux pas simplement le laisser partir. Maintenant que vous êtes venus jusqu’ici, vous allez devoir rester un petit moment. »

La silhouette referma sa paume ouverte.

« Kyaaeeu ! »

Le grognement de Baek Haeju s’amplifia. Ses bras et le reste de son corps commencèrent lentement à se contracter.

Lorsqu’elle parvint à grand-peine à secouer le bras, les sourcils lourdement froncés, la Lance de Tathagata tournoya en émettant une lumière verte. Cela avait dû la libérer, car elle expulsa le souffle qu’elle retenait. Pourtant, la grimace ne quitta pas son visage.

« Oho, comme on pouvait s’y attendre de quelqu’un dont le nom est bien connu même des Commandants d’armée. »

L’existence dans les airs sembla légèrement surprise. Elle retira la main qu’elle tendait et l’épousseta. Son expression mêlait l’amusement et l’éloge.

« … Impossible. »

À cet instant, Philip Muller, qui regardait la scène le visage abasourdi, ouvrit enfin la bouche. Son doute semblait être devenu réalité en voyant cette existence jouer avec Baek Haeju d’une seule main.

« Impossible, impossible… »

Sa voix sortait tremblante, sans même parvenir à former une phrase correcte. Il semblait rejeter la réalité, ou du moins prier pour qu’elle soit fausse.

Après un silence qui sembla durer une éternité, Philip Muller cracha les mots qu’il avait en tête.

« La Septième… Commandante d’armée… Bonté… pervertie… »

Bien qu’il eût bégayé, le silence absolu des alentours permit à ses mots de se faire entendre.

Les visages des membres de l’équipe d’expédition pâlirent.

On savait peu de choses de la Commandante de la Septième Armée, mais ils avaient assurément entendu certaines choses à son sujet.

Elle était le dernier Dragon du Paradis, la seule Commandante d’armée à avoir entièrement absorbé sa divinité, et la seule Commandante d’armée à ne mener aucune armée.

Face à sa présence, ils comprenaient maintenant que les rumeurs à son sujet n’étaient en rien exagérées. En entendant sa description, leur première réaction avait été un détaché Je veux bien le croire. Mais maintenant, ils sentaient pleinement à quel point cette existence était absurdement puissante.

Il en allait de même pour Seol Jihu.

Ils avaient bien envisagé la présence d’un second Commandant d’armée au Royaume des Esprits, mais maintenant qu’il se trouvait face à face avec Bonté pervertie, un sentiment de désespoir indescriptible déferla dans tout son corps.

Ils avaient surmonté de grandes difficultés pour trouver la source et traversé le Monde Astral pour arriver au Royaume des Esprits ; ils avaient dépensé des efforts considérables et étaient sur le point de neutraliser Furieuse Tempérance.

Mais la lueur d’espoir qu’ils avaient à portée de main venait brusquement de s’éteindre.

« Hmm, voyons voir. Lequel d’entre vous est… »

Et tout cela à cause de l’apparition de Bonté pervertie, la plus forte des sept Commandants, contre qui même le Commandant de la Première Armée, Diligence impérissable, était dit impuissant.


  1. Il s’avère donc que Bonté pervertie est une femme (et non un homme, comme je le pensais jusqu’ici). J’appliquerai ce changement à partir de maintenant. ↩