Seol Jihu sentit Maria trembler dans son étreinte. Chohong lui donna un coup de pied aux fesses.
« Oi, qu’est-ce que tu vas faire ? Dépêche-toi de te décider. »
« Tu dois être d’accord si tu as une conscience~ »
Hugo lui fit comprendre ce que Maria devait ressentir.
« Jha… »
« Jha ? »
« Jhakchèpte… bvien fur… »
Comme elle parlait les dents serrées, le groupe eut besoin d’un peu de temps pour comprendre ce qu’elle disait.
C’est ainsi que Flone en vint à recevoir une part du butin. Comme cela était pleinement justifié, c’était une méthode adaptée qui permettait d’étouffer toute controverse.
Seol Jihu gloussa, ne sachant pas que sa part du butin augmenterait de cette façon.
Teresa lui fit un clin d’œil discret, tandis que Maria pleurait. Elle devait être plus que bouleversée, car elle pleurait à chaudes larmes.
Seol Jihu éclata de rire en tapotant Maria qui se lamentait.
« Les choses ont fini par tourner de cette façon… mais je n’aurais jamais pensé que vous seriez le premier à en parler, Monsieur Kazuki. »
« Eh bien… j’ai essayé de faire de mon mieux, mais c’est la première fois que je m’en veux d’avoir pris ma part du butin d’une expédition. »
Kazuki répondit platement, puis jeta un coup d’œil à Seol Jihu.
« Maintenant que tu as obtenu le financement, vas-tu t’installer immédiatement à Eva ? »
« Oui. »
« Et tu vas créer une organisation à Eva ? »
« Probablement. »
« Auras-tu des équipes affiliées une fois que ton organisation se sera développée ? »
« Hein… ? Des équipes affiliées ? »
Seol Jihu posa une question tout en répondant nonchalamment. Il ne comprenait pas pourquoi Kazuki lui posait soudain toutes ces questions déroutantes.
« Pourquoi cette question ? »
Kazuki s’esclaffa.
« Aucune raison. »
« ? »
« C’est juste que, du point de vue d’une équipe, je me suis dit que ce ne serait pas mal de travailler sous les ordres d’un leader qui est juste dans le règlement des affaires personnelles. »
Il se retourna alors et commença à mettre en sac le butin qui était sorti. À cet instant, Maria, la larme à l’œil, demanda.
« Ah oui, grand frère, qu’est-ce que tu vas faire avec le coffre au trésor ? »
« Le coffre au trésor ? »
« Oui, oui. La lance est à toi, mais tu n’as pas encore ouvert le coffre. »
Seol Jihu fit Ah !. Il était tellement concentré sur le règlement des comptes qu’il en avait oublié le reste.
« Personne ne l’a encore ouvert ? »
« Il ne s’ouvre pas. »
Intervint Marcel Ghionea.
« Nous ne voyons aucun trou de serrure. Il ne bouge pas, même si nous essayons de l’ouvrir avec force. On dirait qu’il est fait pour absorber les chocs. »
[Hmph, bien sûr.]
Flone avait dû écouter, car sa voix résonna dans la tête de Seol Jihu.
[Les techniques secrètes de la famille sont là-dedans. Comment peut-il s’ouvrir si facilement ?]
Flone semblait savoir comment l’ouvrir, alors Seol Jihu décida de jeter un coup d’œil à la lance et au coffre.
L’annonce de Seol Jihu avait dû toucher Chohong et Hugo, qui présentèrent les objets avec respect. La première chose qui attira son attention fut évidemment le long objet enveloppé de tissu.
« Enlève le tissu et regarde. Je ne suis pas un expert en matière de valeur des armes, mais cet objet a l’air extrêmement précieux, même au premier coup d’œil. Il suffit de le regarder pour s’en rendre compte. »
Les paroles de Marcel Ghionea firent monter d’un cran les attentes de Seol Jihu.
Lance, lance…
Comme cette lance était l’un de ses principaux objectifs pour cette expédition, il ne pouvait s’empêcher d’être curieux à son sujet.
Ba-thump! Ba-thump! Son cœur battait la chamade.
Seol Jihu fit de son mieux pour calmer les battements qui secouaient tous ses organes et s’agrippa prudemment au tissu.
Il prit une grande inspiration. Puis, dès qu’il retira le tissu, la lance se révéla enfin.
Et Seol Jihu…
« … »
… Fixa la lance sans le savoir.
« … Ah !! »
Une exclamation d’admiration éclata un peu plus tard.
Jolie…
Sa première impression de la Lance de pureté, qu’il avait enfin pu voir, était qu’elle était jolie. Il savait que ce n’était pas un qualificatif approprié pour une arme, mais l’apparence extérieure de la lance était vraiment d’une beauté captivante. À tel point qu’il la confondit avec la silhouette d’une femme séduisante.
Après avoir dégluti bruyamment, Seol Jihu observa attentivement l’arme.
Tout d’abord, elle était extrêmement longue. La lame reflétant la lumière de la lune et émettant une lumière envoûtante, la longue hampe, semblable à une branche de saule, dépassait largement les 2 mètres et 40 centimètres.
Elle était bien plus grande que Seol Jihu.
La lance était d’un blanc transparent. Sans exagérer, sa clarté la rendait complètement transparente. On aurait dit qu’elle avait été créée en sculptant de la glace.
À part ça, deux éléments attirèrent son attention.
Le premier était que la lame de la lance elle-même mesurait 50 centimètres de long. La partie inférieure du cadre formant la lame était d’abord épaisse, puis de plus en plus tranchante, et deux lames en forme de croissant étaient attachées sur le côté de la lame. Quelle que soit la façon dont il la regardait, elle ressemblait à la hallebarde à deux lames en forme de croissant utilisée par le seigneur de guerre des Trois Royaumes, Lü Bu.
Deuxièmement, sept rainures circulaires étaient creusées sur la partie supérieure de la hampe. Y insérer les joyaux qu’il avait rangés dans son sac la rendrait sans doute encore plus belle.
C’est donc cette lance…
La Lance de pureté, que la déesse de la Chasteté — Castitas — aurait offerte à la maison Rothschear.
Seol Jihu n’en revenait pas.
Il déglutit bruyamment et examina la lance.
« Pourquoi ne pas lui donner un coup ? »
Marcel Ghionea suggéra de manière opportune, et Seol Jihu attrapa rapidement la lance avec une expression fascinée.
« ! »
Seol Jihu tressaillit. Au moment où il saisit l’arme, une énergie froide envahit son corps et lui piqua les os.
Bien que le froid disparût en un instant, il fut suffisant pour réveiller sa conscience.
Il reprit rapidement ses esprits et leva la lance, mais il fut à nouveau surpris.
C’est lourd ?
Une lourdeur qui dépassait son imagination la plus folle se faisait sentir dans ses mains.
Non— Ce n’est pas qu’elle est lourde.
Whoosh, whoosh! Il en fut certain une fois qu’il réveilla son mana et qu’il donna quelques coups avec force.
Plutôt que de lourdeur, il était plus juste de parler de résistance. En effet, la Lance de pureté lui résistait.
Qu’il porte un coup de pointe ou qu’il tranche, la lame de la lance s’éloignait de sa cible. Dans l’état actuel des choses, on ne pouvait pas parler d’une arme digne de ce nom.
Outre sa beauté, elle ne semblait pas avoir de pouvoir particulier non plus.
Il activa ses Neuf yeux pour s’en assurer, mais même l’Observation générale ne put lire ses informations.
Les yeux de Seol Jihu se rétrécirent.
L’Étoile de la luxure, Seo Yuhui.
Et l’Étoile de la paresse, Taciana Cinzia.
Ce n’était que la troisième fois qu’il ne pouvait pas voir la Fenêtre de statut avec la couleur verte.
Il avait une idée. Ces trois-là avaient un point commun : ils avaient reçu le pouvoir d’un dieu.
Seol Jihu était donc convaincu que cette lance était dotée d’un pouvoir divin. Mais il était également certain que la lance était inutile en l’état.
Dois-je faire une cérémonie pour être reconnu comme son propriétaire… ?
Que devait-il faire pour faire ressortir la force originelle de la lance ?
Les yeux de Seol Jihu se tournèrent instinctivement vers le coffre au trésor scellé. Pour une raison ou une autre, il avait l’impression que la solution à son problème s’y trouvait.
Cependant, c’était exactement ce que Marcel Ghionea avait dit.
« Keuk ! »
Le coffre refusait de s’ouvrir, peu importe les efforts qu’il déployait pour l’ouvrir. Alors qu’il était à moitié épuisé, Seol Jihu entendit un ricanement soudain.
Lorsqu’il regarda son pendentif, le bruit cessa immédiatement.
[Tu vois l’insigne au milieu, n’est-ce pas ? Essaie de mettre le pendentif à côté.]
« … Tu aurais pu me le dire plus tôt. »
[Désolé, désolé, c’était trop drôle de te voir lutter pour l’ouvrir…]
Seol Jihu fit claquer ses lèvres avant de s’agenouiller et de placer le pendentif à côté de l’insigne de la maison Rothschear.
Ensuite, une lumière mystérieuse jaillit soudainement de l’insigne…
Clunk !
Et le coffre s’ouvrit, juste comme ça.
« Oh ! Il s’est ouvert ! »
« Quoi ? Quoi, quoi ? »
Les membres de l’équipe d’expédition se serrèrent les uns contre les autres et jetèrent un coup d’œil en direction du coffre.
Bientôt…
« Eh ? Qu’est-ce que… ? »
Maria s’interrompit avec un air très déçu. Mais elle avait peut-être raison, car le contenu du coffre était bien plus petit qu’envisagé.
À l’intérieur se trouvaient deux livres abîmés et une petite boîte en bois.
Des caractères qu’ils n’avaient jamais vus auparavant étaient écrits sur les livres décolorés, mais la synchronisation avait dû faire son effet, car ils s’étaient rapidement mis à bouger et à se transformer en langue terrienne.
Phi Sora fronça les sourcils.
« Cœur vertueux ? Technique de la Lance du Croissant ? Qu’est-ce que c’est que ces noms de syndrome de collège ? »
[T’as dit quoi là ?]
Flone se mit en colère.
Seol Jihu quitta le livre des yeux et prit la boîte en bois.
Clic.
Une fois ouverte, une lumière rouge s’échappa doucement de l’interstice. Ce qui apparut en dessous était quelque chose de tout à fait inattendu.
Hugo laissa échapper un petit rire vide.
« … Qu’est-ce que c’est que ça ? Un œuf ? »
Comme il l’avait dit, un œuf ovale était placé dans la boîte en bois. Pour être plus précis, la surface lisse du petit œuf, qui ressemblait à un jade rouge, émettait une délicate lumière écarlate.
Bon sang.
Mettant les deux livres de côté, Seol Jihu ne put que soupirer, car il n’avait aucune idée du lien entre l’œuf et la Lance de pureté.
[Castitas, la déesse de la chasteté, a offert à la famille un artefact sacré, la Lance de pureté, qui abritait l’esprit élémentaire Arcus. La famille fut donc appelée la Lance de l’Empire…]
[On dit qu’ils sont protégés par un Phénix gardien mythique qui symbolise la joie.]
C’était ce qui était écrit dans les archives historiques.
« Lance de l’Empire… Dois-je éveiller l’Esprit Arcus et être reconnu ? »
Alors qu’il se lamentait sur sa situation actuelle…
[Eh ? Tu étais au courant ?]
La voix de Flone retentit.
« Comment ça, j’étais au courant ? »
[Tu l’as dit à l’instant : tu dois obtenir la reconnaissance du Phénix.]
« Hein… ? J’ai pas parlé de l’Esprit Arcus ? »
[Hm ? Comment ça ? L’Esprit Arcus est un Phénix.]
Quoi ?
Seol Jihu dut réorganiser ses pensées à cause de la réponse confuse de Flone.
Cela signifie… que les deux ne font qu’un ?
D’autres questions affluèrent dans son cerveau, mais il décida de poser d’abord la question la plus urgente.
« Flone, sais-tu comment éveiller cet Esprit Arcus Phénix ? »
[Il faut le faire éclore.]
Seol Jihu devint hébété. Cela faisait une série de révélations stupéfiantes. Un esprit n’était pas un oiseau, alors comment était-il censé le faire éclore ?
[Utilise ça.]
Le pendentif cliqueta, pointant l’œuf rouge.
Seol Jihu cligna des yeux.
En même temps que le règlement des comptes, la distribution des biens s’acheva. Seol Jihu partagea le butin selon la règle qu’il avait établie avant l’expédition, avec une portion supplémentaire pour Flone.
Il ramena chez lui quatre lingots d’or, 178 œufs d’or, 267 morceaux d’argent, 12 444 pièces d’argent, 1 200 gemmes et 20 offrandes. La Lance de pureté et le contenu du coffre au trésor lui appartenaient également.
Bien que ses camarades n’aient reçu que la moitié de sa part, cela ne changeait rien au fait qu’il s’agissait d’une somme incroyable.
Une fois le difficile règlement terminé, un dîner tardif et une petite fête éclatèrent. Les membres de l’expédition mangèrent et burent à satiété et bavardèrent avec enthousiasme.
« De l’équipement, c’est sûr ! »
Hugo prit la parole avec un visage sévère et sérieux.
« Je vais me rendre à Shéhérazade dès mon retour à Haramark. J’irai à l’hôtel des ventes et je m’équiperai de matériel digne d’un Haut Rang. Avec des objets d’exception, rien de moins. »
« Ha ! »
Chohong ricana.
« Des objets de Niveau 5 d’exception ? Hilarant. »
« Y’a quoi de drôle ? »
« Tout d’abord, tu ne sais même pas s’il y en aura à vendre, et bien, admettons qu’il y en ait. Tu vas dépenser tout l’argent que tu as gagné ? Pourquoi tu n’essaies pas d’économiser au moins un peu ? »
« Pourquoi tu te plains que je dépense mon propre argent ? »
« Tu as raison. »
Chohong accepta volontiers, puis sourit.
« Mais, en tant que Haut Rang, c’est un peu disgracieux de voir un Niveau 4 déblatérer sur des objets de Haut Rang. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
Hugo lui jeta un regard furieux. Cependant, il sourit rapidement et se tourna sur le côté. Dès qu’il vit Seol Jihu assis à l’opposé, se réchauffant près du feu de camp, il se jeta sur lui.
« Seooooool ! »
« !? »
Soudainement étreint par une grande silhouette, Seol Jihu sursauta d’effroi.
« Q-Quoi ? »
« Seol ! Seooooool ! »
Hugo était déterminé.
« Je suis désolé~ Ne m’abandonne pas~ Huaaang~ »
Il s’accrocha à la taille de Seol Jihu et fit semblant de pleurer.
« Je t’écouterai toujours à partir de maintenant~ Ne me jette pas~ Huaaaang~. »
Puis il s’arrêta brusquement de parler et opéra un demi-tour.
Teresa se couvrit la bouche et éclata de rire.
Chohong avait la bouche fermée, regardant Hugo comme pour le tuer. Ses joues rougirent et elle commença à trembler.
Hugo sourit.
« Je n’ai pas dit c’était le rêve de qui ! »
« Espèce de salaud… »
« Hein ? Qu’est-ce que c’était ? Tu veux en dire plus ? Tu veux que j’entre dans les détails ? »
« Keuk ! »
Chohong serra les dents. Hugo prit des airs et lâcha Seol Jihu.
« Ne fais pas l’effrontée à présent. Si tu le fais, boum ! Je vais juste… ! Tu vois ? »
Étonnamment, Chohong resta silencieuse, même si son visage se tordait de fureur.
Seol Jihu gloussa en regardant la scène se dérouler. D’un autre côté, il ressentait une étrange impression de déjà-vu. Il avait l’impression d’avoir vécu une situation similaire.
Dans mon rêve.
Seol Jihu fixa Maria, qui était occupée à faire tourner les perles de son boulier.
Cette nuit-là, l’équipe de l’expédition fit la fête jusqu’à ce qu’elle s’endorme.
Après s’être assuré que Maria s’était endormie, il demanda aux deux veilleurs de nuit de bien guetter avant d’utiliser les sacs contenant l’héritage comme lit.
Le lendemain matin, il faillit hurler en se réveillant.
Les sacs étaient en bon état.
Mais Maria avait dû se réveiller avant lui, car elle était accroupie à proximité, surveillant de près les sacs.
Les yeux injectés de sang.