Une lumière intense jaillit du tas de pierres, et le pendentif se mit à briller de la même couleur en réponse. Les deux objets pulsèrent follement, comme s’ils étaient en résonnance.
Mais c’était tout.
Seol Jihu attendit un peu, s’attendant à un phénomène quelconque, mais le dolmen et le pendentif continuèrent à clignoter.
Un silence de mort régnait dans la zone.
Murmurant entre eux, les membres de l’expédition s’approchèrent des pierres. En y regardant de plus près, il s’agissait de pierres normales, érigées en forme de dolmen. Il n’y avait aucun symbole sur leur surface, ce n’était que des pierres ordinaires.
« Devrions-nous essayer de creuser ? »
Suggéra soudain Chohong.
« Ça ressemble à un dolmen. Ça signifie qu’il pourrait s’agir d’une sorte de tombe. Y’aurait pas des objets funéraires enterrés en dessous ? »
C’était une bonne idée, surtout si l’on considérait que c’était Chohong qui l’avait formulée. Après tout, les artefacts étaient généralement enterrés sous le sol.
Seol Jihu jugea la suggestion raisonnable et demanda aux autres d’essayer de creuser autour des pierres. L’équipe d’expédition s’attela à la tâche sans se plaindre.
Quelques instants plus tard.
« Whooaa ! »
S’exclama Hugo.
Seol Jihu, qui avait creusé le sol avec sa lance, leva les yeux.
Hugo se pavanait avec une longue lance dans une main.
« C’est une lance ! Une lance ! Elle a pas l’air incroyablement chère ? »
Teresa cria à son tour.
« Kyaa ! Un coffre ! C’est un coffre au trésor ! »
Les yeux de Seol Jihu s’écarquillèrent.
Jackpot.
Les résultats des fouilles de la zone se résumaient à ce seul mot. C’était le plus gros jackpot de l’histoire du Paradis.
Sans parler de la Lance de la Pureté, il y avait de nombreux coffres au trésor débordant d’or et d’argent. Si l’on y ajoutait les offrandes et les décorations qu’ils avaient trouvées, la valeur totale était tout simplement incommensurable.
Après avoir fait le tour de leur récolte, l’équipe d’expédition quitta la Pagode des Rêves le sourire aux lèvres.
Ils n’avaient pas vu de pagode ni rien qui ressemblait à une petite tour, mais cela n’avait pas d’importance.
Ils avaient obtenu un résultat époustouflant, alors une simple pagode valait-elle encore la peine d’être mentionnée ?
L’équipe d’expédition revint donc de la région interdite, reçut la purification de la Fée du Ciel, fit ses adieux à Yuirel et reprit le chemin du retour.
Leurs sacs étaient lourds, mais leurs pas étaient légers.
Désireux de rentrer au plus vite, l’équipe d’expédition marcha longtemps avant de s’arrêter tard dans la nuit pour installer son campement.
Cette nuit-là, Chohong caressa un coffre au trésor tout en parlant d’un air rêveur.
« Que devrais-je faire en arrivant… Ehhehehe ! »
« J’achète de l’équipement ! Je vais directement à l’hôtel des ventes de Shéhérazade pour m’enduire tout le corps de l’équipement le plus cher que je puisse trouver ! »
S’écria Hugo avec passion, comme un garçon perdu dans ses rêves.
L’équipe d’expédition mangea et but joyeusement jusqu’au petit matin, chacun gazouillant sur ce qu’il ferait des récompenses de l’expédition.
Le matin venu, l’ambiance de l’équipe d’expédition tomba au plus bas. Non, il s’agissait plutôt d’une poudrière au bord de l’explosion.
Il n’y avait qu’une seule raison à cela.
Une seule nuit s’était écoulée, mais tout le butin de la Pagode des Rêves avait disparu comme par enchantement.
Tout avait disparu sans qu’il ne reste une seule pièce d’or.
La coupable était Maria Yeriel.
Ce ne pouvait être qu’elle, puisqu’elle était introuvable à leur réveil.
« C’est vrai ? ! »
Chohong explosa de colère.
« Cette salope de Prêtresse s’est enfuie avec tout ça ? Elle est folle, cette pute ? »
« Ce n’est pas impossible. »
Kazuki fit remarquer avec un visage solennel.
« Elle aurait pu avoir un sac magique de haute qualité avec elle. Il ne serait pas étonnant qu’elle l’ait fait, puisqu’elle amasse toujours de l’argent comme une grippe-sou. »
« Putain ! Cette chienne bonne à rien ! Elle est rien d’autre qu’une puce, même si elle s’enfuit ! Elle ose s’enfuir avec les récompenses de l’expédition ? Dès que je l’attraperai, sa tête… ugh ! »
Chohong resserra sa prise autour de l’Épine d’acier, les yeux rouges.
« Il n’y a pas de temps à perdre. Kazuki ! Qu’est-ce que tu fais ? Dépêche-toi de la pister. »
« Bien sûr ! »
Kazuki répondit d’une voix froide avant de se tourner vers Seol Jihu.
Seol Jihu était d’accord avec eux, mais son cœur était en plein chaos.
J’ai cru en elle…
Il savait qu’elle aimait l’argent avec une obsession maniaque, mais il pensait toujours qu’elle était loyale.
Mademoiselle Maria…
L’équipe de l’expédition poursuivit Maria de toutes ses forces.
Au début, ils gagnaient du terrain, mais au bout d’un jour, ils ne purent qu’abandonner.
Ses traces avaient disparu.
Pour être exact, les pas de Maria avaient disparu, remplacés par d’interminables traces de carrosses. Elle avait dû avoir de la chance et monter dans un carrosse qui passait par là.
L’abattement que l’équipe de l’expédition ressentit à ce moment-là ne pouvait pas être décrit avec des mots.
Une fois arrivés à Eva, ils passèrent la ville au peigne fin comme s’ils chassaient des puces, au cas où, mais ils ne trouvèrent pas un seul cheveu de Maria.
Qu’elle soit retournée sur Terre ou partie dans une autre ville.
Elle avait disparu.
Finalement, l’équipe d’expédition abandonna la poursuite et reprit le chemin d’Haramark, dépité.
C’était une évidence, mais les membres de l’équipe n’avaient pas le moral.
Seol Jihu tenta de se ressaisir en se rappelant constamment qu’il ne s’agissait que d’une partie de l’héritage et qu’il en restait encore quatre.
Mais ce qui attendait Carpe Diem à Haramark n’était qu’une nouvelle tragique, comme un coup de tonnerre.
C’était la nouvelle de la mort de Seo Yuhui, de Jang Maldong et des frères et sœurs Yi.
Seo Yuhui était tombée dans une embuscade alors qu’elle priait au temple et avait été sauvagement assassinée.
Jang Maldong et les frères et sœurs Yi furent retrouvés morts à la Montagne rocheuse de l’Énorme Pierre. Le coupable demeurait inconnu.
À l’arrivée de l’équipe d’expédition, ces affaires avaient déjà été étouffées.
Seol Jihu pleura.
Il pleura toute la journée, enfermé dans sa chambre.
Ce n’était pas comme si l’idée qu’il devait faire quelque chose ne lui traversait pas l’esprit, mais son cerveau s’était arrêté de fonctionner à cause de l’impact des accidents soudains.
Pendant ce temps, ses camarades commençaient à disparaître les uns après les autres.
Chohong et Hugo étaient partis en disant qu’ils allaient se venger, et toutes les nouvelles les concernant furent coupées à partir de cet instant.
Marcel Ghionea et Phi Sora avaient dû partir sans rien dire ; à un moment donné, ils devinrent introuvables.
Le temps que Seol Jihu reprenne ses esprits, il était seul.
Il se recroquevilla dans un coin du bureau et regarda la pièce d’un œil morne.
Le bureau qui avait toujours senti l’odeur des gens et qui était autrefois animé était dorénavant morne et désolé.
Son visage fatigué, taché de larmes, se crispa de détresse.
Pas possible…
Comment les choses avaient-elles pu en arriver là ?
Seol Jihu baissa la tête devant l’inconcevable réalité.
« Pathétique. »
Il entendit soudain une voix familière au-dessus de sa tête. C’était la voix de Teresa.
« Pourquoi es-tu comme ça pour la mort de quelques Terriens ? J’ai du mal à croire que tu sois un héros de guerre. »
Quelques-uns ?
Ses yeux s’écarquillèrent.
Seol Jihu ouvrit involontairement les yeux en signe d’incrédulité, incapable de croire que c’était Teresa qui tenait de tels propos venimeux.
Mais au lieu de Teresa, il trouva Hao Win debout devant lui.
« Tu es une véritable épave maintenant. »
Hao Win se retourna après avoir craché une courte phrase.
« Je t’ai mal jugé. »
Seol Jihu regarda stupidement le dos de Hao Win franchissant la porte. Sans parler de le rattraper, il ne pouvait même pas rassembler l’énergie nécessaire pour l’appeler.
Seol Jihu essaya tardivement de bouger, mais il ne savait pas quoi faire.
Il se souvint finalement de Kim Hannah et tenta de l’appeler, mais elle ne décrocha pas.
En fin de compte, tout le monde l’avait quitté. Les fils des relations qu’il avait noués au Paradis étaient tous coupés.
Il n’y avait plus de larmes dans ses yeux.
Ils sont tous partis…
Seol Jihu se caressa la tête.
C’est un rêve.
Il s’agenouilla et se frappa le front contre le sol à plusieurs reprises.
Un rêve ! Tout cela n’est qu’un rêve !
Il ne savait pas ce qu’il faisait lui-même. Il se contentait de crier dans son esprit que tout cela n’était qu’un rêve, tout en se frappant la tête contre le sol. Et alors que Seol Jihu se noyait dans le désespoir, refusant d’accepter la réalité…
« Heuk— ! »
Seol Jihu se leva brusquement de son lit en état de choc.
Une lumière vive lui piqua les yeux.
Il cligna rapidement des yeux, et sa vision floue s’éclaircit peu à peu.
En regardant autour de lui, Seol Jihu afficha une expression choquée, comme s’il n’y avait rien de plus absurde que ce qu’il voyait en ce moment.
Un lustre de cristal suspendu au plafond et plusieurs dizaines de tables vertes. Et les nombreuses personnes assises devant ces tables.
C’est…
Seorak Land.
C’était le casino que Seol Jihu avait fréquenté autrefois. Alors qu’il était encore abasourdi, Seol Jihu sentit soudain quelqu’un lui tenir le bras et l’aider à se relever.
« Mon ami, tu es fou ! »
Une voix âgée. Un homme d’âge moyen lui soutenait le bras. C’était un visage qu’il avait déjà vu plusieurs fois.
« Même si tu es accro au jeu, comment peux-tu t’endormir en plein milieu d’une partie ? Il faut aussi penser aux autres ! »
Seol Jihu écarquilla les yeux.
Il n’avait absolument aucune idée de ce que l’homme était en train de dire.
« Allons, allons. Va te rafraîchir avec un peu d’air frais à l’extérieur. Il serait préférable que tu dormes un peu. Tes yeux sont injectés de sang. »
« N-Non. »
Alors que Seol Jihu bégayait encore, l’homme d’âge moyen entraîna le jeune homme à l’extérieur.
Après avoir été poussé de force hors du casino, Seol Jihu se figea comme une statue.
Il se pinça les joues, mais son esprit resta clair.
L’air froid du matin qu’il sentait sur sa peau ne pouvait pas être plus réel.
Comme l’avait dit l’homme d’âge moyen, il s’était endormi en jouant à un jeu.
Donc ?
Un rêve ?
L’année qu’il avait passée au Paradis, tout ça ? Tout n’était que quelques minutes d’un rêve éveillé ?
C’est impossible !
Seol Jihu s’empressa de fouiller ses poches. Mais ses mains ne trouvèrent qu’un portefeuille, quelques pièces de monnaie et son téléphone.
Il ne trouva pas le moindre papier, même en retournant ses poches à l’envers.
« Le Paradis ! »
Il essaya de crier au cas où.
Il sentit sa poitrine s’affaisser.
« Gula ! Ira ! Luxuria ! Invidia ! Haramark ! Shéhérazade ! Reine des Parasites ! »
En raison du contrat, il ne pouvait prononcer à haute voix aucun mot relatif au Paradis sur Terre.
C’était censé être le cas, mais il pouvait entendre tous les mots résonner très clairement dans ses oreilles.
Non. Ce n’était pas possible. Ça ne devrait pas être ainsi.
« Taxi ! »
Seol Jihu monta immédiatement dans le taxi et se rendit dans son quartier.
Mais la réalité ne changea pas.
Il s’arrêta au milieu du trajet pour passer au restaurant de la station de l’Université Hongik, mais Phi Sora était introuvable. D’ailleurs, aucun des employés ne la connaissait non plus.
De retour dans son ancienne chambre, Seol Jihu resta hébété devant le spectacle qui s’offrait à lui.
Une décharge.
C’était comme ça à l’époque où il avait sombré dans le jeu.
« Haha… Hahaha… »
Ses yeux étaient devenus brûlants alors qu’il se tenait là, fixant la pièce. Les larmes qu’il pensait avoir séchées commencèrent à couler sur son visage.
Le Paradis… n’existait même pas à l’origine ?
Un dernier lieu de refuge que Seol Jihu avait à peine trouvé et où il avait reconstitué sa vie.
L’endroit où il pouvait rester avait disparu comme un mirage.
Ce fait avait provoqué un désespoir énorme et sans fin chez Seol Jihu.
Et finalement, lorsque Seol Jihu n’en put plus et qu’il baissa la tête après être tombé à genoux.
Tling !
Un bruit de métal et une légère sensation sur son cou furent perçus.
Alors que Seol Jihu regardait inconsciemment vers le bas, une lueur apparut soudain dans ses yeux.
Un pendentif était tombé dans le couloir, son bijou pulsant de lumière.
Hein… ?
À cet instant.
[Heeeeeeey !]
Une voix qu’il avait complètement oubliée se heurta à ses oreilles.
Seol Jihu plissa les yeux par réflexe avant de retenir son souffle.
[Reprends-toi ! Vite !]
La voix qui criait n’était autre que celle de Flone.
« F-Flone ? »
[Vite ! Vite ! C’est dangereux !]
Il ne comprenait pas ce qu’elle disait, mais quoi qu’il en soit, elle avait l’air extrêmement pressante. Alors que Seol Jihu se tenait debout, hébété, sa voix continuait.
[Tu m’écoutes ? Tu m’entends ? Eh bien, écoute attentivement. Tu penses que le monde dans lequel tu te trouves est réel, n’est-ce pas ?]
« Hein ? Eh bien, c’est… »
[Ce n’est pas le cas. Tu penses peut-être ça, mais ce monde n’est absolument pas réel. Tu es à l’intérieur d’un rêve. Tu es en train de rêver au milieu d’une expédition !]
« … »
[Ça peut paraître incroyable, mais tu dois me croire. Les rêves sont comme ça. On peut les trouver ridicules au réveil, mais on ne s’en rend pas compte quand on est dedans.]
Flone parlait très calmement, même si elle parlait vite.
[Réfléchis bien. N’y a-t-il pas quelque chose que tu as vécu et qui t’a semblé anormal ? Rien du tout ?]
La bouche de Seol Jihu s’ouvrit lentement.
[Tu m’entends, n’est-ce pas ? S’il te plaît, réveille-toi ! Tu es en très grand danger ! Tu es sur le point de mourir de suffocation… !]
Le pendentif rebondit de haut en bas. Seol Jihu saisit instinctivement le bijou.
Maintenant que j’y pense…
Il ressentit soudain une forte incongruité après avoir entendu les paroles de Flone.
Le pendentif, tout d’abord. Le fait qu’il puisse parler du Paradis signifiait qu’il n’y était jamais entré.
Mais comment pouvait-il conserver un objet du Paradis ? Son esprit brumeux s’éclaircit soudain. Et enfin, tous les doutes disparurent de ses yeux. Il regarda lentement, extrêmement lentement, autour de lui.
En commençant par Flone…
Il n’était pas en train de nier la réalité comme il l’avait fait lorsqu’il était tombé dans le désespoir au Paradis.
Au moment où il douta de son rêve…
« Keuk— ! »
Seol Jihu ouvrit les yeux.