Chapitre 212. Un gain inattendu (3)

Après avoir accepté l’offre de Yuirel, Seol Jihu ordonna à l’équipe d’expédition d’établir un camp autour de la zone. Maintenant qu’il avait la permission de la Fédération, il n’avait plus aucun scrupule à rôder autour de la région frontalière.

Il était plutôt chanceux que les Fées des Cavernes soient venues le saluer.

Dernière race admise par la Fédération, les Fées des Cavernes privilégiaient les sentiments à la raison. Le comportement de Yuirel en était le parfait exemple. Il était clair qu’elle était venue par curiosité personnelle et pour s’amuser plutôt que pour les surveiller.

Seol Jihu décida d’utiliser cette situation à son avantage. Yuirel n’était pas une fée ordinaire, mais la générale des fées qui était censée superviser toute sa race. Former une bonne relation avec elle semblait être dans son intérêt.

Comment dois-je la traiter ?

Après mûre réflexion, Seol Jihu décida d’opter pour un dîner qui mettrait en valeur ses talents, mais qui ne mettrait pas l’autre partie mal à l’aise.

Il se trouve qu’il avait les parfaits moyens, car il avait apporté toutes sortes d’ingrédients alimentaires lors de son dernier voyage sur Terre.

Juste faire des ramens ne suffirait pas.

Il sourit en sortant des nouilles de son sac.

Après avoir découpé du bœuf assaisonné de sel, fait frire des œufs et les avoir hachés, coupé des champignons et des courgettes, Seol Jihu sortit les nouilles bouillies, les plaça dans des bols vides, puis les garnit de légumes.

Il versa ensuite le bouillon préparé avec de la sauce soja, du varech, des oignons verts et du vin de riz raffiné. Une fois qu’il ajouta des graines de sésame moulues mélangées à du sel et du kimchi préparé, les nouilles du banquet extravagant étaient prêtes.

Il s’était donné beaucoup de mal pour préparer ce repas qui, même à ses yeux, avait l’air délicieux.

Le repas fut un succès total, et un tollé s’éleva dans le camp.

« Incroyable ! C’est incroyable ! Ah ! Je tuerais pour un autre bol ! »

Hugo engloutit les nouilles à toute vitesse. Il était en fait un aspirateur vivant.

« Kyaa ! Le bouillon a un goût inoubliable ! »

Chohong hurla avec un grand sourire.

Seol Jihu sourit.

« C’est bon, non ? »

« Oui ! Il a un goût vraiment rafraîchissant ! Kyaha ! »

Chohong gloussa comme une idiote et engloutit le bouillon dans le bol.

« … Je comprends pas ! »

Phi Sora s’affairait elle aussi à bouger ses baguettes, penchant la tête à chaque dégustation.

« Argh, il n’a vraiment pas mis de drogue là-dedans ? D’habitude, je déteste les nouilles ! »

« Putain, putain ! »

Maria fit de même.

Seol Jihu se frotta le menton de satisfaction en regardant ses camarades apprécier le repas plus qu’il ne l’avait imaginé. Il envisagea alors sérieusement d’ouvrir une boutique de nouilles au Paradis une fois que tout serait terminé.

[He-eh. Ça a l’air bon !]

« Flone ? »

Seol Jihu baissa les yeux en un instant. Une petite bouffée de fumée sortait du pendentif. Elle avait dormi tout l’après-midi, mais l’odeur de la nourriture l’avait réveillée.

« Tu veux goûter ? »

[Un. Je n’en avais pas l’intention au début… mais tout le monde a tellement l’air de se régaler.]

À en juger par son ton suppliant, il semblait qu’elle voulait vraiment y goûter maintenant.

« Bien sûr, tu peux avoir un bol aussi. »

[Heehee.]

Après avoir servi un bol à Flone, Seol Jihu se tourna vers les membres de la Fédération. Ses nouilles étaient peut-être bonnes pour les humains, mais il n’était pas sûr que les membres d’une autre race les apprécieraient également.

Cependant, il se rendit vite compte que son inquiétude n’avait pas lieu d’être.

Haeryeo et Haeya avaient pratiquement la tête dans leur bol, et leurs queues tournoyantes montraient à quel point elles aimaient ça.

Quant à Yuirel…

Slurrrpprprp !

« … »

Elle émettait un son incroyable en enfournant les nouilles dans sa bouche. Sa bouche semblait trop petite pour tout faire entrer, mais elle y parvenait et avalait même avec succès.

En la voyant envelopper le dernier morceau avec du kimchi, Seol Jihu sursauta.

E-Elle sait vraiment comment manger.

« Délicieux ! »

Après avoir fini son bol en un clin d’œil, Yuirel se tourna vers Seol Jihu et poussa son bol vers l’avant.

« Je vais prendre un autre bol ! »

On aurait dit qu’elle disait dépêchez-vous de resservir plutôt que donnez-m’en plus.

Heureusement que j’ai préparé beaucoup de bouillon.

Seol Jihu hocha la tête en remettant des nouilles dans la marmite. En tout cas, Yuirel avait vraiment bien mangé.

Si elle joue dans un mukbang, elle fera fortune grâce aux dons…

Utiliser un cristal de communication pour diffuser un enregistrement de Yuirel en train de manger dans toutes les régions du Paradis. Ne serait-ce pas là une excellente publicité ?

Pendant que Seol Jihu réfléchissait à son idée d’entreprise, Yuirel mangeait somptueusement.

Gloups, gloups !

« Puha ! »

Yuirel s’exclama avec délectation après avoir englouti le bouillon. Ce n’est qu’après avoir fini quatre bols qu’elle tapota son ventre gonflé. Elle s’assit, rassasiée et satisfaite, puis hocha la tête en disant : « Comme je le pensais. »

Elle poursuivit.

« Les humains sont de si belles créatures… »

Seol Jihu sourit ironiquement. C’était un compliment excessif pour de simples nouilles de banquet.

« Nous ne pouvons pas nous en passer en une si belle journée ! »

Yuirel fouilla autour de sa taille, puis sortit une gourde en cuir.

« Oh ? Moi aussi, moi aussi ! »

Hugo se leva en voyant l’alcool, puis jeta un coup d’œil pour vérifier la réaction de Seol Jihu. Puisqu’il s’agissait d’un endroit où ils pouvaient améliorer leur relation, Seol Jihu se dit qu’il n’y avait pas de mal à se lâcher un peu et hocha la tête.

« Ne bois pas trop quand même. »

« Vous ne voulez pas prendre un verre vous aussi ? »

demanda Yuirel après avoir versé l’alcool à Hugo. Seol Jihu ne dit pas non.

« C’est ma liqueur préférée, le vin d’araignée au miel clair. »

« Du vin d’araignée au miel clair ? »

« C’est fait à partir de la fermentation des fils d’araignée. Ça devrait être bon. »

Yuirel répondit en versant un liquide blanc et visqueux dans un verre.

« Tenez. Goûtez. »

« Merci ! »

Le vin avait vraiment une saveur unique. Comme il était très visqueux, il voulait le garder dans sa bouche. Lorsqu’il le fit glisser dans sa gorge, l’odeur savoureuse du lait se répandit.

« Seol. Non, Seol Jihu, quelle est la signification de cet acte ? »

« ? »

« Pourquoi avez-vous placé vos mains sous le verre et incliné votre tête en arrière pour boire ? Est-ce que c’est l’étiquette des Terriens en matière de boisson ? »

« Ah, oui. »

Seol Jihu répondit.

« Cela ne veut rien dire de spécial, mais j’ai appris dès mon plus jeune âge que je devais faire cela lorsque je buvais avec un aîné. »

« Hoh ! Et de qui avez-vous appris cela ? »

« Mon père. »

« Aha… Je vois. Excellent, vraiment excellent ! Aîné, vous dites ! Haha ! »

Yuirel éclata à nouveau de rire. Elle avait l’air extrêmement heureuse pour une raison ou une autre.

Seol Jihu pencha la tête, mais il semblait que l’appeler son aînée fonctionnait à merveille.

Les Fées des Cavernes étaient une race qui accordait autant d’importance à la hiérarchie qu’à l’armée. Elles se souciaient naturellement beaucoup de la vertu du commandement et de la discipline, et étaient assez strictes pour exécuter quiconque se mutinait ou faisait preuve d’insubordination.

Alors comment Yuirel pouvait-elle ne pas être heureuse d’être invitée à dîner et même d’être traitée en aînée devant ses subordonnés ?

Sans compter que c’était de la part du héros de l’humanité, qui avait tué le Commandant de la Première Armée !

« Une nuit silencieuse au clair de lune, un repas succulent et un nouvel ami ! Quelle merveilleuse journée ! »

Yuirel prit un verre et pencha la tête dans un éclat de rire.

Elle est plutôt cool.

Seol Jihu avait l’impression qu’elle s’entendrait bien avec Hao Win.

Yuirel posa son verre en rotant.

« Ah oui, vous avez dit que vous vouliez me demander quelque chose, non ? »

Ils passaient maintenant aux choses sérieuses.

« Allez-y, je répondrai à la plupart des questions. »

On aurait vraiment dit qu’elle répondrait à presque tout. Comme Seol Jihu avait plusieurs questions à poser, il prit un moment pour organiser ses pensées.

D’abord.

« Pourquoi avez-vous dit que nous ne devions pas dormir avant de vous trouver ? »

« Parce que vous rêveriez si vous dormez. »

Yuirel répondit avec clarté avant de pointer du doigt sur le côté.

« Ces deux-là. »

Haeryeo et Haeya s’étreignaient en dormant.

« Ces petits effrontés ont brisé le tabou et sont entrés dans la zone interdite. Dès qu’ils y ont mis les pieds, ils ont été maudits par la magie et la sorcellerie. Le plus important, c’est que cette malédiction est contagieuse. Elle peut se propager à toute personne se trouvant à proximité. »

La mâchoire de Seol Jihu se décrocha.

« Ah, c’est donc pour cela que vous nous avez dit de ne pas bouger… Alors ce rituel devait servir à lever la malédiction. »

« Exactement. »

« J’ai entendu dire que Haeryeo et Haeya avaient suivi les Fées du Ciel pour assister à leur rituel… Cela signifie-t-il qu’elles sont allées lever la malédiction dans la pagode ? »

En vérité, c’était la question la plus importante. Si la Fédération était en train de conquérir la pagode, il serait difficile pour l’expédition d’en revendiquer l’autorité.

« Non. S’il était possible de lever la malédiction, la Fédération aurait conquis la pagode depuis longtemps. Nous avons renoncé parce que c’était jugé impossible. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit d’un terrain interdit. »

Seol Jihu était soulagé, mais un coin de son esprit se remplissait d’inquiétude. Il imaginait à quel point l’expédition serait difficile si même la puissante Fédération n’avait d’autre choix que d’abandonner.

« C’est la raison pour laquelle les Fées du Ciel ont organisé un rituel… »

« Une minute. »

À ce moment-là, une femme qui était assise seule en train d’avaler des nouilles intervint.

C’était la femme portant une robe de cérémonie, une Fée du Ciel.

« Ce rituel est une affaire interne des Fées du Ciel. Nous n’avons aucune raison de tout révéler. »

« Tsk, si avare. »

Yuirel claqua la langue.

« Tout ce que je dis, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin dans les détails. »

« Il nous a offert un dîner fantastique, et tu en as personnellement mangé deux bols. Tu dis que tu ne peux même pas faire ça ? »

Si cette affaire concernait les affaires internes des Fées du Ciel, Seol Jihu n’avait pas besoin d’insister pour entendre la réponse. Ainsi, alors qu’il s’apprêtait à passer à la question suivante…

« Keuk ! »

La Fée du Ciel gémit. Elle était visiblement contrariée et un peu honteuse.

Seol Jihu était confus.

Pourquoi a-t-elle l’air irritée et acceptante à la fois ?

« Tu sais, c’est ça le problème avec tes moineaux. Toi et ton visage stupide. S’il y a un problème, il suffit de le dire et d’accepter de l’aide ! À quoi bon s’accrocher à une fierté inutile ? Tsk… »

Yuirel profita de l’occasion pour s’emporter.

« Q-Qu’est-ce que tu as dit !? »

Bien sûr, la Fée du Ciel ne resta pas inactive.

« M-Moineaux ? Tu as bien dit ce que je crois que tu viens de dire ? »

« Et si c’est le cas ? »

« Alors ce n’est pas un commentaire que je peux passer sous silence. Je le rapporterai lors de la prochaine réunion du conseil ! »

« Vas-y. »

« Voyons si tu pourras être aussi nonchalante quand on sera dans le pétwin ! »

« Bvoyons chi tu pourras être auchi nonchadante quand on seba dans le pwétwin ! »

Yuirel répéta d’un ton moqueur les paroles de la Fée du Ciel.

Seol Jihu retint difficilement son rire. C’était parce que le cou rougi de la Fée du Ciel tremblait de façon effrayante.

« N’est-ce pas drôle ? Cette race idiote s’exprime toujours mal lorsqu’elle est énervée ! »

Seol Jihu rit vaguement.

« Quoi qu’il en soit, il vaut mieux que tu n’interagisses pas avec cette race si possible. Il suffit de voir comment ils agissent ! Parler d’affaires internes ou d’autres choses pour un sujet aussi insignifiant. N’est-ce pas fatigant ? »

« Ah bwon ? »

La Fée du Ciel claqua son bol. Après s’être levée de son siège, elle pointa Seol Jihu du doigt et parla.

« Humain, n’es-tu pas curieux de savoir pourquoi les Fées des Cavernes se couvrent les yeuch ? »

Oh !

Pour être honnête, il était curieux. En fait, c’était l’une des questions qu’il comptait poser si l’occasion se présentait.

« Je vais vous le dire. Vous voyez… »

« Eit ! Ne sois pas si rabat-joie ! Emmenez-la ! »

Dès que Yuirel donna l’ordre, les dix Fées des Cavernes se levèrent et traînèrent la Fée du Ciel.

« A-Attendez ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi tout de suite ! »

La Fée du Ciel se débattait désespérément.

« D’accord, j’ai compris ! Laissez-moi au moins prendre mes nouilles… Ah, hé ! Enlève ta main de ce bol tout de suite ! »

Pendant tout ce chaos, l’une des Fées des Cavernes s’était faufilée et avait volé les nouilles de la Fée du Ciel.

« C’est à moi ! Je savourais chaque bouchée ! Uup ! Uuuuup ! »

Le cri de la Fée du Ciel se calma rapidement. Après ce court tumulte…

« Très bien ! Revenons-en au sujet ! »

Yuirel parla comme si rien ne s’était passé.

Seol Jihu se passa la main sur le front. Il avait l’impression qu’un orage venait de passer.

« Il y a une raison simple pour laquelle ils organisent un rituel. Pour communiquer. »

« Communiquer ? »

« D’après les Fées du Ciel, un puissant Esprit sommeille à l’intérieur de la Pagode des Rêves. »

Yuirel demanda soudain.

« Saviez-vous que les Fées du Ciel ont perdu leur pouvoir spirituel ? »

Pouvoir spirituel ?

« Maintenant que vous en parlez, j’ai entendu dire que la communication entre les Fées du Ciel et le Royaume des Esprits s’était récemment interrompue. »

Teresa, qui se tenait non loin de là, se glissa dans la conversation.

Seol Jihu demanda.

« Quelque chose comme ça s’est produit ? »

« Oui, mais je ne sais pas grand-chose de ce qui s’est passé. »

« Depuis quand… ? »

« Je crois que c’était juste après notre retour du Duché de Delphinion. »

En effet, les Fées du Ciel utilisaient sans aucun doute leur pouvoir spirituel alors qu’elles fuyaient les Parasites dans la Forêt du Déni.

Yuirel le confirma immédiatement.

« C’était un incident majeur à l’époque. La puissance de combat des Fées du Ciel a plus que diminué de moitié à cause de ça. »

C’était effectivement le cas. L’importance de l’existence des Fées du Ciel venait de leur capacité à invoquer des Esprits Élémentaires. Sans cette capacité, les Fées du Ciel n’étaient rien de plus que des archers habiles.

« Pour être honnête, il y a eu des cas dans le passé où la communication est devenue instable. C’est pourquoi la Fédération nous a transférés en toute hâte. »

[N’est-ce pas surprenant ? Ils partagent peut-être un ancêtre commun, mais les deux races hostiles que sont les Fées du Ciel et les Fées des Cavernes sont devenues partenaires ?]

[Ça montre à quel point elles sont désespérées.]

Je vois. C’était donc ça, l’histoire.

Seol Jihu comprit enfin l’histoire de la conversation que Ian et Dylan avaient eue dans le passé.

Teresa prit la parole.

« Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ce qui s’est passé ? D’après ce que je sais, il s’est passé quelque chose lorsque le commandant de la Septième Armée des Parasites a envahi le Royaume des Esprits sous les ordres de la Reine. »

« Mm. »

« Mais cela n’a fait que rendre l’invocation instable. La communication n’a jamais été complètement interrompue. Du moins, pas jusqu’à très récemment. »

« Vous avez raison. »

« Quand j’ai entendu les rumeurs, j’ai cru que le Commandant de la Septième Armée avait gagné la guerre dans le Royaume des Esprits. Mais dans ce cas, Bonté pervertie aurait déjà dû retourner dans le Monde du Milieu. Mais personne ne l’a encore vu. »

« C’est très probablement le cas. »

Yuirel répondit calmement.

« La raison est simple. Le Royaume des Esprits n’a pas encore perdu. Peut-être sont-ils au milieu d’une bataille féroce au moment même où nous parlons. »

Le visage de Teresa semblait se demander Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Ce que disait Yuirel n’avait aucun sens.

C’est alors que Yuirel devint soudainement sérieuse.

« Hm… »

Après avoir réfléchi un long moment, elle commença par dire : « Cela ne devrait pas avoir d’importance puisque c’est un secret de polichinelle au sein de la Fédération. »

« La Pagode des Rêves est une ruine datant de plusieurs centaines d’années. »

Elle changea soudainement de sujet. Cependant, Seol Jihu écoutait tranquillement. Il avait le sentiment que tout ce que Yuirel s’apprêtait à dire se rejoindrait.

« Je ne connais pas les détails non plus. Mais à l’époque, l’Empire était confronté à une menace sans précédent. »

Elle pointa son pouce vers l’arrière.

« À cause de la pagode que vous essayez d’atteindre. »

Une pagode qui a failli conduire le puissant Empire à la ruine ? Seol Jihu déglutit difficilement.

« Comme je l’ai déjà dit, s’approcher de la pagode vous afflige d’une puissante malédiction contagieuse. »

« … »

« Et cette malédiction vous fait rêver. »

Yuirel baissa le bras.

« Pour être plus précis, la malédiction s’immisce dans l’esprit des êtres vivants, quelle que soit leur race, et leur fait rêver ce qu’ils craignent le plus. »

« Rêver… Vous voulez dire cauchemar ? »

demanda Seol Jihu, se demandant clairement ce qu’il y avait de mal à faire un simple cauchemar.

« Comment pourrait-il s’agir d’un simple cauchemar ? »

Yuirel eut un large sourire, puis se tourna vers Teresa.

« Vous avez demandé pourquoi la communication a été coupée, n’est-ce pas ? »

« Oui. »

« C’est arrivé très récemment. Les Fées du Ciel ont appris qu’un puissant Esprit dormait à l’intérieur de la Pagode des Rêves et sont immédiatement parties explorer l’endroit. » Yuirel poursuivit. « Parce que le Royaume des Esprits a demandé de l’aide. »

Les yeux de Teresa s’écarquillèrent.

« De l’aide ? Le Royaume des Esprits l’a fait ? »

« Mn. Ils ont dit que l’assaut de Bonté pervertie était de plus en plus difficile à supporter et ont demandé de l’aide par tous les moyens possibles. »

La mâchoire de Teresa se décrocha à l’explication de Yuirel.

« Mon Dieu… Je sais que le Commandant de la Septième Armée est le dernier Dragon, mais comment pourrait-il à lui seul… Bonté pervertie n’a même pas sa propre armée ! »

« Qui sait ? »

Yuirel haussa les épaules.

« Je ne l’ai jamais combattu. Quoi qu’il en soit, la communication devenant de plus en plus instable au fil des jours, les Fées du Ciel s’inquiétèrent à juste titre. C’est alors qu’elles ont découvert la Pagode des Rêves et se sont dit qu’elles devraient réveiller le puissant Esprit et l’envoyer dans le Royaume des Esprits pour l’aider. »

Sur ce, Yuirel croisa les bras.

« Et dès qu’ils ont commencé à explorer la pagode, leur communication avec le Royaume des Esprits s’est complètement interrompue. Tout cela en une seule matinée. »

« … »

Seol Jihu cligna des yeux, hébété. Il avait l’impression qu’il y avait un énorme bond dans l’histoire.

Non.

Ce n’était pas le cas. Il devait y avoir une raison pour laquelle Yuirel avait parlé de la pagode. Seol Jihu organisa calmement l’histoire.

Cauchemar, malédiction, Royaume des Esprits, Fée du Ciel…

Bientôt, Seol Jihu fit le lien et écarquilla les yeux.

Me dites pas que !

Il s’empressa de demander.

« Ce matin-là, lorsque les Fées du Ciel ont tenté d’explorer la Pagode des Rêves, est-ce l’échec de l’invocation des Esprits que les Fées du Ciel craignaient le plus ? »

« … Vous avez une intuition fantastique. »

Le coin de la bouche de Yuirel se retroussa.

« Vous avez raison. La raison pour laquelle la Pagode des Rêves est si effrayante est qu’elle ne se contente pas de vous faire rêver de ce que vous craignez le plus, mais qu’elle fait de ce rêve une “réalité”. C’est ce que la Fédération a découvert, et c’est pourquoi elle a interdit à ses membres d’y pénétrer. »

Yuirel reconnut ce qui s’était passé et fixa Seol Jihu sans détour.

« C’est pourquoi je vous ai conseillé de faire demi-tour. »


  1. Recherchez ‘Nouilles de banquet coréennes (janchi-guksu)’ ↩
  2. Mukbang, muk-bang ou meokbang est une émission audiovisuelle en ligne en direct, où un hôte mange de la nourriture tout en interagissant avec le public. Il se fait généralement par le biais d’un webcast, et il est devenu populaire en Corée du Sud en 2010 — (Info de Wikipédia). ↩
  3. Extrait du Chapitre 53. ↩
  4. Ce terme n’est jamais vraiment expliqué, mais il est identique à celui de royaume matériel (paradis). ↩