Chapitre 117. Celui qui mène

Leader — un mot qui fait référence au commandant qui se tient à l’avant-plan ; l’individu au centre d’une communauté, celui qui propose une direction aux membres pour qu’ils agissent.

Voilà ce qu’était le leader. Quelles étaient alors les conditions à remplir pour en devenir un ?

Prouesses martiales, sagesse, bienveillance, notoriété… Il y avait toutes sortes de conditions, mais toutes se résumaient à un seul facteur.

Force, éloquence, vertu naturelle et charisme, renommée et réputation… Il y avait différentes méthodes, mais la plus importante restait la confiance.

Qu’il s’agisse de la fidélité, qui englobait la loyauté et la foi, ou de la certitude, qui inspirait la confiance aux autres, un leader en tant qu’existence avait besoin de confiance.

Seol Jihu se souvint inconsciemment de Dylan, l’homme robuste et intelligent. Ses capacités étaient excellentes et il dirigeait ses coéquipiers avec calme et discernement, même dans des situations de danger inattendues. Bien que Seol Jihu n’ait passé que peu de temps avec lui, l’impression qu’il lui avait laissée était si forte que Seol Jihu pensait encore à lui de temps en temps.

Qu’aurait fait Dylan ? Il s’était posé cette question, mais il s’était vite rendu compte qu’elle n’avait pas de sens.

Dylan était Dylan, et Seol Jihu était Seol Jihu.

Il ne pouvait pas nier qu’il avait des lacunes dans de nombreux domaines par rapport à Dylan. Toutefois, il avait ses propres méthodes. Parce qu’il avait laissé la situation se détériorer jusqu’à ce gâchis, l’idée de réunir l’équipe semblait un peu farfelue. Cependant, commencer était la moitié du combat.

Il n’avait pas l’intention de continuer cette approche désinvolte. C’est pourquoi il se mit rapidement à l’œuvre.

À ce moment-là, le traitement de Sophie Chalet prit fin. Son bras avait été plié dans un angle étrange, ses os dépassant de sa chair, mais le sort de soin de niveau 4, Guérison des blessures massives, avait réussi à restaurer son bras gauche.

Pour s’en assurer, Sophie Chalet sortit une bouteille de potion de guérison qu’elle gardait sur elle pour les situations d’urgence. Alors qu’elle la buvait lentement, une voix tranchante se fit entendre.

« Assez patienté. Tu peux te lever maintenant ? » Visage vide la toisait de ses yeux étrécis si particuliers. « Tu viens de perdre ton bouclier, alors je comprends que tu sois morose… mais arrête de chercher à gagner du temps. Tu ne te sens pas mal pour les gens qui doivent t’attendre ? »

Lara Wolff, qui l’écoutait tranquillement, laissa tomber sa mâchoire sous le choc. Elle fixa Visage vide d’un regard qui disait : Elle sort d’où, cette salope ?

Le corps humain n’était pas une calculatrice. Même s’il était complètement rétabli, il avait besoin de temps pour se remettre du choc. C’est pourquoi Sophie Chalet buvait lentement la potion de guérison, afin d’accélérer le processus de récupération. Mais elle disait qu’elle ne pouvait même pas attendre pour ça ?

Il était évident qu’elle était puérile et qu’elle s’en prenait à Sophie parce que cette dernière l’avait déjà interrompue. Face au regard et au ton condescendants de Visage vide, même la personne la plus gentille se mettrait en colère.

Néanmoins, Sophie ne montra pas le moindre signe de frustration. « Désolée, nous reprenons tout de suite. » Elle sourit et avala le reste de la potion.

Lara serra les dents. Elle avait envie de crier : Tu n’es pas trop dure ? Cependant, sachant pourquoi Sophie se retenait et pourquoi elles devaient se retenir, tout ce qu’elle pouvait faire était de serrer les poings.

Comme le dit le proverbe, mieux vaut être un chien vivant qu’un lion mort, elle savait qu’elle mourrait ou serait éliminée dès qu’elle serait abandonnée.

Sophie se leva et commença à fouiller dans les décombres. Son bouclier n’était pas brisé en multiples fragments, mais il était fendu en deux par le milieu. Il ressemblait plus à une planche à laver qu’à un bouclier, mais se disant que c’était mieux que rien, Sophie ramassa les deux morceaux.

Aussitôt, un ricanement retentit. « Wow… Je pleure. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais rampé sur le sol. »

« Oh ? Tu es plus pragmatique que je ne le pensais. »

« C’est un compliment ? »

« Bien sûr. J’aime les gens pragmatiques. »

Yeux de vipère et Visage vide échangèrent une conversation entre elles. Pendant ce temps, le visage de Lara Wolff rougissait, comme si elle avait atteint sa limite et était sur le point d’exploser. C’est alors que Seol Jihu intervint.

« Je pense qu’il vaudrait mieux que vous jetiez ce bouclier. Il ne fera que vous tirer vers le bas. »

Le pas ferme de Sophie s’arrêta. Ses yeux s’écarquillèrent et elle fixa le jeune homme qui prenait doucement la parole.

« Hé ! Tu mets de l’huile sur le feu ? Tu crois qu’elle ne sait pas… » Lara Wolff explosa et riposta, mais la fin de son discours se brouilla. C’est parce qu’elle ne pouvait déceler aucun signe de moquerie ou de ridicule dans le ton ou l’expression du jeune homme.

Seol Jihu se racla la gorge.

« Vous avez bien travaillé. »

Puis…

« Je prendrai la tête à partir de maintenant. »

Dès qu’il sortit de la touche et qu’il annonça son intention…

Visage vide, Yeux de vipère, Maria.

Lara, Sophie et la fille au bandeau blanc.

Les deux groupes eurent des réactions totalement opposées.

« Euh… Hum… » Sophie regarda d’un côté et de l’autre avec un visage anxieux. Elle ne put s’empêcher d’être troublée lorsque l’homme qui était resté silencieux jusqu’à présent prit soudainement sa défense.

Yeux de vipère sembla également surprise en émettant un sifflement aigu.

« Oh — le prince vient enfin à la rescousse ! » Elle ricana d’un ton moqueur avant de se retourner vers Visage vide. « Il est maintenant temps de vaincre la sorcière. »

« Sorcière ? Quelle impolitesse. » murmura calmement Visage vide. Bien qu’elle souriait, il n’y avait visiblement pas de bons sentiments derrière. Après tout, ses sourcils étaient légèrement froncés.

Il en était de même pour Maria qui marmonnait : Nous aurions au moins fait la moitié du chemin si tu n’avais pas bougé. Elle était manifestement mécontente que Seol Jihu ait fait des pieds et des mains pour intervenir.

Visage vide étudia attentivement Seol Jihu avant de relever le coin de sa bouche. « Je pensais que tu étais pragmatique… mais tu es étonnamment émotif. »

« … »

« Eh bien, que puis-je faire ? » Puis elle haussa les épaules, jetant un coup d’œil à Lara et Sophie avant de sourire. « Le Prince Charmant veut monter sur son cheval blanc, alors je devrais m’écarter du chemin, n’est-ce pas ? »

Elle ajouta même : « Ah~ J’aurais dû naître blanche moi aussi. »

Comprenant ce qu’elle voulait dire, Yeux de vipère éclata de rire, tandis que le duo Guerrière et Archère devint rouge.

Seol Jihu demanda calmement : « J’aimerais vous demander une faveur. »

« Une faveur ? »

« Pouvez-vous prendre le poste de protectrice ? » Quand il posa cette question sans détour, les sourcils de Visage vide tressaillirent. Il lui demandait de protéger les Prêtresses alors que le poste d’avant-garde était le plus dangereux ?

Seol Jihu tourna son regard vers elle et poursuivit : « J’aimerais aussi que vous m’aidiez à coordonner depuis l’arrière. »

« Moi ? » Yeux de vipère se pointa du doigt après avoir été désignée de façon inattendue.

« Oui, car un piège pourrait être activé comme auparavant. J’aimerais que vous surveilliez tout ce qui pourrait le déclencher. »

Ce n’était pas difficile, surtout pour une Archère du calibre de Yeux de vipère. Et d’une certaine manière, c’était aussi le rôle le plus sûr.

Yeux de vipère pencha légèrement la tête avant de crier « Ha ! » et d’éclater de rire.

« Hyaa… Notre prince est un sacré glouton, hein ? »

« ? »

« Ne fais pas comme si tu ne l’étais pas. Tu dis que tu veux manger ces filles et nous. »

« … »

« Je comprends. Tu es un homme avec une bite entre les jambes. Qui peut te reprocher d’être excité quand tu es entouré de fleurs ? Mais ne sois pas un glouton. Si tu manges tout juste parce que tu peux mettre la main dessus, tu finiras par avoir mal à l’estomac~. »

En l’entendant lui dire de choisir son camp, Seol Jihu sourit amèrement. Peut-être qu’à cause de la plaisanterie de Visage vide, Yeux de vipère mettait trop l’accent sur le fait qu’il était le seul homme.

Mais il y avait une chose qu’il ne pouvait pas nier.

Glouton, qu’elle dit…

Et c’était sa gloutonnerie.

Il aurait pu rester spectateur. Même maintenant, il aurait pu abandonner Visage vide et Yeux de vipère et choisir la facilité en emmenant les quatre autres avec lui.

Mais ce n’était pas ce que Seol Jihu faisait ni ce qu’il voulait faire.

Le monde ne tournait pas autour d’un seul individu, et tout ne se passait pas comme on l’espérait. S’il y avait des jours où tout allait bien, il y avait aussi des jours où tout allait mal. On pouvait être compatible avec certaines personnes et incompatible avec d’autres.

Des situations similaires se produisaient fréquemment dans la vie. Le choix de la solution de la facilité était-il toujours le bon ?

Je ne sais pas.

Il ne pouvait pas encore répondre par oui ou par non. Cependant, il était prêt à expérimenter le choix de la bonne solution.

Il voulait éprouver si sa contenance était assez grande pour contenir les deux personnes qui essayaient de s’éloigner.

Effectivement. Pour être honnête, il voulait toutes les goûter, même si elles n’étaient pas à son goût.

Les forcer à se soumettre… ce n’était pas exactement la façon dont il l’aurait dit. Mais quoi qu’il en soit, il avait l’impression que les diriger lui permettrait de déguster une saveur particulière.

Une fois qu’il l’eut admis, l’analogie culinaire de Yeux de vipère était tout à fait pertinente, et il se mit à rire.

En entendant ce rire, Yeux de vipère prit une expression étrange. « Tu ris ? »

« Ah, désolé, je crois que vous avez mal compris quelque chose. »

« Un malentendu ? Qu’est-ce que je comprends mal ? »

Contrairement à l’apparence détendue de Seol Jihu, Yeux de vipère répliqua : « Pourquoi tu interviens maintenant alors que tu es resté silencieux tout ce temps ? »

La question qu’il guettait était enfin sortie. Seol Jihu parla haut et fort, « À cause d’une limite de temps. Même si ce n’est qu’une possibilité. »

« Quoi ? » Yeux de vipère s’attendait à quelque chose du genre Je ne peux pas supporter de regarder plus longtemps, et elle ne put s’empêcher de demander en entendant cette réponse imprévue. Même Visage vide écarquilla un peu les yeux.

« J’ai peur que cette étape ait une limite de temps. »

« Comment tu le sais ? »

« Vous pouvez me garantir qu’il n’y en a pas ? »

« Oh ? Matez-moi ce type. On joue avec les mots maintenant ? »

« Deux fois. »

« Tu penses que je ne vais pas… Hm ? » Yeux de vipère afficha une expression mécontente avant d’entendre le marmonnement de Seol Jihu et de cligner des yeux.

Seol Jihu continua, « Sans compter ce Banquet, nous avons des archives sur quatre étapes 1 et quatre étapes 2. Et sur ces huit étapes, deux d’entre elles étaient limitées dans le temps. »

Seol Jihu afficha un sourire radieux. « Nous parlons de 25 % de chances. Je peux me tromper, mais ne serait-ce pas une bonne idée de garder ça à l’esprit ? »

Yeux de vipère resta sans voix. Le Banquet étant si volatile et imprévisible, 25 % n’était pas un chiffre que l’on pouvait ignorer.

Scientia potentia est. Le savoir, c’est le pouvoir.

Si Seol Jihu avait participé au Banquet en se fiant uniquement à ses coéquipiers, il n’aurait pas su quoi dire. Mais parce qu’il avait fait des recherches approfondies, il était plutôt bien informé.

Et maintenant qu’il utilisait ces connaissances pour convaincre Visage vide et Yeux de vipère, il estimait que c’était du temps bien employé.

« … »

Visage vide montrait dans son expression des changements si divers qu’on ne pouvait plus vraiment l’appeler Visage vide. En ce moment, un soupçon d’intérêt était apparu sur son visage irrité, un peu comme si elle avait découvert un nouveau jouet avec lequel s’amuser.

« Ce n’est pas comme si nous n’avions pas le choix. Si nous travaillons tous les sept ensemble, nous devrions pouvoir surmonter la première étape en un rien de temps. » Seol Jihu mit plus de force dans sa voix, « Et même s’il n’y a pas de limite de temps, ce ne serait pas mal de franchir l’étape 1 plus tôt. Ainsi, nous pourrons étudier l’étape 2 avant tout le monde. »

Seol Jihu avait pris une façon plutôt détournée d’expliquer les choses. Pour résumer, il disait : Arrêtons de jouer et passons rapidement à l’étape 2.

La plupart des Terriens ayant participé au Banquet avaient pour objectif minimal l’étape 2. C’était parce qu’ils pouvaient obtenir le Souhait dissonant à l’étape 2.

En ce sens, Seol Jihu avait donné un argument solide.

C’est vrai, ce qu’il disait avait du sens…

Intéressant.

Mais le problème venait de la façon dont il l’avait présenté.

La manière dont Seol Jihu menait le groupe avait piqué la curiosité de Visage vide. Au début, il semblait vouloir attiser le conflit, mais il avait offert des carottes sous la forme de postes de protectrice et de coordinatrice et proposé une logique assortie d’une limite de temps potentielle.

Visage vide n’avait aucune raison de s’opposer à lui, mais elle était un peu hésitante. Elle avait l’impression que le jeune homme la consolait gentiment après l’avoir giflée.

Devrais-je accepter ?

Elle était en train de réfléchir à sa décision lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Maria. La jeune fille aux cheveux blonds eut un large sourire avant de se déplacer furtivement derrière Seol Jihu.

Le coin de la bouche de Visage vide se tordit. Une Prêtresse compétente spécialisée dans la guérison se rangeait du côté du jeune homme. Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait ignorer. Bien qu’elle ait une Archère compétente à ses côtés, à strictement parler, il était difficile de la considérer comme une alliée.

Comme elle était susceptible et hypersensible, elle ne faisait pas facilement confiance aux autres. Mais même sans cela, elle savait que Yeux de vipère était le genre de personne qui n’hésiterait pas à poignarder dans le dos.

« Hnng… » Elle fit un sourire condescendant, comme si elle trouvait l’explication du jeune homme risible. « J’avais l’intention d’y aller doucement avec toi… »

Un pas, puis un autre. Elle s’approcha lentement de Seol Jihu, puis s’arrêta juste devant lui. « Mais je vois que tu sais t’amuser. »

Lorsque Seol Jihu rencontra ses yeux profonds qui ne laissaient transparaître aucune émotion, il sentit des sueurs froides couler le long de son dos.

Quoi ?

Quel genre de choses une femme devait-elle subir pour être capable de faire un tel visage ?

L’appeler Visage vide, c’était être gentil. Pour être franc, Visage dérangeant lui convenait mieux.

« Vous pouvez nous donner un coup de main ? » demanda Seol Jihu d’une voix plus grave. Intérieurement, il se disait que c’était la dernière fois qu’il lui demandait cordialement.

Il avait encore quelques cartes en main pour essayer de la convaincre. Cependant, il ne voulait pas révéler tous ses secrets dès le début ni s’accrocher désespérément à elle. Comme l’avait dit Prihi Hussey, chacun a une limite à sa contenance.

Visage vide sentit peut-être la limite tracée par le jeune homme lorsqu’elle leva lentement la main et la posa sur son épaule. La façon dont elle le regardait en tripotant les pointes de ses cheveux dégageait une aura séduisante.

Bientôt…

« Mn… » Elle poussa un petit soupir avant de dire : « Bien, puisque notre prince veut tant s’occuper de nous… Je ne vois pas pourquoi je refuserais. »

Ensuite, elle déplaça lentement sa main et la posa sur sa poitrine. « Mais… que devrais-je faire ? »

Elle fit soudain une fausse grimace mélancolique. « La blessure dans mon cœur n’est pas encore guérie. Il n’y a pas longtemps qu’une certaine personne y a enfoncé une lame. »

« Vous exagérez. »

« Exagérer ? Je voulais vraiment qu’on s’entende, mais j’ai été trahie ! »

Seol Jihu fit un sourire en coin et dit : « Alors j’aimerais essayer d’apaiser votre cœur blessé. »

« Avec des mots ? »

« Combien de portes voulez-vous ? »

Le sourire de Visage vide devint encore plus profond. « Hmm… » Elle posa son menton sur son index, faisant mine d’être plongée dans ses pensées. Puis elle ouvrit la bouche : « Quarante devraient suffire à me consoler. »

Il semblait qu’elle avait au moins une once de conscience en elle puisqu’elle demanda le même nombre de portes que celui qu’elle avait ouvert au départ.

« D’accord. » Seol Jihu accepta sans discuter ni négocier. Il s’était ainsi débarrassé du plus gros problème. Bien sûr, il ne pensait pas avoir fait un travail parfait. Il n’avait fait qu’empêcher la plaie d’exploser, mais c’était plus que suffisant pour que le groupe reste uni.

Quoi qu’il en soit, il avait désormais un objectif clair. Le reste ne semblait pas si difficile.

« Vous êtes prêtes à m’aider ? »

Lara et Sophie hochèrent la tête, hébétées. Une corde était descendue du ciel au moment où elles pensaient que tout était fini. Comment pouvaient-elles refuser de s’y accrocher ?

« Merci. Puis… »

En ce moment, Lara et Sophie souffraient d’un manque d’estime de soi. Comme la raison en était qu’elles ne faisaient pas grand-chose, Seol Jihu avait l’intention de résoudre ce problème en premier.

Lorsque le duo entendit la demande de Seol Jihu, il douta de ses oreilles.

« C’est tout ce que nous avons à faire ? »

« C’est le moyen le plus rapide de traverser les pièces. »

« Mais… »

« C’est bon. Je veux arriver à l’étape 2 le plus vite possible. On y va ? »

Entendant Seol Jihu la presser, Sophie se précipita vers la porte avec un visage mêlé de gratitude et de culpabilité.

« Vous n’avez pas besoin de me donner un signal. Ouvrez la porte quand vous voulez. »

Lorsque la voix du jeune homme s’envola derrière elle, Sophie ne s’arrêta pas pour regarder en arrière et attrapa la poignée de la porte. Comme on le lui avait dit, elle ouvrit la porte sans hésiter. Immédiatement…

BOOM !

« KYAK ! »

En même temps qu’un violent tremblement, un bruit explosif retentit à ses oreilles. Sophie était en train de reculer, mais elle finit par tomber sur les fesses.

Lorsqu’elle se retourna par réflexe, elle vit Seol Jihu, le bras gauche tendu comme s’il avait lancé quelque chose, et quatre femmes dont l’expression ressemblait à celle qu’elle faisait en ce moment.

Pour couronner le tout, même Visage vide et Yeux de vipère, jusqu’alors calmes et posées, étaient figées.

Sophie se retourna vers la porte avant de laisser échapper un hoquet de surprise.

Un énorme monstre s’était effondré sur le sol, le haut de son corps réduit en miettes. Il avait été tué avant même d’avoir pu pousser un cri.

Et d’une.

Seol Jihu fit tourner son bras gauche et jeta un coup d’œil en arrière. Peut-être surprise par la puissance de sa Lance de mana, le sourire de Visage vide n’était plus visible. Seol Jihu se sentit plus détendu.

Pour une raison ou une autre…

« Très bien. »

La femme qui semblait si grande au début…

« Continuons. »

… Ressemblait maintenant à n’importe quel Terrien.