Chapitre 89. Esprit vengeur chasseur de Fantômes Maléfiques

Chapitre 89. Esprit vengeur chasseur de Fantômes Maléfiques

On n’entendait pas le moindre son. Il n’y avait pas non plus de prélude.

Pourtant, Seol Jihu le sentait clairement. L’énorme pression de l’air s’abattait sur lui en un instant, comme pour lui fermer la bouche pour de bon. Si la Fée du Ciel ne l’avait pas retenu par ses bras étroitement croisés dans son dos, il aurait pu être projeté au loin depuis longtemps.

C’est donc ça, l’Esprit du Vent… !

C’était une expérience complètement différente de celle de la Boucle d’oreille Festina. Le tourbillon de vent semblait pousser son corps tout entier.

Augmenter leur vitesse autant que possible avant de sortir de la chaîne de montagnes et, au moment précis où ils quitteraient la sécurité relative de la montagne, emprunter les pouvoirs des Esprits pour dépasser leur vitesse maximale afin d’aller plus vite — tel était leur plan.

C’est ainsi que huit silhouettes volantes, rassemblées en un seul groupe, traversèrent le ciel comme pour fendre les cieux eux-mêmes.

Auparavant, l’Ange Déchu avait appelé ce plan Couler ou nager, car ils devaient franchir deux obstacles majeurs. Même s’ils parvenaient à survivre au premier, il leur faudrait s’en remettre à la chance pour le second.

Même dans ce cas, il y avait une raison pour laquelle le plan de Seol Jihu avait été choisi. C’était parce qu’ils avaient quelque chose pour bloquer les poursuivants.

Avec cette vitesse… !

Serait-ce la même chose s’il passait la tête par la fenêtre d’une voiture de sport roulant assez vite pour faire surchauffer son moteur ? C’était comme si son visage était sur le point de se détacher à cause de la résistance de l’air.

Il força l’ouverture de ses paupières qui essayaient de se fermer d’elles-mêmes et continua de fixer droit devant lui. La chaîne de montagnes fut traversée en un instant et ils arrivèrent à l’immense étendue de la forêt qui s’étendait à l’infini devant leurs yeux.

Juste avant qu’ils n’y pénètrent…

Kyahaaaaaah- !!

Un cri strident retentit quelque part en contrebas. Seol Jihu claqua intérieurement la langue. Il aurait préféré ne pas être repéré, mais il semblait que ce n’était pas le cas. Après tout, ils s’élançaient dans le ciel grand ouvert comme pour crier : « Hé, regardez-nous ! »

À moins que les Parasites ne soient aveugles, ils découvriraient à coup sûr les fuyards.

Grondement— !!

Le bruit d’un essaim courant sur le sol retentit. D’innombrables ombres étranges apparurent de partout près de l’entrée de la forêt.

Mais ce n’était pas tout. Des bruits de puissants battements d’ailes et des bourdonnements d’insectes désagréables commencèrent leur assaut vicieux.

Peu de temps après, Seol Jihu vit la horde de Parasites se rassembler en un essaim sur le chemin des fuyards et fit le vide dans son esprit. Tout allait se jouer en un instant.

La distance entre son groupe et les ennemis disparut en un clin d’œil. Il garda l’œil ouvert et se prépara à faire face à la force d’impact.

Juste avant que les deux camps ne s’affrontent, l’Ange Déchu et les Fées du Ciel lancèrent un nouveau sort.

Woong, woong !!!

La première chose à entrer en contact avec ce mur de créatures fut la barrière arrondie qui apparut tout à coup autour de l’Ange Déchu. Au même moment, la rafale de vent accéléra le rythme d’un cran, et une élasticité explosive s’ajouta à la vitesse déjà rapide de la Fée du Ciel.

Crac !

Kwang !

En même temps que quelque chose se brisait, des bruits de déflagration résonnaient dans l’air. Ses oreilles furent assourdies, et sa vision fut remplie par une soudaine éclaboussure de ténèbres. Mais une seconde plus tard, l’obscurité se dissipa et le ciel bleu l’accueillit à nouveau.

C’est à ce moment-là que Seol Jihu sut qu’ils avaient surmonté le mur sans encombre. Les Parasites qui volaient dans les environs se rassemblaient d’urgence, ayant sans doute reçu un appel télépathique, mais ils n’allaient tout simplement pas retarder l’effort déterminé du groupe pour percer un seul point.

En d’autres termes, en choisissant de percer avec un assaut frontal, ils franchirent sans souci le premier obstacle.

Euhk… !

L’impact résiduel de cette percée puissante fit trembler le corps de Seol Jihu. Cependant, il n’eut même pas le temps de se ressaisir.

La situation jusqu’ici s’était déroulée comme ils l’avaient prévu. La raison pour laquelle l’Ange Déchu avait jugé leur fuite impossible était l’existence de tireurs d’élite appelés Fantômes Maléfiques. Pour ne rien arranger, ils étaient apparemment des centaines à se cacher dans la zone.

Pour faire court, ils avaient réussi à pénétrer dans la Forêt du Déni, mais il était encore trop tôt pour se réjouir, car ils savaient tous quel type d’attaque allait suivre. Ils créèrent autant de distance que possible avec tout ce qu’ils avaient tout en chantant un sort de protection après l’autre.

Seol Jihu avala nerveusement sa salive en voyant les barrières s’empiler les unes sur les autres. C’est alors qu’il sentit soudain sa respiration cesser. Pour une raison inconnue, son épaule gauche blessée se remit à lui faire mal.

Une sensation inquiétante commença à l’envahir. S’il avait dû mettre des mots dessus, il avait l’impression qu’une aiguille très pointue lui frôlait doucement la cheville.

Malheureusement, ça ne s’arrêtait pas là, et il sentait comme une aiguille grattant doucement sa chair tout en s’élevant de plus en plus haut. Leur vitesse de vol était telle que ses cheveux menaçaient de s’arracher de leur racine, et pourtant, loin de s’en défaire, la sensation désagréable s’accrochait à lui encore plus fort qu’avant.

C’est…

Au moment où son cerveau tira la sonnette d’alarme…

Tang, tang, tang, tang !

Un nombre indéterminé de coups de feu retentit et se répercuta dans l’air. Il pouvait clairement voir ce qui se passa ensuite. Les Fées du Ciel volant à droite et à l’arrière se détachèrent soudainement de la trajectoire de vol du groupe. La signification de cette action était limpide. Leurs barrières avaient toutes été brisées.

Les deux fées tombèrent impuissantes au sol, comme des papillons aux ailes trempées. Une partie de la horde de Parasites qui les poursuivait se précipita et les encercla.

Après avoir vu les corps des fées pleins de trous, ils se mirent à rire bruyamment. Quant aux Fées du Ciel, elles eurent un rictus alors même qu’elles frissonnaient sous l’effet d’une douleur intense.

En voyant ces rictus railleurs, les Parasites cessèrent de rire. Leur tentative d’évasion avait échoué, alors pourquoi souriaient-elles ainsi ?

Ils ne tardèrent pas à le découvrir. Rassemblant leurs dernières forces, les Fées du Ciel levèrent leurs mains tremblantes. Avant que quiconque ne puisse faire quoi que ce soit, les pierres bleutées qu’elles tenaient dans leurs mains se mirent soudain à émettre des lueurs éblouissantes.

Grondement ! Grondement !

Deux coups de Tonnerre retentirent assez fort pour ébranler le monde, avec un court intervalle entre les deux. Seol Jihu ferma involontairement les yeux devant la lumière aveuglante. S’il l’avait pu, il se serait également bouché les oreilles.

Cependant, cette pensée ne dura qu’un bref instant. Même si les premiers tirs de précision venaient de prendre fin, cette désagréable sensation de piqûre demeurait. Au lieu de s’arrêter, elle passait à côté de son cœur, de son visage, puis vers l’avant…

… L’avant ?

Il ouvrit rapidement les yeux et comprit la source de cette étrange sensation. Il fut choqué et regarda fixement vers le haut. En activant Neuf yeux, il découvrit que l’air vide devant lui était un mélange de couleurs rouge et noire. Avant qu’il ne puisse s’écrier « C’est dangereux— »

Tang— !!

Un coup de feu retentit. Il n’hésita pas et n’attendit pas que Seol Jihu termine ses pensées.

« Aaaak ! »

Un petit cri perça l’oreille de Seol Jihu. Son champ de vision bascula soudainement sur le côté. Il tombait maintenant, alors que les autres volaient toujours. Ses yeux aperçurent l’Ange Déchu portant Teresa qui s’éloignait de plus en plus à chaque respiration.

N-Non…

La douleur intolérable assaillit la Fée du Ciel et sa concentration se brisa. Naturellement, la bourrasque se dispersa également. Elle ne lâcha pas le bras qui retenait le jeune homme, mais c’était à peu près tout. Elle essaya de battre des ailes, mais l’une d’entre elles étant à moitié arrachée, tout ce qu’elle pouvait faire était d’atténuer l’arc de descente.

Finalement, ils s’écrasèrent dans la forêt comme un avion en papier ayant perdu tout son élan.

« Fuuuph !!! »

L’atterrissage ne se fit pas en toute sécurité. Dès qu’ils touchèrent le sol, les deux se mirent à dégringoler comme un cerceau. C’était comme s’ils étaient emportés par des raz-de-marée qui s’écrasaient puissamment sur eux.

Bien que Seol Jihu souffrît d’un grave vertige, il serra les dents et s’accrocha au mince fil d’une conscience vacillante. Il refusait d’abandonner ici.

« Heuuuuu… ! »

Il se sentait étourdi. Il avait l’impression que le monde tournait autour de lui, mais il parvint à se relever. Il se retourna instinctivement, et sa vision rétrécie découvrit la Fée du Ciel près de ses pieds, gémissant de douleur. Sa capuche avait été retirée pendant leurs sauts périlleux, et ses cheveux azur s’étaient éparpillés en désordre.

L’espace d’un instant, un éclair d’hésitation traversa son esprit. Mais après s’être rappelé qu’elle s’était accrochée à lui de toutes ses forces, même lors de leur atterrissage en catastrophe, il bougea son bras gauche.

Sa blessure n’était pas encore parfaitement cicatrisée, et lorsqu’il bougeait, la douleur s’intensifiait presque immédiatement. Le bruit qu’il faisait en serrant les dents était si effrayant qu’on aurait dit qu’il essayait activement de réduire ses molaires à néant.

Il faut qu’on sorte d’ici.

Il réussit à peine à relever la Fée du Ciel puis activa la Boucle d’oreille Festina. Encore un peu. Juste un peu plus loin — cette pensée singulière poussait ses pieds à frapper le sol.

Malheureusement, le temps était juste avec tout le monde et la réalité était froide et insensible. Le temps passé à tomber, à s’écrouler sur le sol, à se relever et à soulever la Fée du Ciel fut plus que suffisant pour que le Fantôme Maléfique prépare une nouvelle série de tirs de précision. De plus, c’était également plus qu’assez pour que la horde de Parasites qui les poursuivait follement les rattrape.

Avant qu’il ne puisse faire quelques pas de plus, le bruit d’un coup de feu retentit cruellement.

« Ahk ! »

Seol Jihu fut transpercé de part en part à la cuisse et retomba au sol. Pour ne rien arranger, il sentit les présences bruyantes se rapprocher.

« … Haa. »

La douleur était paralysante au-delà de tout ce qu’on peut imaginer, et pourtant un rire creux s’échappa de ses lèvres. Quelqu’un ne lui avait-il pas déjà dit cela ? Que les Parasites étaient une bande de salauds qui parvenaient toujours à dépasser les attentes. Ces mots revenaient le hanter à présent. Devrait-il dire qu’il s’agissait là d’une tricherie bien trop importante ?

Non, il avait été trop gourmand, espérant que ses ennemis seraient laxistes. Les Parasites étaient réputés pour être vicieux et froids ; ils n’étaient pas assez aimables pour attendre que le personnage principal d’un anime monte en puissance ou qu’un mecha géant finisse de se transformer.

Bordel…

Il n’avait pas d’échappatoire. Vraiment aucune. Il avait beau se démolir le cerveau, il n’arrivait pas à trouver un moyen de se sauver. Il ne pouvait même pas dire où il se situait en ce moment. Pire encore, la Vision du futur qui semblait toujours se déclencher dans les moments de danger ne montrait aucun signe d’activation.

C’est donc la fin ?

Lorsque ses pensées atteignirent ce point, des larmes commencèrent soudain à perler autour de ses yeux. Les huit derniers jours d’épreuves effleurèrent son cerveau. En se remémorant tous les obstacles inimaginables qu’il avait dû surmonter pour en arriver là, il se sentait en colère et plein de ressentiment. Le chagrin l’envahit comme un raz-de-marée.

« … Keuk ! »

Des larmes qu’il croyait évaporées depuis longtemps coulèrent le long de ses joues. Malgré cela, ses bras s’agitaient dans tous les sens alors qu’il rampait sur le sol. À quel point avait-il l’air misérable et pathétique en ce moment ?

Pourtant, il s’en fichait. Même s’il devait se rouler dans la merde de chien, il préférait cela à la mort. Il se moquait que les autres lui reprochent d’être pathétique ou de se comporter comme un insecte.

Je veux vivre… !

Tant que je peux survivre. Il ne pouvait se défaire de ce désir, même si les pas de la mort se rapprochaient de plus en plus.

Alors…

« … A… »

Avec ses lèvres tremblantes…

« … À l’aide… »

S’agrippant à l’herbe comme à de la paille…

« … Pitié… »

Alors qu’il haletait et gémissait doucement à mi-voix…

« … À l’aide, pitié… ! »

Il s’écria puissamment.

CLONG !!

Le bruit d’une certaine porte qui s’ouvre résonna.

Près d’un grand arbre parmi tant d’autres dans cette forêt, une certaine créature cachée leva lentement son corps.

Elle mesurait environ deux mètres de haut. Au premier coup d’œil, elle s’apparentait à un humain, mais elle avait aussi un grand œil rouge couvrant la moitié de son visage et une paire d’oreilles pointues semblables à celles d’une fée. Son long bras avait la forme d’un canon de fusil ; au bout de ce bras, il y avait un trou conçu pour ressembler à la bouche d’un fusil, ou peut-être à l’extrémité ouverte d’un tuyau, au lieu d’une véritable main.

Kiik, kiik !

Observant l’humain ramper sur le sol comme un insecte, la créature se mit à glousser. Bien que quelques-uns lui aient échappé, elle ne s’en souciait plus, car elle avait déjà accompli sa mission de manière admirable.

Voyant ses semblables se précipiter vers les cibles, le Fantôme Maléfique leva lentement le corps. Et alors qu’il s’apprêtait à marcher tranquillement…

« ? »

Ssssk…

Quelque chose frôla sa joue. Il se retourna par réflexe, mais ne vit rien. Puis, alors qu’il pensait qu’il n’y avait rien ici, une sensation similaire lui effleura l’autre joue. Le Fantôme Maléfique se figea sur place.

« … »

La présence de la chose inconnue ne pouvait être détectée. Cependant, cette sensation était claire comme de l’eau de roche. Même maintenant, cette chose frôlait constamment le visage de la créature.

Ce qui était plus étrange, c’était que son corps ne voulait pas bouger. Inexplicablement, chaque parcelle de sa chair émettait des signaux d’alarme urgents. Ne bouge pas d’un poil, disaient-elles.

C’est alors que le tireur d’élite parasite remarqua que la forêt était devenue silencieuse.

Cligne, cligne.

Son gros œil rouge clignota plusieurs fois. Le Fantôme Maléfique finit par déplacer son regard sur le côté. Il jeta un coup d’œil furtif et découvrit un certain petit pied juste à côté de lui.

Balance, balance… La chose qui frôlait les joues du Parasite était ce pied humain, qui se balançait d’avant en arrière comme un pendule.

Le Fantôme Maléfique resta bouche bée avant de sursauter. Il leva inconsciemment les yeux, mais une silhouette noire de jais suspendue à une branche d’arbre lui tomba dessus.

« !! »

CRAC !

C’était la fin. Le Fantôme Maléfique n’eut même pas le temps de regarder de plus près la silhouette qui tombait que son cou fut arraché de son corps. Il mourut instantanément, incapable de pousser le moindre cri.

Le problème était que cette créature n’était pas la seule à sentir l’étrange phénomène qui se déroulait autour d’eux.

« Kiereuk… ? »

La horde de Parasites entourant l’homme et la femme effondrés se figea également sur place. Alors qu’ils restaient immobiles, l’un d’entre eux jeta prudemment un coup d’œil autour de lui.

Woooo…

Un appel sourd et inquiétant résonna. Après avoir entendu ce cri inconnu et glaçant, le Parasite commença à reculer petit à petit.

Heuuuu…

Cependant, comme si le propriétaire de la voix n’allait pas leur permettre de partir, un autre cri glaçant retentit.

Ils ne voyaient rien. Ils ne pouvaient rien entendre. Ils ne pouvaient même pas éprouver quoi que ce soit. Pourtant, les Parasites le sentaient très bien.

Ils pouvaient sentir l’atroce intention malveillante qui régnait dans toute la forêt.

Ils sentaient l’approche d’une horrible intention meurtrière assez grande pour écraser tous les Parasites ici présents comme des vers.

Il était inévitable que ces créatures ressentent ce changement. Après tout, c’étaient des monstres. Un monstre savait mieux que quiconque quand il avait en face de lui un semblable. Et les monstres fabriqués ne pouvaient jamais gagner contre un vrai monstre.

C’est alors que ça se produisit.

Crac !

Le cou de l’un des Parasites se tordit soudainement de l’autre côté. Ses yeux restèrent grands ouverts et sa tête roula sur le sol. Peu après, les globes oculaires d’un autre Parasite se mirent à tourner sur eux-mêmes avant que son corps entier ne tremble pitoyablement.

Puk !

En un clin d’œil, son corps explosa, la chair et les liquides corporels giclant partout.

« Kiiie… Puwaaaak !!! »

La créature qui ouvrait la bouche se fit déchirer la mâchoire. Puis…

« Kuaaaa ! »

Les membres d’une autre créature furent arrachés de leurs articulations.

Avant même que les Parasites restants ne puissent cligner des yeux sous le choc de la mort de leurs semblables, une fumée noire de jais se précipita sur eux comme un serpent venimeux. Cette fumée s’enroula étroitement autour de leurs corps avant de les soulever haut dans le ciel comme s’il s’agissait d’un fouet.

« Kiiieek ! Kiiieeek !!! »

« Grrrr, grrrr ! »

Les Parasites se débattirent et résistèrent tardivement, mais la fumée ne se dispersa pas.

Au contraire, la horde resta étroitement enveloppée par la fumée noire et s’envola de plus en plus haut dans les airs avant d’être projetée au sol, la tête la première.

Koong, koong, koong, koong ! La terre trembla violemment tandis que des sons vicieux et horribles explosaient.

Puis, ils s’élevèrent encore une fois vers le ciel avant de s’aplatir à nouveau sur le sol. Comme si une fois ne suffisait pas, le mouvement de fouet continua encore plusieurs fois.

Le spectacle de dizaines de têtes écrasées comme des pastèques au point de ressembler à de la viande hachée était assez grotesque pour détourner les yeux.

Kyahhhh…

Kyahhhh…

La fumée noire pensait peut-être que ce n’était pas satisfaisant, car l’aura qui avait réussi à massacrer des dizaines de créatures en un instant se répandit dans tous les coins de la forêt.

Bientôt, de nombreux cris retentirent dans tous les coins de la forêt. Ils semblaient si tristes qu’on ne pouvait même pas imaginer qu’ils provenaient de monstres.

Teresa Hussey parvint à atteindre le tombeau et à revenir rapidement, mais en voyant la scène cruelle du massacre, elle ne peut se résoudre à refermer sa mâchoire molle.

« C’est quoi ce… »

Tous ces Parasites terrifiants avaient été transformés en bouillie sanguinolente.

Elle regarda hébétée les morceaux de chair brisée et les fluides corporels formant une épaisse rivière sur le sol avant de repérer le jeune homme non loin et d’avoir le souffle coupé d’horreur. Il avait déjà été gravement blessé, et voilà qu’on lui infligeait une nouvelle blessure grave. Teresa, paniquée, se précipita vers lui. Non, elle essaya de le faire, mais…

Kywaaahk !!!

« Seol… Ah-ahhk ?! »

Une aura informe la frappant de tous les côtés la força à s’effondrer sur le sol. Elle n’en avait pas l’intention, mais son corps lutta contre son contrôle et se mit à trembler sans arrêt. Elle n’aurait jamais eu peur de quoi que ce soit dans la plupart des circonstances, mais elle était si terrifiée que ses dents s’entrechoquaient d’elles-mêmes.

Kyahrurururu… !

Teresa entendit ce grognement surnaturel et baissa la tête avant de la hocher comme une folle. Elle n’avait pas besoin d’entendre des mots pour comprendre.

Cette fumée noire qui tournait autour du jeune homme était absolument furieuse, à tel point qu’elle ne permettait même pas l’approche d’un autre être humain.

Peu de temps après…

Tap, tap… Elle entendit des pas feutrés dans l’herbe. Et puis…

« Oh hisse. »

… Oh hisse ?

Teresa cligna plusieurs fois des yeux avant de lever prudemment la tête pour regarder.

Elle vit une femme mince, à l’allure chétive… Non, cette silhouette n’était absolument pas chétive. En voyant les traces de massacre qui maculaient les mains et la robe blanche de cette inconnue, la terreur qu’elle avait oubliée l’espace d’un instant ressurgit dans sa tête.

Tandis que la bouche de Teresa remuait silencieusement, cette femme à l’éclatante cascade de cheveux argentés souleva prudemment le jeune homme et disparut de nouveau dans la forêt.

Elle se dirigeait vers le tombeau.