Kyaaaaaah !!!
Le cri de douleur se répercuta comme un tonnerre dans toute la vallée. Il était si fort que les créatures qui se précipitaient vers les murs de la forteresse durent arrêter leur progression et jeter un coup d’œil en arrière.
L’électricité dansait et crépitait comme un poisson rencontrant l’eau pour la première fois, provoquant un effet d’électrocution spectaculaire. Des étincelles électriques jaillirent de tout le corps de la Méduse, calcinant la créature, à tel point que sa chair fondit et que des fluides corporels commencèrent à s’écouler.
La Méduse se tordait de souffrance. L’un des Insectes oublia même de finir de mastiquer un humain qui résistait âprement à la horde jusque-là et en laissa pendre la mâchoire. Un cadavre portant de nettes marques de crocs s’abattit à terre.
Une autre boule de sort vola et heurta la tête de la Méduse qui hurlait de douleur. Des dizaines de flèches de lumière s’abattirent et martelèrent uniformément le torse de la créature. Le deuxième cri arraché par cette attaque ébranla le sol plus fort encore.
En temps normal, ce monstre aurait pu repousser des dizaines d’offensives magiques aussi faibles et simples. Mais il était déjà gravement blessé et il y avait le petit problème des flammes provoquées par l’électricité qui le brûlait.
Kyaaahuuk ! Kyahwuuuuk !
Enragée au-delà de tout contrôle, la Méduse tremblante tourna la tête en direction de l’endroit d’où provenait le courant électrique. À cet endroit, un humain solitaire la visait avec un arc et des flèches. La Méduse tressaillit de surprise et s’empressa de lever la main pour pointer l’humain incriminé.
Kiiiiieeeehh !!
Elle explosa de fureur et, comme il se doit, cracha une énorme boule de flammes. Seol Jihu jeta précipitamment l’arc et chuta par réflexe sur le sol.
BOOM !
La boule de flammes manqua sa cible et pulvérisa à la place plus de la moitié de l’étrange formation rocheuse derrière lui. Les débris qui tombèrent prirent feu et s’abattirent sur la vallée en contrebas comme des grêlons embrasés.
Je vais lancer ça, et… !
Seol Jihu était en train de retirer la dernière boule de sort, mais il leva brusquement la tête.
L’air qui touchait son visage était soudainement brûlant. De la fumée noire s’élevant frénétiquement de presque partout lui bloquait la vue. Et au-delà de ça…
Tadadak !
Il pouvait entendre le vacarme d’innombrables pattes courant sur le sol. De plus, des bourdonnements d’ailes battant furieusement résonnaient en même temps, ce qui lui donnait le vertige.
Alors qu’il criait intérieurement merde !, une patte traversa soudainement la fumée et apparut dans son champ de vision. Presque instantanément, des dizaines d’Insectes sortirent simultanément de la fumée et des flammes.
« Fils de… »
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Pris de court, Seol Jihu lança simplement la dernière boule de sort sur la horde qui se précipitait et, par pur instinct, il se retourna et courut aussi vite qu’il le pouvait.
Il entendit une cacophonie d’explosions et de rugissements retentissants derrière lui. Il jeta un coup d’œil furtif derrière lui, mais faillit perdre l’équilibre et trébucher devant ce qu’il vit.
La fureur de la Méduse devait être assez grande, car le nombre de créatures qui le pourchassaient n’était plus de quelques dizaines, mais de plusieurs centaines. La horde de poursuivants parvenait à noircir la terre derrière lui.
Leur direction était, sans aucun doute, vers lui. Après s’être assuré de leur rapidité et de leur énergie, Seol Jihu reporta son attention devant lui.
La distance qui le séparait d’eux ne se réduisait pas, mais elle n’augmentait pas non plus, même lorsqu’il contournait un énorme rocher ou qu’il montait une colline. La raison pour laquelle il était capable d’éviter que son rythme ne diminue trop était entièrement due à son mana abondant.
Alors qu’il commençait à penser que son plan pourrait réussir avec moins de douleur qu’il ne l’avait prévu, le bruit des battements d’ailes grattant ses oreilles figea le cours de ses pensées.
Une odeur dégoûtante se répandit soudain et son cou le démangea. Il n’eut pas le temps de réfléchir, il baissa la tête aussi vite qu’il le put.
Vwiiit !
Une sensation répugnante passa en diagonale derrière son crâne. La chose qui le frôlait ne s’écrasa pas sur le sol. Comme si elle était en train de dériver, elle décrivit un virage serré dans l’air et repartit à l’assaut.
La créature insectoïde volante avec trois ou quatre paires d’ailes battantes était un Cafard.
Il n’y avait pas de temps à perdre pour se sentir horrifié. La horde de Cafards volants le dépassa facilement et s’éleva dans les airs — leurs manœuvres aériennes ressemblant en quelque sorte aux cheveux ébouriffés d’une personne.
De plus, ce qu’il y avait devant lui se trouvait être le point central de la distance qu’il devait parcourir, qui était également l’un des terrains vallonnés les plus accidentés et les plus escarpés.
Alors qu’il commençait à courir sur la pente ascendante, Seol Jihu dut admettre qu’il avait sous-estimé la capacité de vol de ses ennemis. Malheureusement, ce n’était pas parce qu’il avait reconnu le problème que sa situation allait s’améliorer d’elle-même.
Très vite, les Cafards cessèrent de monter en flèche pour finalement redescendre rapidement — tous de façon simultanée.
« !!! »
Seol Jihu courait frénétiquement vers le haut de la colline jusqu’alors ; les actions organisées de l’ennemi le laissèrent complètement essoufflé. Ils étaient comme des aigles visant leur proie. Il pouvait définitivement sentir leur fort désir de le tuer à la manière décisive dont ils se ruaient sur lui.
Ce qui le surprit encore plus, c’était qu’ils ne se jetaient pas directement sur l’endroit où il se trouvait, mais, tout en gardant leur vitesse de descente effrayante, ils se posaient en biais sur la pente abrupte !
Devant, derrière, à gauche et à droite — les Cafards atterrissaient partout et se précipitaient vers lui comme s’ils glissaient sur des surfaces lisses. La distance d’écart qu’il pensait pouvoir maintenir disparut en un instant.
Grognement !
La vue de ces créatures fonçant sur lui en dispersant des étincelles et des cailloux tout autour était suffisamment terrifiante pour être prise pour un cauchemar. Leurs mugissements bruyants et bestiaux ressemblaient plus à une déclaration frénétique de leur désir de l’attraper et de le mettre en pièces.
Seol Jihu faillit paniquer devant l’intensité de leurs attaques suicidaires et serra les dents. Ces choses avaient décidé de le percuter plutôt que de se jeter sur lui. Chaque Cafard était plusieurs fois plus gros qu’un Insecte ordinaire ; leur seul élan aurait été comparable à celui d’un camion géant roulant à toute allure et sans freins. Un simple frôlement et il serait projeté dans les airs, ou tué sur le coup.
À l’origine, il avait prévu d’utiliser ça une fois qu’il aurait dépassé le sommet de la colline, mais maintenant que sa vie était en jeu, il n’avait plus le choix.
Je vais lui faire confiance.
Seol Jihu décida d’avoir foi en Ian et, sans hésiter, versa son mana dans la boucle d’oreille Festina. Immédiatement, des vents de tempête l’enveloppèrent. Et tout de suite, il tourna sur ses talons pour éviter les grandes créatures noires qui tentaient de le percuter sur les côtés.
Kwang !
Les Cafards s’écrasèrent les uns contre les autres ; leurs corps se froissèrent, flottant momentanément dans les airs.
Pendant ce temps, il mobilisa une plus grande partie de son mana et frappa le sol d’un coup de pied. D’un cheveu à peine, il se faufila entre les Cafards.
Ces créatures massives n’avaient jamais imaginé que la vitesse d’un humain augmenterait subitement de façon aussi importante. Il parvint à en distancer quelques-uns grâce à cette vitesse soudaine, mais il savait qu’il ne pouvait pas se détendre tout de suite.
Le fait que l’ennemi n’ait pas réussi à modifier ou à détourner son chemin de fuite constituait une lueur d’espoir.
Seol Jihu courut comme le vent, en zigzag, entre les Cafards qui essayaient de le percuter de face. Tout en faisant preuve de remarquables manœuvres d’évitement à la limite du possible, il parvint à déjouer les tentatives des Cafards de s’écraser sur lui, mais son visage se vida alors de toute couleur.
Le sommet de la colline était presque atteint, mais il pouvait encore voir d’autres Cafards voler au-dessus de lui. De plus, chacun d’entre eux transportait des Insectes.
Les Cafards qui entreprenaient de l’abattre par des attaques suicidaires avaient réussi leur coup en faisant faire à leur cible humaine plusieurs pas de plus que nécessaire.
Peut-être que ces choses avaient compris qu’il était bien plus rapide que leur estimation initiale, car elles se rassemblèrent à proximité pour éliminer tout écart visible. Et puis, elles se mirent à lâcher leurs cargaisons.
Bordel de merde !!!
Voyant les Insectes pleuvoir d’en haut, Seol Jihu serra les dents.
S’il voulait éviter la pluie d’Insectes, il devait les contourner, mais cela se solderait à coup sûr par sa capture. Mais pour qu’il puisse courir à l’aveuglette, leur chute était trop bien synchronisée. C’était presque suffisant pour lui faire lâcher quelques mots bien sentis.
La seule option qui lui restait était d’augmenter davantage sa vitesse. Cependant, s’il devait cumuler le Boost une fois de plus, il n’avait aucune confiance en sa capacité à faire face à la vitesse de descente potentielle une fois arrivé dans la partie descendante.
Malheureusement, la situation actuelle l’obligeait à prendre une décision rapide. Se préparant, Seol Jihu mobilisa son mana une fois de plus.
Avec un cumul de Boost supplémentaire qui s’ajoutait au buff initial, son être tout entier se mit soudain à vibrer. Il tremblait comme une voiture qui n’aurait pas supporté une vitesse excessive.
Dans cet état, Seol Jihu filait tel un guépard vers le sommet. Alors qu’il était suffisamment proche pour regarder droit dans les yeux l’un des Insectes en train de tomber, il pencha son corps en arrière.
S’il avait couru debout, il serait entré en collision avec cet Insecte sans aucun doute. Il n’y avait qu’un espace de moins de quatre-vingts centimètres entre les créatures qui tombaient et le sol, mais Seol Jihu réussit à passer à travers en glissant sur le sol.
Juste après, son corps glissant devint aérien ; il fut alors assailli par la sensation que le bas de son torse était aspiré vers le sol. Il avait couru au-delà du sommet de cette manière, et comme s’il plongeait vers la terre, il commença à glisser vers le bas de la colline, presque sans contrôle.
Keuuuuuuh !!!
Les parties de son corps qui frottaient contre la surface rocheuse en dessous étaient en train de brûler.
Le danger n’était pas encore écarté. Le bas de la colline se rapprochait de plus en plus. S’il continuait à descendre à ce rythme, il ne se contenterait pas de se briser quelques os ; quant à ce qui se passerait ensuite, ce serait aussi clair que le soleil de midi.
Par pitié !
Même si la douleur qui lui montait du dos était paralysante, il réussit désespérément à appuyer sur le sol avec ses deux mains. Il se releva tant bien que mal, mais son corps chancelait et ses membres ne parvenaient pas à s’adapter à la vitesse actuelle.
Au moment où son corps perdait à nouveau l’équilibre et vacillait sur le point de basculer, sa jambe s’étendit difficilement et rencontra le sol.
Bang !
La sensation de son pied presque brisé par l’impact le fit quasi s’évanouir. Il cessa de respirer pendant un moment, ce qui lui donna l’impression que sa poitrine brûlait à cause du manque d’oxygène.
Cependant, la seule raison pour laquelle il ne tomba pas, mais utilisa l’inertie pour continuer à courir, était qu’il avait déjà vécu quelque chose comme ça auparavant. Il se souvenait des jours passés à courir encore et encore sur la piste d’athlétisme, et…
« Keuaaaaaah !!! »
… Il serra les dents et parvint enfin à retrouver son équilibre en faisant un pas, puis un autre, en avant.
Et il recommença à prendre de la vitesse !
Du point de vue des Parasites, une scène pareille était incroyable. Ils devaient trouver détestable cet humain qui parvenait à se défiler telle une anguille glissante, car ils se mirent tous à pousser de grands rugissements d’angoisse. Les Cafards, fous de rage, le poursuivaient comme des fous, et les Insectes se roulaient en boule et se mettaient à dévaler la colline.
Seol Jihu ne pouvait que s’étonner de leur acharnement, mais il ne se déconcentrait pas pour autant.
Après avoir frôlé la mort à plusieurs reprises en très peu de temps, sa situation s’était enfin améliorée. Le reste du chemin s’effectuait sur une zone qui semblait tout à fait plate et paisible comparé au terrain dangereux sur lequel il courait jusqu’à présent.
Plus important encore, il pouvait maintenant voir deux hautes et imposantes falaises se faisant face, comme si quelque chose les avait séparées en deux. Et puis, un profond ravin s’étendait entre les deux.
Son objectif n’était plus très loin.
Sentant que la réussite de sa mission était à portée de main, Seol Jihu activa le troisième et dernier cumul du Boost.
Pang !!
Trois cumuls d’accélération explosive.
Aussi rapide que les vents de tempête, Seol Jihu disparut dans le ravin.
« Il a réussi ! »
Ian serra les poings.
L’anxiété que le Magicien avait ressentie au moment où le jeune avait franchi l’encerclement des Parasites au sommet de la colline avec une dextérité quasi miraculeuse s’était rapidement transformée en demi-croyance quand le garçon avait glissé vers le bas de la colline, et enfin en joie lorsque Seol Jihu réussit à retrouver son équilibre et continua à courir.
S’il n’en tenait qu’à lui, Ian aurait pu se lancer dans un numéro de danse à ce moment-là. Malheureusement, il n’avait pas la possibilité de le faire.
Sous les hautes falaises dont le seul coup d’œil par-dessus le bord donnerait le vertige, la horde de Parasites poursuivait le jeune dans une formation en forme de flèche qui leur donnait l’air d’une foreuse mortellement aiguisée.
Si Seol Jihu était considéré comme la personne la plus importante dans son plan, la deuxième serait Ian.
Le jeune homme avait dépassé toutes les attentes et mené à bien sa partie du plan. Pour le reste, tout ce que Ian avait à faire, c’était de profiter d’un bon repas luxueux offert gratuitement.
Ian se trouvait actuellement au sommet d’une énorme formation rocheuse triangulaire en saillie sur l’une des falaises. Sous ses pieds, une sorte de poudre blanche avait été déposée en couche épaisse pour constituer une ligne droite de plus de huit mètres de long.
Ian balança vigoureusement son bâton.
« Liquéfaction ! »
Quelque chose d’incroyable se produisit ensuite. La poudre blanche se transforma soudain en liquide et imbiba le sol.
Tzzzt, tzzzzt !
La substance se mit alors à bouillir et à faire fondre rapidement les rochers en contrebas pour s’infiltrer plus profondément dans la falaise. Bientôt, une fissure fine et longue se forma sur le sol.
« Fissure !!! »
Ian frappa immédiatement le sol avec son bâton. De la fissure qui continuait à s’enfoncer dans la roche, des fractures visibles commencèrent à se propager.
« Fissure !!! »
Ian incanta le même sort une fois de plus. La fissure visible à la surface s’élargissait de plus en plus vite, et s’étendait rapidement comme la toile d’une araignée.
À ce moment-là, Seol Jihu était entré dans le ravin.
Ian sortit alors une enveloppe et en répandit le contenu dans l’air. Une poudre vert jaunâtre se dispersa dans le vent avant de disparaître de toute vue, comme si elle ne faisait plus qu’un avec le ciel. Et le Magicien activa sa quatrième magie Mémorisée.
« Ventus Gladio !! »
Des lames de vent acérées et stridentes se rassemblèrent autour de la pointe de son bâton.
À partir de maintenant, Ian ne pouvait plus se permettre la moindre erreur. De la fumée blanche s’élevait des fissures nouvellement formées et bloquait sa vision, mais elle ne parvenait pas à aveugler un Magicien qui avait poussé sa concentration à l’extrême. La sueur dégoulinait sur son visage, mais il continuait d’observer, les yeux légèrement injectés de sang, tandis que des calculs rapides s’enchaînaient dans sa tête.
Lorsqu’il confirma que Seol Jihu avait franchi l’entrée du ravin pour se rendre au point intermédiaire, il n’hésita pas et abattit son bâton une fois de plus.
Les lames de vent qui se condensaient sans cesse près de son bâton s’élancèrent soudainement vers le bas. Plus précisément, elles disparurent dans les profondes fissures formées par le liquide au sol. Et puis, tranché !
Le bruit de quelque chose que l’on coupe sortit de la fente.
Kiik, kiiiik !
Ensuite, la formation rocheuse triangulaire géante cracha d’énormes amas de poussière et commença à glisser vers le bas selon un angle diagonal. Elle se sépara proprement du reste de la falaise, révélant un plan de coupe lisse tandis qu’elle s’apprêtait à glisser doucement vers le bas, mais alors…
Fracas, choc, grondement, boum ! Craaac !!
La formation triangulaire s’abattit trois ou quatre fois sur les parois de la falaise avant de se briser en plusieurs dizaines de morceaux massifs.
Les rochers pointus et tranchants plongèrent sur le sol. Chacun d’entre eux était aussi gros qu’un météore en chute libre, et ils s’écrasèrent sur la horde de Parasites qui poursuivait Seol Jihu dans une frénésie sanglante.
Il s’agissait d’une attaque précise, réalisée après de nombreux calculs. Les Parasites étaient devenus fous à lier après que le jeune les eut ridiculisés, et ils n’avaient donc pas pu esquiver à temps et avaient dû recevoir de plein fouet les rochers qui tombaient.
Peu de temps après…
Boum !! Boum !! Bouuuuum !!
Le ravin trembla violemment avec des explosions effrayantes lorsque les rochers atteignirent leurs cibles.
Les pierres s’abattirent sur les Insectes, démolirent leurs carapaces et s’écrasèrent sur le sol en contrebas. Sous l’effet de la gravité, les rochers explosèrent en d’innombrables fragments dès qu’ils entrèrent en collision avec le sol, comme une grenade. Les Parasites qui avaient eu la chance d’échapper à la chute initiale furent tous emportés par les tourbillons tempétueux des éclats de roches en forme de shrapnel.
Ainsi, après le premier crash, le ravin se transforma en un véritable enfer.
Ceux qui furent tués lors du premier impact furent les plus chanceux. Quant aux autres, certains explosèrent simplement après avoir été écrasés par les bouts de rochers qui rebondissaient, ou leurs corps furent déchirés par les éclats de pierre. Les rochers se fracassant de toute part répandirent dans l’air les fluides corporels verdâtres et les morceaux de leurs victimes.
Seol Jihu avait réussi à s’échapper du ravin juste à temps, mais il continuait à courir sans relâche.
Il n’entendait plus rien. Les acouphènes causés par l’incroyable force d’impact derrière lui résonnaient bruyamment dans ses oreilles. Il ne pouvait qu’utiliser son intuition pour deviner approximativement ce qui se passait.
Soudain, il se rendit compte que le temps s’était ralenti. Sa vision se mit à trembler brusquement, et son corps entier sembla peser une tonne.
Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il comprit que le temps n’avait pas vraiment ralenti, mais que c’était sa vitesse qui était revenue à la normale. L’effet du Boost avait pris fin.
C’est alors que le sentiment familier d’aliénation s’abattit sur lui.
« Euh, euh… »
Seol Jihu vacilla, confus, et jeta un coup d’œil derrière lui avant d’écarquiller les yeux. Personne ne pouvait dire comment il avait réussi à s’échapper, mais un unique Cafard se précipitait vers lui comme une flèche.
Par réflexe, les mains de Seol Jihu cherchèrent sa lance, mais il se souvint tardivement qu’il ne l’avait pas apportée avec lui. Mais au même moment, une lance venue de nulle part transperça le Cafard et le cloua au sol.
Seol Jihu fut stupéfait et tomba finalement sur le derrière. Il sentit alors que quelque chose de dur et de métallique le soutenait dans le dos, et que quelqu’un l’enlaçait doucement.
Des mèches de cheveux roses lui chatouillaient le visage. Lorsque les yeux de Seol Jihu rencontrèrent une paire d’iris d’un rose-or profond, tout ce qu’il put faire fut de cligner plusieurs fois des yeux, hébété.
C’était Teresa. Elle le fixait avec les yeux passionnés d’une jeune fille tombant amoureuse pour la première fois.
« … ! … ! »
Ses lèvres remuaient rapidement, elle devait donc dire quelque chose, mais Seol Jihu ne l’entendait pas, car ses oreilles bourdonnaient encore fortement.
La princesse chevalière vit son expression hébétée, ferma les lèvres et le fixa silencieusement. Cependant, elle ne pouvait dissimuler le bonheur pur qui brûlait dans ses yeux.
Elle approcha soudain son visage assez près pour toucher le sien. Leurs nez se serrèrent, et il put même sentir sa respiration rauque.
Elle ramena ses cheveux en arrière, comme une cascade, et reprit la parole.
« Vous savez ? »
Sa voix était comme empourprée à ce moment-là.
« J’ai dit, vous savez ? »
L’instant d’après, Seol Jihu sentit une paire de mains lui enserrer l’arrière de la tête.
« Vous, vous êtes vraiment trop bandante en ce moment, putain ! »
Teresa hurla et pressa son visage contre le sien. Seol Jihu prit une expression stupide. Ce ne fut qu’au bout de cinq secondes qu’il réalisa que la sensation douce et humide qui se frottait à ses lèvres n’était autre que les lèvres de la princesse.
« Wu, wuup ?! Mu, mupp… »
Smooooch. Teresa avala la salive comme si elle essayait d’aspirer ses lèvres, puis elle relâcha son visage. Elle émit un petit bruit satisfait et se lécha légèrement les lèvres.
Elle déposa soigneusement le jeune homme stupéfait sur le sol en position assise, puis, le visage toujours excité, elle déplaça son regard vers le ravin.
La formation rocheuse triangulaire s’était écrasée sur le front et le milieu de la horde ennemie, ce qui avait plongé le groupe arrière des Parasites dans le chaos le plus total.
Cependant, ils n’étaient pas mieux que des rats pris au piège. Autour de Teresa, une douzaine de Terriens et plus d’une centaine de soldats attendaient. Mais le plus important, c’était que ce n’était pas le seul endroit où l’armée s’était postée.
« On dirait qu’un festin a été préparé pour nous. »
De Dylan, qui vint rapidement après avoir réussi à abattre la Méduse…
« Je me demande. C’est pas plutôt les restes de quelqu’un d’autre ? »
De Chohong aussi…
« On s’en fout que ce soit des restes ! Je suis toujours partant pour n’importe quel type de délices, tu sais ! »
Même Hugo.
Depuis les innombrables chemins latéraux débouchant du ravin, les Terriens et les soldats d’élite dissimulés se dévoilèrent les uns après les autres.
Une fois le filet lancé, les Insectes et les Cafards qui hésitaient, confus, à l’arrière, commencèrent tardivement à observer autour d’eux. Il était alors bien au-delà du trop tard.
Cling ! Teresa sortit sa magnifique épée longue et la leva vers le ciel.
Et, observant la scène du haut de la falaise, Ian était rempli d’admiration. Depuis le début jusqu’à cet instant, tout s’était déroulé selon le plan de Seol Jihu.
Il a vraiment réussi à créer ce miracle !!!
« Chaaaaaargeeeeeeez !!! »
À cet instant, le rugissement fougueux de Teresa résonna dans tout le ravin.
Uwoaaaaaaah !!!
« Hoh ! »
Les yeux de Ian brillaient de mille feux.
L’armée qui avait été séparée en dix groupes et qui se tenait en embuscade…
« À l’attaaaaaaqueeee !!! »
… Partit simultanément à l’assaut de l’ennemi appâté.