« La raison pour laquelle vous êtes si confus, c’est que beaucoup d’événements s’entrecroisent comme une toile d’araignée. »
C’était vrai. Il s’était passé énormément de choses en très peu de temps.
« La complexité de la situation suggère que beaucoup de gens te visent…. Bref, la situation autour de vous peut être classée en deux catégories. »
Eun Yuri continua, ses doigts toujours levés.
« La première catégorie, c’est Sinyoung. L’incident de l’assaut est déjà réglé, et l’incident sur Terre s’est conclu avec la découverte du corps de Jung Minjong. Mais… »
Eun Yuri se racla la gorge.
« Ce serait trop précipité de supposer que tout est réglé. Je suis sûre que vous vous demandez quel rôle Yun Seohui a joué dans ces événements. »
Eun Yuri mit le doigt sur les pensées les plus profondes de Seol Jihu.
Est-ce que Yun Seohui avait planifié l’assaut ? Est-ce qu’elle ne savait vraiment rien ? Ou est-ce qu’elle savait, mais a choisi de ne pas l’arrêter ? Ces questions restaient accrochées à l’esprit de Seol Jihu.
S’il avait eu la capacité de lire dans les esprits, il aurait très certainement lu celui de Yun Seohui.
« Je comprends pourquoi vous et Kim Hannah avez forcé Yun Seohui à démissionner. Elle est impossible à lire, donc le plus sûr, c’est de limiter son influence autant que possible. »
Seol Jihu hocha silencieusement la tête.
« Honnêtement, je ne comprends pas Yun Seohui non plus. »
Eun Yuri remarqua, en penchant légèrement la tête.
« C’est un mystère…. Il y a un cas où je pense que Yun Seohui pourrait être la coupable, mais pour que mon hypothèse soit vraie, il faudrait qu’elle ait l’esprit d’une gamine de cinq ans… »
Seol Jihu eut un léger rire.
« Je n’aurais pas prêté attention à Mademoiselle Yun Seohui au départ si elle avait vraiment cinq ans. »
« Vous l’ignorez ? Parfois, les enfants peuvent être plus effrayants que les adultes. »
Eun Yuri répliqua, puis baissa un doigt.
Les enfants, en général, n’ont pas un sens du bien et du mal aussi développé que les adultes.
Se rappelant le moment où son frère avait jeté son vélo depuis le balcon de leur appartement au troisième étage parce qu’il ‘s’ennuyait’, Seol Jihu hocha légèrement la tête, d’accord.
Puis il reporta son regard sur Eun Yuri.
Il ne lui restait qu’un doigt levé.
« La deuxième catégorie, c’est l’épreuve pour devenir l’Apôtre de la Gourmandise. Vous avez mené votre plan à terme en faisant tomber Sinyoung, mais vous avez quand même échoué à réussir l’épreuve. Parce qu’il y a encore un problème qui n’a pas été réglé. C’est ce que Gula a dit, non ? »
« Eh bien, oui… »
Seol Jihu l’écoutait attentivement quand il parla soudain.
« Pourquoi vous avez séparé ces événements en deux catégories ? »
Il demanda en penchant la tête.
« Je pense qu’on devrait regrouper ces deux incidents. »
« Vous avez raison, ils ont quelque chose en commun. Ces incidents ont tous les deux commencé avec l’incident de l’assaut contre Valhalla. »
Eun Yuri hocha la tête, puis ouvrit grand les yeux.
« Mais techniquement, l’assaut n’était que le début de tout ce qui a suivi. Je pense que ce qui s’est passé après doit être considéré comme deux événements séparés. »
« Pourquoi ? »
« Parce que… »
La voix d’Eun Yuri se fit plus fine, et après un silence, elle haussa les épaules.
« Je pense que c’est ce que Gula essayait de vous faire comprendre. »
Seol Jihu eut l’air encore plus confus.
Eun Yuri le fixa avec ses yeux nonchalants habituels et afficha un sourire mystérieux.
« Vous avez fait des études d’ingénierie, pas vrai ? »
« Oui. »
« Je pense que parfois, vous réfléchissez trop. Quand vous résolvez un problème, vous vous attendez à ce que chaque étape soit logique et précise, comme des maths. »
Eun Yuri étouffa un rire et se leva lentement.
« Je ne dis pas que c’est mauvais, mais… Je ne suis pas vraiment en âge de donner des conseils de vie aux autres, mais d’après mon expérience, parfois il se passe des choses illogiques et anormales dans la vie. Surtout quand ça concerne les sentiments et les mots. »
Elle passa d’un pas léger derrière le bureau et arriva à côté de Seol Jihu.
Eun Yuri regarda Seol Jihu de haut tandis que lui levait les yeux vers elle.
Ils se fixèrent un moment, puis Eun Yuri soupira et se précipita vers Seol Jihu, se tortillant pour s’installer dans la chaise sur laquelle il était assis.
« M-Mademoiselle Eun Yuri ? »
« Allez, poussez-vous un peu… Voilà. »
Eun Yuri réussit à s’approprier la moitié de la chaise et sourit, triomphante.
Puis elle attrapa une feuille sur le bureau et prit un stylo.
« Je vais essayer de vous le simplifier, Monsieur l’Ingénieur. »
Elle tira la feuille vers elle et sa main se mit à bouger.
Elle écrivit les mots « Sinyoung » et « Épreuve » sur la feuille blanche, d’une écriture élégante.
« Les paroles de Gula concernaient l’épreuve. »
Eun Yuri tapota le mot ‘Épreuve’ avec la pointe de son stylo et dessina un signe égal (=) à côté.
« Conduire le changement de l’humanité. L’humanité porte encore un grave problème, et à cause de ça, le changement n’est pas complet…. D’accord, alors définissons d’abord ce qu’est l’humanité. Qui est inclus dans l’humanité au Paradis ? »
Eun Yuri parla comme une professeure s’adressant à une classe.
Seol Jihu répondit presque immédiatement.
« Les Terriens. »
« Exact. Les Terriens en font partie. Et l’autre ? »
« L’autre ? L’autre… les Paradisiens ? »
« Exact. Ce qui veut dire… »
Eun Yuri marqua une pause et écrivit « Paradisiens » et « Terriens » à côté du signe égal.
« Conduire le changement de l’humanité, ça veut dire conduire le changement des Paradisiens et des Terriens. Ensuite… »
Eun Yuri continua.
« À partir de là, je vais aborder le problème avec un raisonnement rétrograde et la méthode d’élimination. »
« Un raisonnement rétrograde ? »
« Ce n’est pas dur. C’est même très simple. C’est ce qu’on fait en compréhension écrite. Quand on ne connaît pas la réponse juste en lisant le texte, on commence par éliminer la réponse la moins probable parmi les choix. »
Eun Yuri fit tourner le stylo une fois entre ses doigts, puis recommença à écrire.
—Humanité = Paradisiens et Terriens.
—La raison pour laquelle l’épreuve n’est pas terminée = Parce que le changement de l’humanité n’est pas terminé.
—La raison pour laquelle le changement de l’humanité n’est pas terminé = Parce que l’humanité a un grave problème.
Eun Yuri mit le mot « humanité » entre parenthèses dans la dernière phrase.
« Qu’est-ce que ça donne si vous remplacez ce mot par ce qu’on vient de définir ? »
« Parce que les Paradisiens et les Terriens ont un grave problème…. Ah. »
Seol Jihu eut soudain une illumination.
Eun Yuri sourit doucement.
« Gula n’a pas dit autre chose ? »
« Ceux qui ont changé ne sont qu’une fraction du total… »
« J’admets que vous avez changé les Terriens de force jusqu’à un certain point. »
Eun Yuri termina sa phrase et traça une barre oblique sur le mot « Terriens ».
Il ne restait plus que « Paradisiens ».
« C’est là que Gula vous a donné un indice important. »
Eun Yuri tourna la tête vers Seol Jihu.
« Vous étiez proche en termes de distance physique. »
« … »
« Avec quels Paradisiens avez-vous parlé ces derniers mois ? »
« … »
« Charlotte Aria, Sorg Kühne, Roe Scheherazade, et l’assistante qui est venue nous voir juste avant qu’on quitte Scheherazade… Il n’y en a pas tant. Vous croyez que Charlotte et l’administrateur royal sont des traîtres ? »
Seol Jihu secoua la tête.
« Alors il nous reste deux personnes. Roe Scheherazade et son assistante. »
Eun Yuri piqua le mot « Paradisiens » avec la pointe de son stylo et termina son explication.
Fin.
Eun Yuri avait trouvé une solution si facilement à un problème que Seol Jihu essayait de résoudre depuis des jours.
Seol Jihu fixa la feuille.
Ce n’est pas qu’il n’avait rien à dire.
« Mademoiselle Eun Yuri. Mais— »
« Je sais ce que vous pensez. »
Eun Yuri l’interrompit, comme si elle savait déjà ce qu’il allait dire.
« “Jusqu’à un certain point” veut dire “pas entièrement”. Alors pourquoi a-t-elle sorti les Terriens de l’équation si vite ? Et, concernant les Paradisiens, on ne connaît pas la portée exacte de la “distance physique”, alors pourquoi ? »
C’est ça ? Eun Yuri lui lança un regard.
Seol Jihu referma la bouche.
« Et voilà ma réponse. Vous avez raison : les Terriens n’ont peut-être pas complètement changé. Le contrat n’est que le début, après tout. »
« Mais, plus précisément, le changement des Terriens est encore en cours. Tout comme Sinyoung est en train de remplir ses engagements. »
En gros, elle disait que le succès du plan ne pourrait être jugé que plus tard, puisque les résultats n’étaient pas encore sortis.
« Et pour la distance physique. Vous avez encore raison. On ne connaît pas la portée exacte. Alors supposons qu’un civil quelconque que vous avez croisé dans la rue soit en fait un traître. »
« Qu’est-ce que ce civil pourrait faire ? Je ne pense pas que la Reine Parasite séduirait un humain qui n’a absolument aucune influence au Paradis, à moins qu’elle ne soit devenue folle. »
« Et le mot “proche” signifie une courte distance. Est-ce que Scheherazade, à part Eva, n’est pas la seule ville que vous avez visitée récemment ? »
Elle avait raison. D’après les archives écrites par Ian, la Reine Parasite ne s’intéressait qu’aux humains qui pouvaient lui être utiles, et parmi les Paradisiens avec lesquels Seol Jihu avait été en contact récemment, seuls quelques-uns correspondaient à ce critère.
Eun Yuri poussa un petit soupir.
« Comme je l’ai dit… parfois vous réfléchissez trop. »
« Je comprends pourquoi. Nos ennemis sont forts, donc vous vous êtes entraîné à envisager toutes les possibilités et à vous préparer à l’avance. »
« Mais je pense que cette fois, vous devriez réfléchir de manière intuitive. »
Parce que….
« Gula et vous êtes liés par une forte confiance. »
Protéger le monde de la Reine Parasite était le devoir des Sept Péchés.
S’ils échouaient, ils seraient sans aucun doute dévorés comme les Sept Vertus.
Puisque leur propre existence était en jeu, ils avaient toutes les raisons d’aider Seol Jihu à combattre la Reine Parasite.
« Une chose que j’ai apprise en étudiant la magie sous les conseils de Roselle, c’est que les mots ont des pouvoirs mystiques. »
Eun Yuri fixa calmement Seol Jihu.
« Une réponse douce détourne la colère. Parfois, le même mot change de sens selon le contexte. Vous avez dit une chose, et les autres vont l’interpréter de centaines de façons différentes. »
Par exemple, « prendre responsabilité » pouvait être interprété de bien des manières. Ça pouvait être une demande en mariage, un rappel à accomplir son devoir, ou quelque chose de complètement différent.
« Je suis sûre que non seulement Gula, mais aussi le reste des Sept Péchés attendent avec impatience que vous réussissez l’épreuve. »
« Alors, n’est-il pas probable qu’elle vous ai donné un indice, en espérant que vous le remarquiez tout en évitant d’affecter la loi de causalité autant que possible ? »
Seol Jihu ferma les yeux, plongé dans ses pensées.
Eun Yuri le fixa un moment, puis parla prudemment.
« Et, plus important encore… Vous ne l’avez pas senti ? »
« ? »
« Quand on quittait Scheherazade. J’avais un mauvais pressentiment à ce moment-là… »
Seol Jihu tressaillit.
Il s’en souvenait aussi.
Sur le chemin du retour, il avait été nerveux sans raison et mal à l’aise même après être rentré.
Comme si quelque chose de mauvais allait arriver à Scheherazade.
Qui aurait cru qu’Eun Yuri, qui avait une aptitude à la perception extrasensorielle, avait ressenti la même chose ?
« Sur le moment, je pensais juste que je me faisais des idées, mais vous parler m’a rappelé ce que je ressentais ce jour-là… »
Seol Jihu était de plus en plus convaincu qu’Eun Yuri avait raison.
« Bref, je ne dis pas que j’ai raison. Mais je pense que ça vaut le coup d’essayer. »
« … »
« En essayant, vous pourriez tomber sur de nouveaux indices, et même si ce n’est pas le cas, ça réduira forcément les possibilités. »
À ce stade, Seol Jihu ne trouvait plus de raison de contester.
Le fait était qu’il sentait qu’Eun Yuri avait raison.
En y repensant, ce n’était pas seulement le fait que sa Capacité Innée ne fonctionnait pas sur Roe Scheherazade qui était étrange.
Vous n’allez pas… détruire Sinyoung ?
Ça devait être cet enfant… Même si nous étions des amis proches depuis l’enfance…
Ce n’est pas seulement les Terriens.
Ce qu’elle avait dit…
Il avait cru qu’elle parlait de l’assistante qui l’avait trahie, mais…
Après avoir mis ses idées en ordre, Seol Jihu ouvrit lentement les yeux.
La vue s’était dégagée devant lui.
C’était un excellent choix de parler à Eun Yuri.
Elle n’avait pas donné la réponse, mais elle lui avait montré la direction à prendre alors qu’il était bloqué.
Seol Jihu parla en hochant la tête.
« Je comprends ce que vous essayez de dire. Il faudra d’abord enquêter sur Roe Scheherazade et son assistante. »
« Ce ne sera pas dur. Vous n’avez qu’à laisser une trace du mana de Prof sur elles. Vos talents de drague rendront ça facile. »
Eun Yuri sourit, et….
« Ou… si vous vous inquiétez encore, on pourrait réduire les suspects davantage. »
Elle dit d’une voix secrète.
Les yeux de Seol Jihu s’ouvrirent en grand.
« Comment ? »
« Par des variables. »
« Des variables ? »
« Vous voyez, comme une calculatrice capable de résoudre un problème mathématique extrêmement complexe en un clin d’œil. »
« Je ne savais pas que j’avais quelque chose comme ça. »
Seol Jihu pencha la tête, perplexe.
« Bien sûr que si. Mais son effet variera selon la façon dont vous l’utilisez… ? »
Eun Yuri s’interrompit soudain et tourna les yeux vers la porte.
Seol Jihu fit de même.
Des pas lourds résonnèrent dans le couloir et la porte s’ouvrit à la volée.
« Hé, t’es là ? »
La personne qui entra dans son bureau n’était autre que Chohong.
Elle balaya le bureau du regard et s’arrêta en voyant l’homme et la femme collés l’un à l’autre sur la même chaise.
« …Vous vous amusiez ? »
Elle demanda en levant lentement un sourcil.
« Non. Pas du tout. »
« Non. Pas du tout. »
Les deux nièrent en même temps et se regardèrent.
Chohong renifla.
« Mon cul, pas du tout. Depuis quand vous êtes un couple ? Je croyais que t’aimais pas les petites ? »
Petite ?
Eun Yuri cligna des yeux, confuse, puis sursauta.
Elle se couvrit vite la poitrine avec ses bras et lança un regard noir à Chohong.
« Qu’est-ce qui te prend ? Tu n’as même pas frappé. »
« Ah, c’est juste que tu as des invités. »
Chohong fit un geste du pouce derrière elle.
« Des invités ? »
« Ouais. Miss Foxy les a là maintenant. J’ai essayé d’attendre que vous ayez fini ici, mais vous mettiez beaucoup trop de temps. Elle m’a demandé de te dire de venir vite si tu n’es pas trop occupé. »
Des invités, à cette période ?
Qui c’est ?
Curieux, Seol Jihu se tourna vers Eun Yuri.
Mais évidemment, Eun Yuri n’en savait pas plus.
« Bref, si t’es pas occupé, tu devrais aller les saluer. Désolée d’interrompre, mais vous pouvez baiser n’importe quand. »
Chohong lâcha ça sans détour en voyant les deux échanger un regard.
Seol Jihu et Eun Yuri sautèrent aussitôt de la chaise et s’éloignèrent l’un de l’autre dans des directions opposées.
*
On lui dit que Kim Hannah avait emmené les invités à la cafétéria du dixième étage.
Elle semblait leur avoir offert un repas pendant qu’il parlait avec Eun Yuri.
Il n’avait aucune idée de qui pouvaient être ces invités, alors il demanda à Chohong, mais elle lui donna une réponse insatisfaisante.
« Je sais pas. »
« Quoi ? »
« Me demande pas. Je les ai croisés par pur hasard quand je suis allée à la cafétéria manger. Miss Foxy m’a vue et m’a demandé de t’amener tout de suite. »
Chohong répondit d’une voix un peu mécontente.
Cela voulait dire que Kim Hannah avait jugé préférable de garder la visite des invités secrète.
Seol Jihu monta vite les escaliers et, en arrivant à la cafétéria, ses yeux s’écarquillèrent.
Il vit Kim Hannah qui l’attendait, adossée au mur, Seo Yuhui sortant de la cuisine avec un plateau dans les mains, et deux hommes à l’allure misérable assis à une table, avalant à la hâte une cuillerée de soupe de riz.
« Il y en a encore. Mangez. »
« M-Merci. »
Seo Yuhui leur tendit un bol supplémentaire de riz et de soupe, et l’un d’eux prit le bol à deux mains et le posa sur la table.
Ils mangeaient à une vitesse incroyable, comme s’ils mouraient de faim depuis des jours.
J’ai l’impression de les avoir déjà vus quelque part….
Il les regardait manger quand l’un d’eux retira soudain sa capuche, qui couvrait la plupart de son visage, parce qu’elle le gênait.
L’homme fourra du riz dans sa bouche au point d’avoir une joue gonflée, attrapa du kimchi de radis à la main et y mordit à pleines dents.
Les yeux de Seol Jihu s’ouvrirent en grand.
« Ah. »
L’homme entendit ce son et s’arrêta.
Il se tourna vers Seol Jihu, debout près de l’entrée de la cafétéria, et se leva de son siège avec un hoquet.
« V-Vous êtes là… »
Bégayant, il tapa rapidement son ami, qui était encore en train de se gaver.
« Hein ? Ces types… »
Chohong aussi les reconnut.
« C’est pas vous, les bâtards de l’autre fois ? Vous êtes cinglés ? Vous croyez être qui pour débarquer ici comme si de rien n’était ? »
Elle retroussa ses manches et s’apprêta à leur sauter dessus, mais s’arrêta brusquement.
Seol Jihu lui tirait le bras.
Sa prise était si forte que son bras allait presque lui faire mal.
« Aïe… ! Hé, hé ! J’ai compris ! Je m’arrête. Je… »
Chohong grommela, et Seol Jihu relâcha sa prise.
Il tourna les yeux vers les deux hommes qui se levèrent prudemment.
Quand leurs regards se croisèrent, les deux baissèrent la tête en hâte.
« Ça fait longtemps. »
Seol Jihu parla d’une voix calme.
« Monsieur Pavlovici. C’est bien ça ? »
« O-oui, oui. »
Les invités n’étaient autres que les frères Pavlovici qui avaient cherché la bagarre avec Seol Jihu dans un bar de Haramark.
Ils étaient quatre à l’époque, mais désormais ils n’étaient plus que deux.
« C’est une surprise. Je ne pensais pas que vous viendriez. »
« À l’époque… »
Pavlovici essuya sa bouche avec sa manche et avala ce qu’il avait dans la bouche.
Puis il continua.
« Je vous ai fait une promesse, Représentant de Carpe Diem. Enfin—Valhalla. »
Il parla avec précaution, scrutant l’expression de Seol Jihu.
« Je suis venu pour tenir cette promesse. »
Les yeux de Seol Jihu balayèrent lentement l’homme, qui avait clairement l’air nerveux.
La promesse de Pavlovici.
Pwipié… Ebé nou...
Bous pomme bésolé. Nous felons be pe bou boulé. Pipié… !
Pipié ! Nous bembouslons gwanbement cette dette !
S’il vous plaît, nous rembourserons grandement cette dette.
« …Je vous ai épargnés à l’époque. »
Seol Jihu parla en se frottant le menton.
« Si vous êtes venus tenir votre parole… ça veut dire que vous êtes venus pour sauver ma vie ? »
Pavlovici hésita brièvement avant de secouer la tête.
« Honnêtement… je ne sais pas si ça a un rapport avec votre vie. »
Et puis…
« Cependant. »
Avec une expression sérieuse….
« Je vous ai apporté une nouvelle tout aussi énorme. »
Il parla d’une voix prudente mais sûre.
Seol Jihu leva le menton et inspira rapidement.
Il tourna son regard vers Eun Yuri, qui l’avait suivi jusqu’à la cafétéria.
Une variable venait de se produire.
Une variable qu’il n’avait pas prévue, et que l’ennemi n’aurait pas pu connaître non plus.
Une variable qui, comme elle l’avait dit, pouvait raccourcir le chemin vers la réponse.