Chapitre 392. Au monde entier (2)

Les doigts tremblants de la femme remuèrent. Elle sentit une surface lisse et glissante.

« C’est un peu glissant, hein ? »

Dit Seol Jihu avec un sourire.

« Je n’avais pas le choix. C’est transparent. Vous auriez pu le remarquer s’il réfléchissait la lumière de la lune, alors j’ai appliqué un revêtement spécial qui minimise la lumière réfléchie. »

Cependant, aucune de ses paroles n’entra dans les oreilles de la femme.

Son esprit était en plein chaos après avoir réalisé ce qu’elle venait de faire.

Après avoir balayé le sol de sa main sans but, elle réussit à saisir quelque chose.

Non, non, c’est impossible… marmonna-t-elle intérieurement en levant lentement l’objet à hauteur de ses yeux.

« … »

Quand elle vit l’orbe de cristal transparent criblé de boue et d’eau de pluie, elle retint son souffle. L’orbe de cristal qui luisait faiblement dans sa main tremblante…

« …Ah.. ! »

… N’était autre qu’un cristal de communication.


*


Revenons au moment où le groupe avait tendu l’embuscade à l’équipe principale de Valhalla : Philip Muller attendait avec impatience sur la place centrale d’Odor.

Puis, ses yeux s’écarquillèrent dès que l’orbe de cristal émit une faible lumière.

Il y insuffla aussitôt son mana, établissant l’appel bidirectionnel et affichant une certaine scène dans l’orbe.

« Rapport. Tous les membres postés à chacune des portes ont reçu l’appel. »

Un rapport arriva à point nommé.

« Que devons-nous faire ? »

« …Commencez immédiatement. »

Répondit Philip Muller un temps plus tard, trop absorbé par la vidéo.

Le Magicien d’âge mûr venu faire son rapport hocha la tête avec une expression quelque peu nerveuse.

« ——. ———. ——. ———. »

Il incanta rapidement un sort avant de lever haut les mains.

« Arc · Se · Acedia ! »

En un instant, un orbe informe se forma sur sa paume et fila prestement vers le ciel nocturne.

KWANG !

Une effroyable explosion résonna dans toute la ville.

Crepitus — un sort qui crée un fracas assourdissant.

KWANG ! KWANG !

Crepitus ne se limita pas à une seule utilisation.

Tandis que toute la zone d’Odor tremblait, les gens buvant de l’alcool à la taverne et ceux profitant de leurs rêves se ruèrent tous dehors, pris de panique.

La ville devint tumultueuse en un instant.

Philip Muller balaya les environs du regard avant d’ouvrir la paume vers le cristal de communication tenu dans sa main gauche.

Puis il murmura calmement.

« Extension. »

Aussitôt, un phénomène surprenant se produisit.

L’orbe de cristal s’éleva avant de filer vers le ciel et d’agrandir la scène diffusée en son sein.

Comme une onde, la scène s’étendit et se métamorphosa en un immense écran de cinéma, tel celui d’une salle obscurcie.

Les habitants, qui couraient vers la place, ralentirent en apercevant cet écran et inclinèrent la tête.

Cela ne se produisit pas seulement sur la place. De grands écrans apparurent l’un après l’autre à l’est, à l’ouest, au nord et au sud de la ville.

L’écran de la place montrait la disposition entière du campement, tandis que l’écran de l’est affichait Seol Jihu et celui de l’ouest la femme et le groupe mystérieux d’assaillants.

Chaque écran présentait un point de vue différent d’un même lieu.

Ainsi—

— C-Comment…

La ville, redevenue silencieuse, recommença à frémir.

« Prévenez que la projection d’Odor a commencé et dites à l’homme posté à la porte est de faire un gros plan sur le visage de l’acteur principal. »

Alors que Philip Muller murmurait doucement, le Magicien d’âge mûr sortit aussitôt un nouveau cristal de communication.

Philip Muller s’assit lentement sur la margelle de la fontaine de la place d’Odor tout en maintenant son mana.

— Comment ? Vous ne comprenez pas ce qu’il se passe ?

La projection du film débuta enfin.

Un mockumentaire, utilisant chacune des cités de l’humanité comme salles, et dont le public était chaque Paradisien et chaque Terrien.

Et il n’y avait pas qu’à Odor que cette séquence d’événements se déroulait.

KWANG !

À Eva.

KWANG !

À Haramark.

KWANG !

Et à Schéhérazade.

Les sept cités sous juridiction humaine s’emplirent toutes de détonations tonitruantes avant que cinq écrans n’apparaissent au centre et aux quatre points cardinaux.

— Que voulez-vous dire ? Le Gorad Boga, ce n’est pas ça que vous voulez ? Ce n’est pas pour nous le voler que vous êtes ici ?

— Ici, ce n’est pas Gorad Boga.

— Quoi… L’évêque a dit qu’il l’avait confirmé personnellement… !

— Pouvez-vous être plus stupide ? Moi qui pensais au moins que vous aviez un cerveau.

À Eva, Charlotte Aria regardait le film en grignotant des desserts que sa servante lui avait apportés. À côté, Odelette Delphine, affairée, maintenait un écran agrandi.

Et à Haramark—

« Que s’est-il passé !? »

Teresa sortit en trombe, pensant que les Parasites avaient lancé une attaque, puis resta interdite.

Mais cela ne dura qu’un instant.

— Nous attendons ici en embuscade depuis plusieurs jours. En d’autres termes, nous savions que vous viendriez.

— Ne me dites pas.

— Enfin ! Ça y est. Vous avez tourné en rond dans la paume de la main de l’évêque tout ce temps.

Quelques minutes plus tard, Teresa s’appuyait au balcon, le menton posé sur le dos de ses mains jointes, regardant le film d’un air captivé.

— Laisse-moi te demander quelque chose.

Il en allait de même pour Cinzia et Agnes.

— Attaquer Yuhui à Haramark… Tenter de salir mon nom… Étiez-vous aussi responsables de ces choses-là ?

— Ah, ça ?

— C’est l’évêque qui vous a ordonné ça aussi ?

— Tu ne viens que de le comprendre ? Eh bien, notre évêque est plutôt méticuleux dans sa façon de faire les choses.

Elles fixèrent l’écran un long moment. Puis…

— Vous… Hein ?

— Ah… désolé. Je me suis peut-être trop absorbé dans mon rôle.

— Oui, vous pouvez venir maintenant. On a déjà tiré l’essentiel des informations d’elle.

— Bien dit.

Après avoir entendu la dernière réplique de Seol Jihu, Cinzia renversa la tête.

« Ahahahahaha ! »

Elle éclata de rire en applaudissant vigoureusement.

Même Agnes retenait un rire, la tête baissée.

« Quel rebondissement ! C’est donc un mockumentaire ? Une comédie sous couvert de documentaire sérieux ? Quelle comédie. La crudité de ce film est la marque évidente d’un film de série B. »

Après avoir ri à cœur joie, Cinzia jugea le film en s’essuyant les larmes.

« C’est plutôt excellent pour un film indépendant à petit budget. »

Agnes abonda dans son sens.


*


Au même moment—

— Mille Épées… Donc Sinyoung est impliqué aussi ?

Yun Seohui s’était tirée de son sommeil et regardait elle aussi le film.

Debout à sa fenêtre, elle fixait l’écran géant couvrant le ciel nocturne. Ses yeux hagards paraissaient étrangement vides.

Combien de temps s’écoula-t-il ?

— Vous… avez joint vos mains aux Parasites ?

— J’avais des doutes. Qui aurait cru qu’ils viendraient vraiment ? Alors l’évêque avait raison !

Ensuite, lorsque les Fantômes Démoniaques appelés par la femme braquèrent leurs armes sur les membres de Valhalla, Yun Seohui baissa le regard.

Un grand groupe d’hommes courait vers la place.

Cependant, des centaines de personnes occupaient déjà la place.

Le groupe d’hommes, accouru, tressaillit en voyant un autre groupe d’hommes en costumes noirs.

« Éteignez cet écran sur-le-champ ! »

L’homme à la tête du groupe cria.

« Qui ose se montrer si audacieux à Schéhérazade ! Éteignez-le maintenant ! Vous voulez mourir !? »

Les hommes en costume noir reniflèrent, moqueurs, face à cette menace risible.

L’homme de tête rougit de colère.

« Enfoirés de— ! »

« Doucement, doucement, pourquoi ne pas vous calmer un peu ? »

À cet instant, une voix décontractée retentit.

Au centre de la place, un homme leva la main, assis devant une table recouverte d’une nappe blanche.

« J’essaie d’apprécier ce film. Pourquoi faire tant d’esclandre ? Où avez-vous appris les bonnes manières pour piailler en plein milieu d’une projection ? »

Il parlait en faisant tournoyer un verre de vin rouge.

« Sans compter qu’une dame est parmi nous. »

Le chef des Triades, Hao Win, inclina subtilement le corps de côté et sourit à la femme assise près de lui.

« Excusez-moi, Mademoiselle. Je pense nettoyer ces intrus… »

Crunch, crunch. La main de la femme qui regardait le film en mâchonnant du pop-corn s’immobilisa. Elle tourna la tête sur le côté, la main encore plongée dans le seau, et le visage de l’homme se crispa de stupeur.

« Baek, Baek… ! »

Baek Haeju, la femme vêtue d’une robe cérémonielle blanche, fixa l’homme sans ciller, puis essuya la trace de caramel au coin de sa bouche.

Elle saisit ensuite la lance couleur jade appuyée contre la table.

Hao Win eut un sourire en coin en voyant l’homme reculer, hésitant. Il se renfonça dans sa chaise et retourna calmement à la projection.

— É-Éloigne-toi de moi… Ne t’approche pas…

— Tu ne remarques que maintenant ?

Le film approchait de sa fin.

L’écran se déplaça, tournant lentement jusqu’à montrer la femme en gros plan. L’image tremblotait faiblement, à cause de la main de la femme qui tenait l’orbe.

— …

Le visage hébété de la femme grossit lentement à mesure qu’elle rapprochait le cristal de ses yeux. Puis, alors que son visage occupait presque la moitié de l’écran…

Puk !

— Aaack !

Dans un bruit sourd, un court cri retentit et l’écran se mit à trembler follement.

La scène à l’intérieur roula trois ou quatre fois. Il semblait que la femme avait laissé tomber l’orbe.

Bientôt, l’image cessa de tourner et montra la femme s’effondrer, impuissante, au sol.

Sous la pluie battante, le sang s’écoulant du masque de la femme se mêla à la boue et s’étala.

Peut-être que l’eau boueuse avait éclaboussé le cristal, car l’écran paraissait globalement sombre.

Comme si la scène fondait au noir.

Le film était presque terminé, mais Hao Win ne se leva pas.

« …Que faisons-nous ? »

Quand Ming Jie s’approcha pour demander, Hao Win balaya l’air de la main, d’un geste nonchalant.

« On n’a pas encore vu le plus important, alors on reste. »

Après un film inspirant, il était de bon ton de rester assis jusqu’au bout. Ainsi, Hao Win comptait voir le générique, qui afficherait les noms de la distribution et de l’équipe, quoi qu’il arrive.


*


De son côté, le temple de Luxuria était en plein chaos nocturne.

Non, pour être précis, il était enveloppé d’un silence gêné.

La tension montait à un point de rupture.

« M-Monsieur l’Évêque. »

Une Prêtresse s’approcha et pressa le vieil homme figé.

Ce n’est qu’alors que l’Évêque Roberto Servillo reprit ses esprits.

Il ne parvenait toujours pas à saisir exactement ce qu’il se passait. Mais une chose était certaine.

Les choses avaient mal tourné. Très mal.

« Nous avons scellé l’entrée. Vite, dép… ! »

À l’instant suivant, l’évêque repoussa la Prêtresse et s’élança hors de la pièce.

Son nom avait été mentionné directement, des preuves claires avaient été présentées, et même les Parasites étaient apparus.

Il ne voyait aucun moyen de se tirer d’affaire, aussi décida-t-il de fuir sur Terre.

Digne de quelqu’un monté jusqu’à la fonction d’évêque, son sens du jugement et sa réactivité instantanée méritaient d’être salués.

Le problème, c’est que ses ennemis avaient plusieurs longueurs d’avance.

KWANG !

Il dévala jusqu’au premier étage et courut vers la porte de téléportation, mais le portail du temple, hermétiquement fermé, explosa.

Cinq personnes environ entrèrent à grands pas.

« Bonjour~ ! Ici l’Équipe 1 de Valhalla ! »

La femme aux cheveux rouges en tête cria d’une voix sonore.

« Quant à la raison de notre présence— eh bien, inutile de vous la donner. »

Chwiing ! Phi Sora dégaina son épée longue et la pointa vers l’évêque médusé.

« On n’a besoin que d’un seul gars pour nous accompagner, les autres peuvent continuer à regarder le film. Bien sûr, sentez-vous libres d’essayer de nous barrer la route. »

« Que faites-vous là !? »

La Prêtresse, qui avait suivi en hâte l’évêque, hurla en voyant les intrus.

« Savez-vous où vous êtes ? Ici, c’est la demeure sacrée de la Déesse Luxuria ! Vous n’avez rien à faire ici ! »

« Eh bien, même si vous dites ça… »

« Le Temple ne recevra pas d’ordres d’étrangers ! Nous réglerons nos problèmes nous-mêmes, quittez les lieux sur-le-champ ! »

« …Ugh, pourquoi devrais-je répondre à de telles conneries ? »

Phi Sora renifla.

« Très bien, j’imagine que la déesse n’apprécierait pas. Je prierai Luxuria plus tard et on arrangera ça. Ça vous va, Luxuria ? »

« Quelle absur… ! »

[Pas de problème, allez-y.]

Avant que la Prêtresse ne puisse finir, une voix sensuelle résonna dans le temple.

La Prêtresse tressaillit de stupeur. Même Phi Sora sembla surprise de ne pas s’attendre à une réponse de Luxuria.

« Hah, on dirait qu’elle en a assez des traîtres qui jouent aux Prêtres et gèrent son tem… »

Flash ! Avant qu’elle ne finisse sa phrase, un éclair jaillit.

Une gerbe de lumière fusa de l’escalier, retourna à son point d’origine et frappa la Prêtresse tenant un crucifix.

La Prêtresse dévala les marches en hurlant.

Phi Sora cligna des yeux.

Avant qu’elle ne s’en rende compte, Yi Sungjin se tenait devant elle avec son bouclier.

« …Beau bouclier. C’était une capacité de réflexion ? »

Demanda Phi Sora en voyant de la vapeur monter du bouclier.

« Oui, je l’ai obtenu lors de ma dernière expédition. »

Répondit Yi Sungjin en ajustant ses lunettes.

« Hoh. Ils sont plutôt généreux, ces types. Bref… »

S’agrippant à l’épaule de Yi Sungjin pour se propulser, Phi Sora s’élança.

« Je le répète. Essayez de nous arrêter si ça vous chante. »

Retombant à l’étage, elle planta son épée longue dans le dos de la Prêtresse qui se relevait péniblement.

Un court hurlement jaillit.

« Hé ! »

Phi Sora souleva la Prêtresse enfilée sur sa lame, puis la fit tournoyer.

« Mais ne venez pas vous plaindre si vous finissez comme ça, d’accord ? »

« Kiiik ! Kaaaaaak ! »

La lame, qui transperçait l’abdomen de la Prêtresse, vrilla de gauche à droite.

Phi Sora finit par la balancer, la jugeant trop bruyante.

Alors que la Prêtresse retombait au sol en lambeaux, les prêtres abasourdis firent inconsciemment un pas en arrière.

C’est alors que—

Koong ! Un bruit de chute retentit.

L’accès à la porte de téléportation avait été bloqué par Marcel Ghionea avant que quiconque ne s’en aperçoive. Malgré cela, l’évêque fit demi-tour et s’élança.

C’était en direction de la réserve du temple.

Kirik ! Marcel Ghionea, qui s’apprêtait à tirer, abaissa son arc.

Parce qu’il voyait l’un de ses coéquipiers partir à la poursuite de l’évêque.

« Keuk ! »

L’évêque, lancé à toute allure, sentit soudain son corps lui échapper.

Devrait-il dire que l’air ambiant s’était alourdi ? La gravité autour semblait s’être soudain renforcée.

Ce n’était pas une illusion. Des perles de sueur perlèrent sur son front ; ses bras et ses jambes s’agitaient malgré lui.

Malgré cela, il ne cessa pas de courir.

« Hiyo ! Belle journée, n’est-ce pas ? »

L’instant d’après, il sursauta.

Une fille courait dans les airs à côté de lui. Enfin, il serait plus juste de dire qu’elle volait.

« Mais où allez-vous donc ? Ce n’est pas le chemin vers la porte de téléportation. Il y a quelque chose dans la réserve ? »

Demanda la fille en trottinant dans les airs.

L’évêque fixa la fille d’un air dubitatif avant de saisir instinctivement le crucifix pendu à son cou.

« Holà !? »

Yi Seol-Ah, qui courait à côté de l’évêque avec un sourire candide, fronça les sourcils.

« On est censé répondre quand quelqu’un pose une question ! »

Criant, elle vrilla son corps dans les airs. Sa jambe tournoyante frappa la gorge de l’évêque avec une précision parfaite.

« Kuhuk— ! »

Crash !

Alors que l’évêque tentait de se relever piteusement après avoir roulé…

Clang !

Il se figea au son d’un verre qui se brise.

Il sentit quelque chose vibrer au-dessus de sa tête.

En roulant discrètement les yeux vers le haut, il aperçut l’empennage vacillant d’une flèche plantée profondément dans le mur du temple.

« Ah, je l’ai manqué… Hein ? Quoi ? On n’a pas affaire à un Parasite, donc s’il reçoit ça en plein visage, il meurt ? Ah, tu as raison, Aura. Mais on ne devrait pas traiter les traîtres comme des Parasites ? »

L’évêque regarda Yi Seol-Ah, qui marmonnait, l’air de vieillir de dix ans d’un coup.

À moins d’halluciner, la flèche avait creusé autour de son point d’impact un cratère en spirale et profond.

« … »

Comprenant qu’aucune ruse ne lui permettrait de s’échapper, ses membres se firent mous.

« Toi, salaud ! »

Tandis que l’évêque s’affaissait, Maria accourut et se jeta sur lui.

« Comment oses-tu comploter contre nous, contre Valhalla !? Et tu oses te dire évêque du Temple de Luxuria ? Traître d’ordure ! »

Elle le gifla encore et encore, des larmes coulant sur son visage.

Vu le choc qu’elle devait ressentir en tant que Prêtresse de Luxuria, il était compréhensible qu’elle soit en colère au point d’en pleurer, mais pourquoi avait-on l’impression qu’elle pleurait de joie ?

Quoi qu’il en soit, ses paroles ne posaient aucun problème.

Le souci venait de ses gestes.

Après avoir capturé un ennemi, la norme était de le neutraliser ou de l’attacher. Mais…

« T’es l’évêque ! T’es Niveau 6 ! Hmm !? »

Maria s’empressait de dépouiller divers accessoires, y compris la mitre et l’artéfact cruciforme.

« C’est ça… ? Pauvre crapule ! »

Maria déshabilla l’évêque en un clin d’œil, puis l’empoigna par les cheveux.

« Ordure malfaisante, je vais devoir t’inspecter à fond ! Qui sait ce que tu caches ! Ouvre ta boîte de stockage personnelle ! T’as intérêt à obéir si tu veux pas crever ! Compris !? »

Hurla Maria avant de tirer l’évêque par les cheveux à travers le couloir.

Yi Seol-Ah allait demander où elle allait, mais sursauta.

Des signes « $ » tourbillonnaient dans les pupilles de Maria.

« Waouh… »

Phi Sora en resta bouche bée, fixant Maria qui s’éloignait à vive allure.

« Peut-elle être plus évidente… Ehew. Pourquoi n’y a-t-il pas une seule personne normale dans mon équipe ? »

Elle secoua la tête, essuya le sang coulant de son épée longue, puis partit à la poursuite de Maria.

Elle ne remarqua pas le regard gêné que lui lançait Yi Sungjin.

« C’est l’hôpital qui se fout de la charité, Cheffe d’équipe… »

Murmura Yi Sungjin, se remémorant la manière dont Phi Sora avait tué la Prêtresse.

« Tu n’as pas tort. »

Marcel Ghionea s’approcha et posa la main sur l’épaule de Yi Sungjin.

« Mais quand on est un homme, on dit les choses en face à la personne concernée. »

« …Je ne sais pas. Pourquoi ne pas me montrer l’exemple, Ghionea ? »

« Ne pas refiler ses responsabilités aux autres, c’est aussi ce que doit faire un homme. »

Sur ces mots, Marcel Ghionea s’élança promptement.

Yi Sungjin poussa un léger soupir.