En regardant mes cris briser l’entrée du laboratoire, je pris conscience de ma surprenante compétence. L’histoire de la petite fille acculée, qui éveille soudainement son pouvoir et qui désire se venger.
J’avais l’impression d’avoir vu quelque chose comme ça dans un film.
Mais peu importe ! Il faut surtout que j’empêche mon pouvoir de devenir fou !
Je comprends, maintenant. Il n’y a qu’une seule méthode pour stopper ce déchaînement.
Et c’est Matsuda !
À part Matsuda qui examine ma tête détraquée, il n’existe aucune technique secrète pour arrêter ce débordement de puissance. Je dois me dépêcher ! Si je ne fais pas quelque chose bientôt, quelque chose d’horrible va se produire !
C’est pourquoi, afin de rencontrer Matsuda… je vais devoir utiliser ce pouvoir incontrôlable une fois de plus !
Déterminée, je tournai mon regard vers l’épave et fixai derrière Kirigiri. J’investis alors toute ma concentration sur sa tête et l’ai verrouillée, laissant échapper toute ma puissance dans un cri.
« EEEXPLOOOOOSIOOOOOON !! »
Ce faisant, la tête de la fille n’éclata pas du tout en morceaux comme une pastèque.
Hein ?
Alors que je regardais le visage parfaitement inchangé de Kirigiri, j’inclinai ma tête en remarquant l’ombre de quelqu’un debout à l’arrière.
« Alors, tu étais vraiment ici… »
C’était une voix basse et menaçante.
Le garçon à l’uniforme noir de jais marcha bruyamment sur les débris de la porte renversée tandis que ses cheveux tout aussi sombres se balançaient d’avant en arrière. Son corps mince dégageait une impression de dureté, comme un fil bien tendu, et il était assez grand également.
« … Trop compliqué de toquer ? »
Les mots de Kirigiri étaient prudents, mais glacials.
« … Occupe-toi de tes propres affaires. »
Tout en répliquant de façon tranchante, il déplaça son attention alternativement entre Kirigiri et moi avec ses yeux fins de reptile.
Au moment où je vis ses pupilles, cette démangeaison commença à revenir dans ma tête à nouveau.
Je baissai tout de suite mon regard vers le Cahier de mémoire de Ryoko Otonashi, puis je me souvins.
C’est vrai, l’homme en noir s’appelait Isshiki Madarai.
« Attends… mais pourquoi ? »
Après tout, il s’était fait tabasser tant de fois devant moi.
D’abord, quand il fut écrasé sous une bibliothèque.
Deuxièmement, quand il fut attaqué par l’ombre noire connue sous le nom de l’Ultime Désespoir.
Et enfin, quand il fut confronté à Mukuro Ikusaba dans cet Institut de neurosciences.
Même avec tout ça, pourquoi ?
« Es-tu surprise que je ne sois pas blessé ? »
Ayant réussi à lire mes pensées, Madarai étira ses bras à une longueur inquiétante et sourit. Ce dernier ressemblant à un croissant de lune, ce qui le rendait presque comme un masque.
« Je l’ai déjà dit, n’est-ce pas ? Je suis immortel. »
Comme en accord avec ses propos, le verre à ses pieds sonna.
Je voulais juste voir Matsuda, mais tout ce que j’ai, ce sont ces gens qui disent des bêtises autour de moi.
« Essayer d’obtenir quoi que ce soit de cette fille est futile… »
« … Qui es-tu ? »
Madarai fit face à Kirigiri avec un regard froid qui aurait gelé une personne normale. Mais Kirigiri le regarda droit dans les yeux et n’en fit aucun cas, comme si de rien n’était, continuant à parler avec indifférence.
« Tu enquêtais à l’origine sur la disparition du Conseil étudiant, n’est-ce pas ? »
Madarai leva les sourcils, surpris.
« … Tu sais qui je suis ? »
« J’ai juste entendu certaines choses. »
Kirigiri leva le menton, et après quelques instants, continua à parler.
« Mais je sais que tu n’es pas immortel au moins. Après tout, ta capacité n’est pas toute puissante, elle a certainement ses limites. N’est-ce pas, membre du Conseil étudiant de L'Académie du Pic de l'Espoir, l’Ultime Garde du corps ? »
« C’est quelque chose que seul le Conseil étudiant peut savoir… bordel où as-tu entendu quelque chose comme ça ? »
Grincement, grincement.
Il y avait un son particulier provenant de l’arrière de la bouche de Madarai.
« Si tes oreilles sont si bonnes, alors tu devrais probablement savoir quelque chose à ce sujet. Allez, dis-moi. Qui est le gars derrière la Tragédie de L'Académie du Pic de l'Espoir ? Où est le bâtard qui a tué le Conseil étudiant ? »
« Tu n’as pas écouté ? Il est inutile de demander. Bien sûr, comme cette fille là-bas, je ne sais rien de tout ça. »
« Non, c’est un mensonge. »
« Qu’est-ce qui te fait croire ça ? »
« Mon intuition. Ai-je besoin d’une autre raison que celle-là ? »
Après avoir dit cela, la présence intimidante de Madarai s’accentua.
Le verre sous ses pieds continuait de se briser sous sa force tandis qu’il avançait, et naturellement, je commençai à reculer.
« Hey. »
Tout en étant prudent avec Madarai, Kirigiri me fit face et parla.
« À en juger par la façon dont il parle, tu l’as repoussé plusieurs fois, n’est-ce pas ? »
« T-Tu ne devrais pas trop attendre de moi. »
Je tournai faiblement la tête vers elle.
« Je ne me souviens pas vraiment, mais chaque incident n’était qu’une coïncidence, et il semble qu’il soit immortel aussi… »
Tout en parlant, je jetai soigneusement un coup d’œil à Madarai, et en retour il m’observa de façon aiguisée.
Paniquée, je détournai rapidement mon regard en disant « C-C’est impossible ! Au moins, nous pouvons profiter de notre nombre, par exemple l’un d’entre nous devient le leurre et l’autre s’enfuit… c’est la seule solution ! »
J’essayai de lui suggérer avec désinvolture de faire office d’appât, je n’étais pas sûre qu’elle ait bien compris ce que je voulais dire.
« Alors, qu’est-ce que tu vas faire ? Te comporter et avouer, ou dois-je te tabasser jusqu’à ce que tu parles ? Tu pourrais te dépêcher de te décider ? »
Madarai secoua ses cheveux longs et gras tout en demandant.
« C-Comme je l’ai dit, je ne sais vraiment rien… »
« Nous ne savons rien. »
Contrairement à mes paroles bégayantes, Kirigiri répondit avec confiance. Elle n’avait presque rien à voir avec la situation, mais sa détermination ne sembla pas vaciller une seule fois. Honnêtement, c’était presque comme si elle était têtue pour le plaisir de l’être. Eh bien, elle devait avoir ses raisons, mais j’aimerais ne pas avoir à être entraînée dans cette histoire.
« … On dirait que tu ne cèderas pas. »
Alors que sa voix devenait plus menaçante au fur et à mesure qu’il marmonnait, il eut un sourire silencieux.
« Il semblerait que je n’ai pas le choix dans ce cas. Je vais utiliser mon vrai pouvoir. Je vous l’annonce tout de suite, c’est différent de tout ce que vous avez vu jusqu’à présent. C’est pénible, mais je vais m’occuper de vous d’un seul coup. »
Il commença alors à balancer son corps mince de gauche à droite.
L’instant d’après, une sensation mystérieuse envahit mon être.
Comme si j’étais étourdie, ma vision devint floue. L’apparence de Madarai devant moi semblait se diviser en deux.
Mais, la seule chose qui se séparait en deux était Madarai, le reste du monde étant comme toujours.
« … Qu-Quoi ? »
Peu importe le nombre de fois que je clignai des yeux, la scène devant moi ne changea pas. Mon regard ne me trompait pas, il y avait vraiment deux Madarai en face de moi.
« Je vais me présenter une fois de plus. »
« Je vais me présenter une fois de plus. »
En harmonie, ils parlèrent tous deux en même temps.
« Je m’appelle Yosshiki Madarai. »
« Je m’appelle Sasshiki Madarai. »
Les corps minces et longs du Madarai de gauche et du Madarai de droite semblaient s’enchevêtrer l’un dans l’autre. La scène était assez effrayante pour me donner des frissons.
« Vous paraissez réellement être une seule personne… Ce que j’ai entendu était vrai, on dirait. »
Les mots prudents de Kirigiri retentirent une fois de plus.
« Comme je l’ai dit, bordel où as-tu entendu quelque chose comme ça ? »
« Comme je l’ai dit, bordel où as-tu entendu quelque chose comme ça ? »
Les voix effrayantes des Madarai résonnèrent encore une fois en harmonie.
« Les frères Madarai… les octuplés d’Isshiki Madarai à Yasshiki Madarai, ceux qui les connaissent les appellent Ultime Fratrie Multiple… en raison de l’utilisation efficace de leur compréhension mutuelle, leur travail d’équipe les a conduits à être vus comme l’Ultime Garde du corps, le plus grand talent des frères Madarai… du moins, c’est ce que j’ai entendu. »
« O-Octuplés ? »
Octuplés dont Isshiki Madarai à Yasshiki Madarai.
Ultime Fratrie Multiple.
C’était la vérité sur le plus grand talent des frères Madarai.
« C-C’est de la triche, pas vrai ? » criai-je désespérément. « Ce n’est pas du tout être immortel ! Ça n’a même pas de sens ! »
Alors, les bouches des deux Madarai s’ouvrirent.
« Eh bien, c’est comme ça. »
« Eh bien, c’est comme ça. »
« Eh bien, c’est comme ça. »
Attendez, il y en avait un de plus ?
Et à ce moment-là, j’entendis des bruits de pas derrière moi.
Kirigiri et moi nous retournâmes en même temps, et comme s’ils bloquaient la porte de l’arrière du laboratoire, un autre Madarai se tenait debout.
« … Je suis Rosshiki Madarai. »
Il marquait l’arrivée du troisième. Les trois parlèrent tour à tour.
« Avec ça, on dirait que tu as aussi perdu la partie du nombre… » « …C’est ce qui arrive quand on baisse sa garde… » « On va te faire rentrer la réalité dans le crâne jusqu’à ce que tu avoues. »
De droite à gauche, et puis de derrière.
Ils tournèrent autour de moi en formant un demi-cercle, me laissant perplexe.
« Hé, hé… que devrions-nous faire ? »
Je me tournai vers Kirigiri, la voix accrochée à l’espoir.
« Ce n’est pas le moment de… »
« penser à ça ! »
« penser à ça ! »
Les deux Madarai devant nous donnèrent des coups de pied sur les débris vers nous, les transformant en projectiles mortels.
« … Tsk ! »
Kirigiri fonça sur moi, utilisant cette force pour me propulser du côté opposé. Les morceaux volants de l’épave de la porte nous manquèrent de justesse à un cheveu près.
« … Là ! »
À cause de la poussée, je tombai sur les fesses, mais comme ce n’était pas le moment de faiblir, je me relevai rapidement. Mais juste à ce moment-là, le col de ma chemise fut tiré par-derrière.
« Gah ! »
Sans même avoir le temps de penser que j’avais mal ou de me laisser aller, je fus projetée. Comme une enfant déchaînée lançant sa poupée dans une crise de colère, mon corps vola dans les airs jusqu’à ce qu’il — et ma tête — heurte un mur, avant de s’immobiliser.
« … Kh ! »
Mes yeux s’éteignirent à cause de l’onde de choc.
Tout ce que je savais, c’était que j’étais dans le couloir. Il était difficile de comprendre la facilité avec laquelle j’avais été éjectée du laboratoire, mais dans tous les cas, je devais faire face à mon corps qui me faisait mal partout. Mes fesses, mon cou et mon dos ayant été frappés plus que nécessaire, j’essayai de surmonter mon engourdissement et la douleur dus au fait que je n’avais apparemment plus aucune sensation dans ces parties du corps.
Puis, sorti de nulle part, Madarai se tint devant moi.
Pas trop loin du plafond, ses yeux me regardaient d’un angle aigu, qui ressemblait plus qu’à un reptile maintenant. En d’autres termes, c’était terrifiant.
« Tu t’es échappé maintes et maintes fois. »
Même si j’entendis ses mots, étrangement sa bouche ne bougea pas.
« Mais avec deux personnes, cela devrait être plus que suffisant. »
Puis, de derrière le Madarai qui se tenait devant moi, est sorti un autre Madarai.
On dirait que c’était ce Madarai qui parlait.
Les deux Madarai se trouvait dans ma vision floue, c’était vraiment une scène de désespoir. Non seulement cela, mais avec moi jetée dans le couloir, je ne pouvais plus compter sur Kirigiri.
« Je te le demande encore une fois. »
« Je te le demande encore une fois. »
Ils s’exclamèrent encore une fois en harmonie.
« En quoi es-tu liée à cette affaire ? » En se succédant. « Sur qui devrais-je me venger ? » Rapidement « Où est ce bâtard ? » comme s’ils s’enroulaient ensemble. « Ou peut-être que c’est vraiment toi ? » Ils « Dépêche-toi et parle. » Me poursuivirent.
Mais, juste à ce moment-là.
Je sentis soudain une brise au-dessus de ma tête. En levant les yeux, je vis que la fenêtre était ouverte.
Ah.
Au moment où je vis ça, une inspiration vola dans mon esprit.
« On dirait que tu ne vas pas parler à moins que je ne te force à le faire. »
« On dirait que tu ne vas pas parler à moins que je ne te force à le faire. »
Au même moment, les mains des Madarai se tendirent vers moi.
Je n’eus pas le temps d’hésiter.
J’esquivai les bras en me levant, et à ce rythme, je sautai de toutes mes forces sur le bord de la fenêtre. De ce mouvement, je visai le jardin arrière, et c’est à ce moment que je réalisai.
C’était le troisième étage.
« Quo — ? »
« Quo — ? »
Les expressions des Madarai restés en arrière se transformèrent en stupéfaction simultanément. Me jeter par la fenêtre du troisième étage était définitivement en dehors de leurs attentes, et il en va de même pour moi. En fait, l’étonnement sur mon visage était probablement encore plus grand que la leur. Puis, toujours surprise, mon corps pris par la gravité continua à tomber droit vers le jardin.
« Aaaaaaahhh… »
Ce qui suivit cette chute fut une onde de choc.
Non fatale cependant. Cela ne troubla même pas ma conscience. Miraculeusement, mon corps tomba directement dans des arbustes, amortissant exceptionnellement ma descente.
C’était juste une coïncidence à 100 %.
Je ne le savais pas, je ne le cherchais pas, et je ne m’y attendais pas non plus. Pure coïncidence.
Mais pour une raison quelconque, même si je ne pouvais pas la comprendre, je pris cette coïncidence comme si elle était écrite, et j’en éprouvai une gratitude silencieuse. Pourtant, l’onde de choc était assez forte pour engourdir la majeure partie de mon corps. Mes bras, mes jambes et mon visage étaient tous poignardés par les morceaux épineux des arbustes. Malgré cela, j’ordonnai calmement à mon cerveau de s’échapper, et mes membres retrouvèrent lentement leurs fonctions. Je me mis alors à ramper à quatre pattes.
Ce faisant, je tombai sur deux paires de chaussures noires.
En continuant à me mouvoir de cette manière, je levai la tête pour voir deux Madarai qui me regardaient de haut.
« Je suis Shisshiki Madarai. »
« Je suis Yasshiki Madarai. »
Ce sont des Madarai différents de ceux du troisième étage. On dirait qu’ils furent appelés.
« Eh bien, nous ne nous attendions certainement pas à ce que tu sautes. »
« Eh bien, nous ne nous attendions certainement pas à ce que tu sautes. »
Sans réfléchir, un son de déglutition sortit de ma gorge.
Mais malgré cette situation cauchemardesque, je ne me sentis pas confuse, effrayée ou mal à l’aise. Au contraire, ce que je ressentis, fut une intense démangeaison dans mon cerveau.
Et avec cette démangeaison vint une prémonition.
Je ne vais pas mourir.
Je ne vais pas mourir ici.
J’ignorais comment cela s’était manifesté, mais j’étais certaine que c’était une prémonition. J’en étais presque complètement sûre.
« C’est quoi cette tête d’enterrement ? »
« Ça me fait chier. »
Les deux Madarai semblaient s’enrouler l’un autour de l’autre alors qu’ils avançaient et examinaient mon visage. Dans ces yeux se trouvait une épaisse concentration d’intentions meurtrières.
« Pourquoi ne comprends-tu pas la situation dans laquelle tu es pour une fois ? »
« Pourquoi ne comprends-tu pas la situation dans laquelle tu es pour une fois ? »
Les Madarai formèrent alors un poing ensemble, puis les levèrent à simultanément.
Mais mon regard les survola, concentré sur la fille derrière leurs épaules.
Il semble que ma prémonition de tout à l’heure correspondait parfaitement à la situation du moment.
« Vous ne devriez pas vous mêler autant des affaires des étrangers. »
Les Madarai se retournèrent au même moment, et la fille qui était censée être aussi loin qu’elle était de la taille d’un pouce apparut soudainement dans leur dos.
La démangeaison dans mon cerveau. À ce moment-là, je me souvins.
Le nom de cette fille était Mukuro Ikusaba.
« Je ne dirai rien, mais tu devrais probablement laisser cette fille tranquille. »
Puis avec ses deux mains, elle saisit fermement les bras des Madarai.
« … Guh ! »
« … Guh ! »
Alors que leurs expressions se transformaient en angoisse, leurs genoux touchaient le sol.
« Abandonnez, vos mains ne tiendront pas dans ce genre de situation… »
Sa prise sur leurs mains était si imposante qu’un son pouvait être entendu. Où cette mince fille pouvait-elle bien cacher toute cette puissance ? Mais ceux qui comprenaient le mieux sa force étaient les Madarai eux-mêmes.
« Ne te fous pas de moi ! »
« Ne te fous pas de moi ! »
Les Madarai agenouillés crièrent, presque en même temps.
Derrière Ikusaba, qui se trouvait elle-même dans le dos des Madarai, deux Madarai différents sautèrent.
Plusieurs jambes droites et gauches jaillirent en symétrie dans un coup de pied volant vers Ikusaba. Mais sans aucun signe d’inquiétude, elle relâcha les bras des Madarai devant elle et esquiva les attaques qui lui arrivaient dessus en un seul mouvement fluide. Les deux frères qui l’agressèrent changèrent agilement de position avant d’atterrir.
Les quatre Madarai avaient complètement encerclé Ikusaba.
« Qu’est-ce qu’on fait pour la fille là-bas ? »
« Laisse ça à Rosshiki. »
« Tu peux t’en occuper tout seul ? »
« Ce n’est pas comme si elle était habituée au combat. »
« D’abord, occupons-nous de celle-là. »
« Oui, ce serait plus simple. »
Pendant qu’ils discutaient de leur stratégie avec leurs voix ridiculement similaires, leur surveillance ferme d’Ikusaba ne faiblit pas une seule fois.
Mais, Ikusaba ne montrait toutefois aucun signe de se sentir acculée. Au contraire, elle jetait rapidement des coups d’œil à tous leurs visages tout en semblant murmurer ses confirmations.
« Si je vaincs ces quatre, et que je laisse juste un pour Kirigiri… c’est bon, tout se passe comme prévu. »
Tout se passe comme prévu, en entendant ces mots, les Madarai réagirent fortement. En harmonie, les quatre voix crièrent.
« De quoi est-ce que tu parles bordel ! »
Mais bien sûr, Ikusaba répondit avec un visage froid.
« Pas grand-chose, rien que vous n’ayez besoin de savoir… vous ne semblez même pas détenir d’information importante en premier lieu. C’est pourquoi je vous le dis maintenant, vous devriez probablement abandonner. »
« La ferme ! »
« La ferme ! »
« La ferme ! »
« La ferme ! »
Les quatre voix intimidantes attaquèrent Ikusaba en même temps.
« Tu crois qu’on peut abandonner maintenant ? »
« On leur a juré ! »
« On va continuer à se battre pour le Conseil étudiant ! »
« On va te le prouver ! »
« On jure de protéger l’honneur du Conseil étudiant ! »
« Nous le protégerons jusqu’à la mort ! »
« Nous allons définitivement prendre notre revanche sur toi ! »
« Nous ne laisserons personne se mettre en travers de notre chemin ! »
De droite à gauche.
De l’avant à l’arrière.
Leurs paroles frustrées se dispersèrent dans l’air. Malgré cela, Ikusaba se gratta la tête avec insouciance, en soupirant.
« Hum, j’ai l’impression de comprendre ce que vous vivez, mais… attendez, c’est un mensonge. En fait, je ne peux pas du tout m’identifier à ça… mais je le comprends, au moins. Seulement, la fille responsable de ce que vous endurez est différente, elle. Elle n’a rien à gagner à vous comprendre. Vos pensées, vos espoirs, ce genre de choses ? Ça ne signifie rien pour elle. Celle qui a monté toute cette histoire se fiche éperdument de vos sentiments, alors essayer de vous venger d’elle est vain. »
Grincement, grincement, grincement, grincement.
Le bruit de leurs dents grinçant à l’unisson remplit le jardin.
« On dirait que tu ne sais rien du tout. »
« tu connais la Tragédie de L'Académie du Pic de l'Espoir, on dirait. »
« C’est pratique. »
« On va t’écouter pour savoir ce que tu as à dire. »
« Mais après t’avoir battu. »
Les quatre Madarai se penchèrent et formèrent une position.
« Ah bon sang, malgré le fait que je vous ai prévenus. » Ikusaba semblait grogner. « Même si je ne voulais pas que d’autres victimes soient impliquées. »
« Victime ? »
« Victime ? »
« Victime ? »
« Victime ? »
Une fois de plus, les Madarai crièrent tous ensemble. Ils l’encerclèrent comme une meute de chiens sauvages, montrèrent les dents et rugirent.
« Tu sais ? »
« Tu sais pour nos frères ? Où ont-ils disparu ? Qu’est-il arrivé à Isshiki, Nisshiki et Misshiki ? »
Alors Ikusaba se retourna et avec son regard glacial elle répondit.
« Ne vous approchez pas de moi… »
Ces mots le déclenchèrent.
Un son semblable à une rupture se fit entendre alors que les quatre frères décollaient du sol de toutes leurs forces, et s’approchèrent d’Ikusaba depuis quatre directions simultanément.
« Comme je l’ai dit… c’est inutile… »
Alors qu’Ikusaba était sur le point d’être touchée par le choc de ces attaques, elle les esquiva complètement d’un seul mouvement.
« Qu’importe le nombre d’entre vous qui venez vers moi en même temps, vos actions primaires ne changent jamais. Ce genre d’offensive en meute ne m’atteindra jamais. »
Tout en murmurant de cette voix calme, elle se déplaçait à une vitesse incompréhensible à l’œil nu. Les Madarai attaquaient avec une telle coordination au point que leurs respirations étaient au même rythme, tandis qu’Ikusaba les esquivait facilement avec une déduction brillante.
C’était presque comme si elle venait d’une autre dimension.
« Je ne laisserai personne s’opposer à cette fille… »
Même en dansant, elle murmura. Son souffle ne faiblit pas une seule fois. « C’est parce que c’est pour… le désespoir… »
Les Madarai ne cessèrent leurs attaques décharnées tandis que, de son côté, Ikusaba continua à se déplacer plus rapidement, roulant comme un torrent. Enfin, ce torrent les engloutit impitoyablement.
À partir de là, ce fut plutôt radical.
Le combat se développa de manière unilatérale.
Quand Ikusaba s’arrêta finalement, les quatre Madarai furent déposés à ses pieds.
Elle n’avait pas renversé la situation ni rien de tel : elle les avait tout bonnement anéantis.
« C’est fini… »
En lâchant un petit soupir, Ikusaba murmura en détournant déjà le regard des Madarai. Ces yeux se tournèrent ensuite vers moi.
Étonnée, j’oubliai ce que je faisais et je fus prise de court.
« Pourquoi es-tu… si forte… ? »
« C’est tout ce dont je suis douée après tout. »
La fille qui répondit n’avait pas une seule chose que l’on pourrait appeler une expression sur son visage. C’était comme si elle portait un masque vide, avec uniquement des taches de sang ici et là.
« … Pourquoi m’as-tu sauvée ? »
« Eh bien, juste comme ça. »
« Juste comme ça ? »
Ikusaba hocha la tête et baissa son regard vers ses pieds. Après quelques instants de silence, elle ouvrit doucement la bouche à nouveau.
« Par exemple, c’est comme un jeu vidéo RPG… »
Un jeu vidéo ?
C’est comme ça ?
« Par exemple un RPG classique ou quelque chose comme ça… les gens qui vivent dans ce monde, on dirait qu’ils ont leur propre volonté, mais ce n’est qu’une apparence… à la fin, ils sont simplement scriptés pour agir d’une manière qui convient au jeu… idem avec le protagoniste, c’est juste que lui ne se rend même pas compte de ce qu’il est… »
« Qu’est-ce que tu… essaies de dire ? »
« Hum, eh bien, mon combat contre les Madarai n’était pas une coïncidence… en fait, c’est la même chose avec les Madarai qui sont venus à l’Institut de neurosciences… également avec la suppression de l’inutile Kirigiri du scénario… tout était déterminé dès le début. »
« Qu’entends-tu par déterminé ? »
« Il en va de même pour moi. Je ne fais qu’avancer comme prévu dans son scénario… en suivant sa volonté, seulement pour éviter qu’il ne prenne une mauvaise direction… »
« Sa volonté ? »
« Je parle de Junko Enoshima, bien sûr. »
À cet instant, j’eus l’impression que mon sang se figea.
Comme prévu, tout revient à Junko Enoshima. Tout ce qui cherche à m’impliquer, moi ou Matsuda… c’est à cause de cette horrible fille — attends, quoi ?
C’est à ce moment-là que je réalisai soudainement.
« Alors, tu travailles avec Junko Enoshima ? »
Alors que je la regardais d’un air accusateur, Ikusaba répondit avec hésitation, comme si elle était embarrassée.
« Eh bien, travailler avec elle, c’est plutôt qu’elle est… ma… sœur… »
« Hein ? »
C’était un aveu trop soudain.
Mukuro Ikusaba et Junko Enoshima sont sœurs… Attends, c’est encore pire que de travailler ensemble, non ?
« Mais, même si nous sommes liées par le sang… tout cela ne représente rien pour elle. Après tout, elle ne cherche que le désespoir, celui des autres comme le sien, c’est tout ce qui existe pour elle… »
Tout à coup, on aurait dit que les yeux d’Ikusaba étaient fixés au loin.
« C’est pourquoi, qui que ce soit, quelle que soit la situation, quel que soit le monde, tout cela ne signifie rien pour elle, à moins qu’elle ne soit confrontée au désespoir. C’est la vie de la fille connue sous le nom de l’Ultime Désespoir, Junko Enoshima. »
« Qu’est-ce que… mais c’est ridicule ! »
« Oui, c’est ridicule. C’est ce qu’est Junko Enoshima. »
En entendant sa réponse, je ressentis une nouvelle sensation d’effroi. Cette fois, elle me remontait des pieds, petit à petit.
« Elle est vraiment ridicule… au point d’en être désespérante, c’est la plus horrible, la pire des sœurs, mais… c’est pourquoi je ne peux pas la laisser seule. C’est pour cette raison que je dois l’aider. Après tout, je suis l’unique personne à pouvoir la comprendre. »
Puis, en regardant le visage qu’Ikusaba me montra, je fus soudainement surprise. Ce visage, toujours si dénué d’émotion, était extatique, souriant.
« J’ignore si… elle attire le désespoir ou si c’est l’inverse, mais… elle a grandi toute sa vie avec le désespoir à ses côtés. Elle a vécu en étant immergée en plein dedans. C’est pourquoi elle a commencé à le chercher chez les autres. Elle se mit à éprouver du plaisir à pousser les gens au désespoir. Mais tu sais, c’est normal. C’est la même chose que quelqu’un qui est maudit par la malchance finit par haïr ceux qui ne le sont pas. Mais ce qui est spécial avec elle, c’est qu’elle a réussi à aimer s’infliger du désespoir. C’est ainsi que le lien avec le désespoir a commencé. En le chassant, elle le repoussait sur les autres en chemin. Cela lui donnait envie de sombrer encore plus dans le désespoir… et grâce à ce cycle vicieux, l’Ultime Désespoir est né. »
Pendant qu’elle parlait, c’était comme si elle tombait dans la fièvre, les expressions de son visage se transformaient en extase. C’était tellement absurde qu’il aurait été difficile pour quiconque d’y voir autre chose qu’une blague, mais je compris que c’était réel. C’étaient peut-être les souvenirs flous de Junko Enoshima en moi qui me conduisaient à cette conclusion.
« Hé, tu ne saisis pas, n’est-ce pas ? Je doute que quiconque le puisse. Mais tu sais, je suis la seule à en être capable… »
Consumée par l’extase, même la respiration d’Ikusaba commença à devenir irrégulière.
« Je suis la seule à pouvoir la comprendre. C’est pourquoi elle a besoin de moi. Elle ne l’a toujours pas remarquée, mais, peut-être qu’elle fait simplement semblant de ne pas le réaliser. Ufu, c’est parce qu’elle est si timide. Ufufufu. »
Voir cette version enivrée d’Ikusaba continuer à parler ainsi me répugnait. Il m’était désormais évident qu’elle n’avait pas de sentiments normaux pour Junko Enoshima, mais ce genre de chose ne devrait rien avoir à voir avec moi.
« … C’est vrai, ça n’a rien à voir avec moi. »
Sans réfléchir, je commençai à parler.
« Eh… ? »
« Ce n’est pas comme si je savais quoi que ce soit de toi ou de Junko Enoshima… ce genre de choses n’a rien à voir avec moi… »
Réalisant ce que je disais, je m’excusai rapidement.
« Ah… Je suis désolée ! »
À ce moment, le visage d’Ikusaba devint pâle.
« Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! »
De plus en plus impliquée, je commençai à baisser la tête également.
« Tu n’as pas besoin de t’excuser autant… »
« Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! »
Malgré tout, je continuai à m’excuser au point qu’elle se sentit presque mal, et puis je réalisai à quel point j’étais épuisée. En mettant tout de côté, j’étais fatiguée. Fatiguée par la confrontation avec les Madarai, la conversation avec Ikusaba à propos de Junko Enoshima, et surtout, je souhaitais seulement voir Matsuda.
C’est vrai, je veux voir Matsuda !
« Hé, c’est bon si je pars maintenant, non ? »
Avec un désir assez fort pour chasser la fatigue, je sentis que je devais sortir d’ici, et ce sans attendre sa réponse.
« Enfin bref, merci de m’avoir aidée ! Je vais partir maintenant ! »
En laissant ces mots, juste au moment où je commençais à m’enfuir,
« Oh, attends. Je ne t’ai toujours pas dit où se trouve Yasuke Matsuda. »
Je m’arrêtai immédiatement, je me retournai et fit face à Ikusaba.
« Si tu ne sais pas où il est… tu ne pourras probablement pas le voir… »
« Comment sais-tu où se trouve Matsuda ? » Je me rapprochai immédiatement d’elle. « Plus important encore, si tu le sais, dis-le-moi ! »
Mais alors que j’avais vers elle, je fus soudainement surprise.
Le visage d’Ikusaba était radicalement différent de celui de tout à l’heure, une expression sinistre et sévère. On aurait cru un tireur d’élite sur un champ de bataille visant sa cible.
« Je n’aime pas que les choses prennent cette direction après s’être si bien entendues, mais cela fait partie du scénario et je n’ai pas le choix… »
Tout en murmurant avec tristesse comme si elle était sur le point de pleurer, elle lança un regard glacial vers moi.
« Afin que je puisse te dire où se trouve Yasuke Matsuda, un échange est nécessaire. »
« Un échange ? »
Ikusaba désigna ensuite les Madarai étalés au sol, et parla à voix basse.
« Les personnes allongées là-bas ne savent toujours pas que le dernier membre du Conseil étudiant, le président, a été assassiné. Je suis sûre que s’ils le découvraient, ils tomberaient dans le désespoir… un assez fort pour les pousser à mourir par vengeance. »
« Qu’est-ce que tu dis ? »
Ma voix était pleine de tension. Je voyais où elle voulait en venir, mais je ne voulais pas le dire.
« Si tu les laisses faire, je suis sûre qu’ils iront tuer Yasuke Matsuda. »
Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer.
Bientôt, ces mots commencèrent à tourner dans ma tête.
« Pourquoi Matsuda doit-il mourir… ? Le meurtre du président du Conseil étudiant n’a rien à voir avec lui ! »
« Ce n’est pas vrai, ça a quelque chose à voir avec lui. »
Ikusaba secoua la tête.
« Parce que, Yasuke Matsuda est celui qui l’a assassiné. »
Assassiné. Assassiné. Assassiné. Assassiné. Assassiné. Assassiné. Assassiné. Assassiné.
« C’est pour ça qu’on va échanger. »
En disant cela, elle sortit quelque chose de sa poche et le jeta à mes pieds.
« Fais de ton mieux. Si tu l’aimes vraiment… tu feras tout ton possible pour lui. »
Je baissai alors le regard. Sur le sol humide se trouvait un couteau avec l’emblème de L'Académie du Pic de l'Espoir gravé dessus. Dès que je posai les yeux sur l’objet, mon cœur commença à battre avec une quantité de sang assez forte pour briser un vaisseau.
« Afin de t’emparer de l’espoir pour lui et toi-même… tu dois faire de ton mieux. »
On ne peut pas attendre de moi que…
Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer. Tuer.
« Tu n’es pas sérieuse, n’est-ce pas… ? »
« Non, je suis sérieuse. »
Sans le temps de réfléchir, elle répondit immédiatement.
« Tu vaincras L'Académie du Pic de l'Espoir ici. Avec les sacrifices des Madarai, tu obtiendras le véritable espoir… c’est le scénario que Junko Enoshima t’a assigné. »
C’est…
Le scénario que Junko Enoshima t’a assigné…
Pourquoi ?
Pourquoi suis-je obligée de faire ça ?
La confusion sévère se mua en fièvre, je fus attaquée par d’immenses vertiges et des bourdonnements d’oreilles.
Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoi ?! Pourquoi ?!
Et puis je réalisai que je regardais le ciel.
D’épais nuages gris commencèrent à couvrir le paysage, créant l’impression que seul ce jardin humide et lugubre était au milieu de la nuit, enveloppé de silence.
Tandis que je fixais l’horizon distraitement, je pouvais sentir les émotions noires et impuissantes qui bouillonnaient en moi. Comme la boue toxique des égouts souterrains, elle se dessécha telle une herbe morte.
C’est…
Je m’arrêtai et réfléchis avec ma tête brumeuse.
C’est le désespoir.
« Surmonter ce désespoir et… s’emparer de l’espoir. »
C’était la voix de qui ?
C’était la mienne ?
Celle d’Ikusaba ?
Ou bien était-ce…
Mais, ça n’avait déjà plus rien à voir avec moi.
Soudain, je tendis la main vers le couteau en argent. Et pour dissiper le sombre brouillard du désespoir, je le brandis en transe.
En faisant cela, je discernai la texture de la chair.
Au-delà de l’arme qui se tenait dorénavant dans le corps des Madarai, je pouvais sentir la lame poignarder tout le long de la peau et des muscles.
Le sang frais qui gicle. Les cris de mort.
La terreur se répandit sur ma peau et je ressentis instantanément la douleur des entrailles de mon estomac qui se nouaient.
Malgré cela, je poignardai.
Pour surmonter le désespoir, afin de s’emparer de l’espoir pour Matsuda et moi.
Je poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai et poignardai.
Je pouvais entendre mes cris venant de loin.
C’étaient les sanglots de mon cœur brisé.
« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH »
« AAAAAAHHH ! »
Je revins ensuite à moi.
De là, comme pour secouer les illusions qui flottaient dans ma tête, je criai bientôt une fois de plus.
« Je-Je-Je ne peux pas le faire ! »
Alors que ma main était crispée à force de la tendre vers le couteau, ma tête faisait mal à cause de la peur de la simulation qui venait de s’envoler dans mon esprit.
Je ne le ferai pas ! Je n’ai aucune raison de faire ça !
« Ah, hum… »
Puis, j’ai entendu la voix perplexe d’Ikusaba venant d’en haut.
« Tu sais que si tu ne surmontes pas le désespoir ici, tu ne pourras pas t’emparer de l’espoir… pas vrai ? »
« Je ne peux pas faire ça ! » Je hurlai en sanglotant.
« L’espoir et le désespoir… c’est juste ce dont toi et Junko Enoshima avez parlé, non ? Ça n’a rien à voir avec moi ! »
Ma gorge commença à brûler à force de crier, et mes larmes et ma morve se mélangèrent alors que je m’accroupissais vers le sol.
« Aide-moi… Aide-moi… Aide-moi, Matsuda… »
Comme une supplication, je continuais à pleurer. En me tenant la tête, je ne cessai de pleurer sans vergogne, pitoyablement.
« Aide-moi… Aide-moi, Matsuda… Matsuda, Matsuda, Matsuda… »
Ensuite, une voix encore plus perplexe pouvait être entendue d’Ikusaba.
« Hum… Je ne sais pas vraiment quoi faire dans ce genre de situation… mais quoi qu’il en soit, je vais te dire où se trouve Yasuke Matsuda. »
« … Hein ? »
Surprise, je levai la tête.
« … Hein ? »
Ikusaba était également étonnée. Probablement parce que mon visage était si laid à force de pleurer.
« Tu vas… me le dire ? »
« Eh bien… si les choses se terminent à ce rythme, Junko sera en colère contre moi… »
En entendant cela, je me frottai le visage avec les manches de mon uniforme, et me redressai à nouveau fermement sur mes deux pieds. Je tapai après mes joues pour me concentrer, et fit face à Ikusaba avec une question.
« Alors… dis-moi. Où est Matsuda ? »
Ikusaba répondit ensuite d’une voix légère.
« Hum, Yasuke Matsuda est dans le vieux bâtiment de l’école. »
Une fois de plus, la démangeaison intense attaqua ma tête.
« Vieux bâtiment de l’école… »
J’avais l’impression d’avoir entendu ces mots quelque part il n’y a pas si longtemps. Mais ce n’était pas le moment de s’occuper de ces démangeaisons.
« J’ai compris… Donc si je vais au vieux bâtiment de l’école, je rencontrerai Matsuda, c’est ça ? »
« Oui, cet endroit est censé être le point culminant du plan. »
Je suis capable de rencontrer Matsuda.
Avec cette pensée à l’esprit, un pouvoir mystérieux semblait surgir du plus profond de mon être. Mes cris, mes hurlements et mon désespoir d’avant paraissaient n’être qu’un mensonge.
C’est…
Je me sentis déborder d’énergie.
C’est l’espoir !
« Merci ! Je vais décoller alors ! »
J’inclinai ensuite ma tête vers Ikusaba. Je n’avais aucune raison de faire ça à la sœur de l’horrible Junko Enoshima qui l’aidait dans ce plan foireux, mais c’est peut-être aussi la capacité de l’espoir !
« D’accord, bonne chance dans ce cas. Je vais m’occuper de nettoyer ce qu’il reste ici. »
Ikusaba parla tout en regardant les Madarai à ses pieds.
« Après avoir nettoyé tout ça, j’irai aider Kirigiri… puis je la retirerai de ce scénario… enfin tout se déroulera comme prévu… alors, laisse-moi faire le reste… »
J’étais fatiguée de l’entendre parler sans cesse du scénario vers la fin. C’est pourquoi avec un petit « Au revoir ! » je m’enfuis immédiatement.
Mais dès que je m’élançai, je remarquai soudainement quelque chose.
En me précipitant, je me retournai et vis Ikusaba qui se tenait distraitement immobile. Autour d’elle se trouvaient les quatre Madarai, mais je sentis qu’il manquait quelque chose.
Mais je n’arrivai pas à me souvenir quoi.
Mais ce n’était pas le moment de penser à quelque chose comme ça, et je continuai à courir droit devant moi.
C’est vrai, je n’ai pas de temps à perdre là-dessus.
Je me dirigeais vers le vieux bâtiment de l’école dans le quartier nord de L'Académie du Pic de l'Espoir.
Même sans regarder le Cahier de mémoire de Ryoko Otonashi, le chemin vers ma destination flotta en quelque sorte dans ma tête. On dirait que j’étais assez perturbée. Au point de ne pas pouvoir le supporter, mais si c’est pour rencontrer Matsuda, dans ce cas tout ira bien. Je serai capable de me débarrasser de ce malaise.
C’est parce que si je me réunis avec Matsuda, tout redeviendra normal. Ma tête et mon quotidien seront à nouveau comme avant, et je pourrai alors retrouver ces jours paisibles avec Matsuda.
Quoi qu’il puisse y avoir, quoi qu’il puisse arriver, je retournerai à ces jours paisibles où je recevais un traitement de Matsuda.
C’est ma fin heureuse parfaite.
Ce vers quoi j’avançais n’était pas le vieux bâtiment de l’école, mais cette utopie que j’envisageais. En me dirigeant vers cette fin idéale, je courus aussi vite que je le pouvais.