VOLUME 2 CHAPITRE 1

« Yasuke. »

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Héééééé, Yasuke ! »

« J’ai dit, qu’est-ce qu’il y a ?! »

« Pourquoi es-tu en colère ? »

« T’es sérieuse ? Parce que j’ai passé toute ma journée à essayer de trouver un criminel ! Tu aurais dû dire que c’était toi qui l’avais détruit depuis le début ! Pourquoi as-tu menti à ce sujet ?! »

« Je n’ai pas menti sur quoi que ce soit. J’ai juste omis de le mentionner ! »

« C’est la même chose ! Pourquoi as-tu fait une telle chose ?! »

« C’est parce que… tu ne quittes plus du tout ta maison, Yasuke… »

« … Hein ? »

« J’ai pensé que si je faisais un château de sable, tu viendrais voir. Ça n’a aucun sens de le faire si tu ne le regardes pas… »

« Ce ne sont pas tes affaires… »

« … Yasuke, pourquoi te cachais-tu ? »

« Tais-toi… »

« Tu n’aimes pas que les gens te voient pleurer… ? »

« Tais-toi ! Je vais te frapper ! »

« Tu ne peux pas frapper une fille, Yasuke ! »

« Tu es juste une autre fille stupide sans personnalité ! »

« Tu… tu ne me feras pas pleurer, d’accord… ? »

« Je n’essaie pas de te faire pleurer ! »

« Je ne pleurerai pas ! Parce que la personne qui a vraiment envie de pleurer, c’est Yasuke ! »

« Q… qu’est-ce que tu dis ? Je ne pleure pas… »

« Pourquoi tu continues à faire semblant d’être fort ? »

« Je ne fais pas semblant ! »

« … Tu n’as pas besoin de faire semblant d’être fort devant moi… Je me fiche d’être une fille stupide sans personnalité… »

« ……… »

« Quoi qu’il en soit… si je te voyais pleurer, je parie que je t’aimerais davantage. »

« C’est un peu dégoûtant… »

« Ça va si c’est dégoûtant ! En plus, j’ai décidé quelque chose. Même si tu te caches, je serai toujours à tes côtés. Tu ne peux pas m’échapper. »

« On dirait une harceleuse. »

« Je ne suis pas une harceleuse. Je suis ton amoureuse ! »

« Depuis quand es-tu mon amoureuse ? C’est quelque chose que tu as décidé toute seule ? »

« Hé, puisqu’on est amoureux, je serai avec toi quand tu seras triste ! »

« Je ne suis pas vraiment… triste… »

« Te voilà encore à faire semblant d’être fort… »

« Je ne fais pas semblant d’être fort ! Je ne suis juste pas triste !! »

« Yasuke… »

« Elle ne se souvenait même pas de qui j’étais ! Elle pensait que j’étais juste un enfant qu’elle ne connaissait pas, dont elle se fichait ! Je ne pouvais plus l’appeler maman au cas où ça l’aurait effrayée, je devais faire semblant d’être l’enfant de quelqu’un d’autre ! Je ne vais pas pleurer pour elle ! Maintenant qu’elle est morte, j’ai un poids en moins sur les épaules ! Je n’ai plus besoin d’être un acteur dans une pièce ! »

« Mais c’était à cause de la maladie… »

« J’ai dit que c’était inévitable, n’est-ce pas ? J’en ai marre de l’entendre ! Le docteur répétait toujours ça ! Il n’a rien fait ! S’il était vraiment un médecin, il aurait soigné la maladie de ma mère ! »

« … Il ressemble à un charlatan… »

« … Si j’étais médecin, je l’aurais facilement guérie… »

« … Tu vas pleurer… ? »

« J’ai dit que je ne pleure pas ! »

« … Ne t’inquiète pas. Je ne t’oublierai jamais, Yasuke. »

« Q… quoi… c’est bizarre de dire ça tout à coup… »

« Ce n’est pas bizarre. Je le pense vraiment. Même si j’oublie tout le reste dans ce monde, je me souviendrai absolument de toi. »

« Mais si toi tu oublies, que feras-tu… ? »

« Alors tu me guériras, Yasuke. Si tu deviens médecin, tu seras capable de guérir n’importe quelle maladie que j’ai, n’est-ce pas ? »

« Eh bien… oui, je suppose… »

« Et, si toi tu oublies, je me souviendrai de toi. Mais de toute façon, nous serons toujours ensemble ! On passera toute notre vie à s’occuper l’un de l’autre ! »

« Je le savais, tu es vraiment une harceleuse, n’est-ce pas ? »

« De toute façon, nous serons toujours ensemble ! Hé, puisqu’on sera toujours ensemble, tu peux faire des choses embarrassantes ! C’est normal de pleurer, tu peux pleurer pour toujours ! »

« Tu… es vraiment bizarre… »

« Hehehe… alors tu as abandonné ? »

« … Tu ne vas pas te moquer de moi ? »

« Je ne vais pas me moquer de toi. »

« … Tu n’essaieras pas de me réconforter ? »

« Je n’essaierai pas de te réconforter. »

« … Tu ne le diras à personne… ? »

« Je n’ai pas d’amis à qui le dire ! »

« Je n’ai pas d’amis non plus… … ni de famille… »

Pour la première fois de sa vie, Yasuke Matsuda pleura en public.